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Paroisse Sainte Hélène
102 rue du ruisseau
75018 | Paris
Tél : 01 46 06 16 99
Visitez aussi le site des fils de la charité
www.filsdelacharite.org

Le « Denier de l’Église » est une préoccupation permanente pour nos paroisses. Comment arriver à financer les initiatives missionnaires, les travaux, ainsi que le salaire des prêtres ou agents laïcs en pastorale ? Une nouvelle campagne de lancement du Denier de l’Église vient de s’ouvrir le 1 mars 2020 Merci pour votre participation !

SAINTE HÉLÈNE, C’EST NOUS !
Vous le savez, l’essentiel des ressources de Ste Hélène provient de vos dons, sachant que l’Église de France ne reçoit aucune subvention. Aussi, comment ne pas vous remercier de votre participation au Denier de l’Église 2019 ? Le nombre de donateurs augmente lentement mais sûrement, ce qui prouve l’attachement à la Paroisse. Ste Hélène, c’est Vous, c’est Nous au cœur de Clignancourt !
Ainsi, chemin faisant, la Paroisse se construit et se renouvelle, forte de son histoire et de son visage fraternel et familial, mais toujours soucieuse de l’Avenir à transmettre aux nouvelles générations. Avec rigueur et dynamisme, le Conseil Économique a la tâche particulière de veiller à ce que les conditions matérielles rendent toujours possibles les services qu’une paroisse doit rendre à ses besoins de rencontres, de célébration, de formation et de mission.
Les dépenses auxquelles nous avons à faire face sont d’abord des dépenses fixes :
* Indemnités versées aux prêtres en complément de leur retraite ou salaire de travail à temps partiel.
* Salaires de 3 laïcs à temps partiels.
* Impôts locaux, électricité, gaz, chauffage, photocopie
Ajouter à cela, des travaux d’entretien ou de réparation :
Pour l’année 2019, l’amélioration de la sono dans l’église et la grande salle, l’ouverture d’une porte donnant sur la rue Esclangon afin de faciliter l’accueil de domiciliation
d’ " Un Toit pour Toi " et la réparation de fuites d’eau dans la toiture de l’église
Pour l’année 2020, réparation du paratonnerre et amélioration de l’éclairage de l’église avec mises aux normes plus écologiques, mesures de sécurité…
Ste Hélène a besoin de votre don
* Parce que c’est le devoir du chrétien de participer à la vie matérielle d’une paroisse dont la mission est de vous enrichir humainement et spirituellement
* Parce que les décès, les déménagements réduisent, chaque année, le nombre de donateurs. Et donc la nécessité de faire appel à de nouveaux.
* Parce que des jeunes couples arrivent dans le quartier et cherchent à prendre peu à peu leur place au milieu de nous.
* Parce que les habitants du quartier, croyants ou non, pratiquants ou non, aiment se retrouver à Ste Hélène, pour y vivre ses célébrations à l’accent familial et ouvert, ou goûter seuls son silence et sa beauté intérieure à un moment ou un autre.
Je sais combien vous avez déjà entendu l’appel selon votre cœur et vos moyens. Et j’ai confiance en votre désir d’y participer à nouveau.
Ste HELENE, c’est VOUS, c’est NOUS TOUS ENSEMBLE pour que le Christ puisse continuer à y être célébré et annoncé dans notre quartier !
Au nom du Conseil Économique de la Paroisse, de mes frères Fils de la Charité Jean-Pierre et Robert et dans la communion avec le P. Gaby qui nous a quittés.
P. Michel Retailleau, curé

SITE DE LA TROUPE SCOUT 25 ième DE pARIS
http://www.lavingtcinq.fr/

CATÉCHUMÉNAT


Il est possible de découvrir la foi chrétienne à tout âge et de se préparer aux sacrements de baptême, confirmation, communion, et aussi de découvrir le contenu de la foi si on a été baptisé tout jeune et que l’on s’est ensuite éloigné de l’Église.
Cette découverte de la foi se fait dans un accompagnement personnel et au cours de rencontres générales.
Responsable : Père Robert JOURFIER

Bonnes vacances à tous. Nous nous retrouverons en septembre avec de nouvelles publications.

VACANCES… ACCUEILLIR LE CADEAU DE LA CRÉATION !

Lorsque nous reconnaissons la beauté de la nature, alors nous ne pouvons que l’aimer, la respecter et vivre d’une façon qui la préserve. Lorsque je trouve la nature belle, je l’aime. Et comme je l’aime, j’en prends soin. Dans les Psaumes, on retrouve souvent ces 2 aspects. Le Psaume 103 par exemple loue la Création et son Créateur, en décrivant par des mots superbes tout ce que l’œil humain peut admirer dans la nature. Il présente la beauté de la Création comme la robe que Dieu a revêtue pour se montrer aux hommes. Et après avoir évoqué toutes ses merveilles, le psalmiste laisse éclater sa joie : " Je chanterai l’Eternel tant que je vivrai, je célébrerai mon Dieu tant que j’existerai… Mon âme, bénis l’Eternel ! Louez l’Eternel ! "…

La contemplation émerveillée du cosmos est l’expression d’une piété profonde, et conduit immanquablement à une nouvelle relation à la Création et à une utilisation raisonnée et respectueuse de ses ressources. Car si nous ne percevons pas sa beauté, si elle ne suscite pas notre louange, c’est comme si c’était Dieu lui-même que nous ignorions… Moi-même, lorsque je me promène dans la nature, je me réjouis de sa beauté. J’y vois le reflet de Dieu. Je suis rempli de gratitude pour les prairies fleuries que je traverse, pour le paysage qui s’étend à perte de vue, pour les montagnes qui se dressent vers le ciel, et surtout pour le calme profond qui se dégage de l’ensemble. Dans la beauté de ces paysages, je rencontre Dieu. Je me sens être entouré par sa beauté, et je sens à quel point mon âme et mon corps s’en trouvent nourris…

Je me sens en sécurité dans la nature, elle a quelque chose de maternel et de doux. En elle, je sens que la bénédiction de Dieu m’entoure et me recouvre, tel un manteau protecteur qu’il étendrait sur moi. La Création est le plus grand cadeau que Dieu nous fasse tous les jours. Et nous devons accueillir ce cadeau avec gratitude et reconnaissance. C’est notre devoir en tant que chrétiens de prendre pleinement conscience de cette beauté du cosmos et d’en réveiller la conscience chez les autres. Nous avons besoin d’une spiritualité qui reconnaît un reflet de la beauté originelle de Dieu dans celle de la nature, et qui nous permet d’y percevoir sa gloire et sa splendeur. Alors, nous pourrons trouver ensemble des solutions pour prendre soin de la Création avec amour et délicatesse.

Anselm Grün, moine bénédictin, revue " Prier " Juin 2020. Extraits

PAS UN CHEVEU DE VOTRE TÊTE NE SERA PERDU

A l’heure où les médias décrivent des catastrophes où les pertes humaines atteignent une ampleur à peine imaginable, cette parole du Christ a quelque chose de surréaliste. En fait elle est divine et nous introduit dans un Ailleurs dont la sagesse et la logique profonde nous échappent.

Lorsqu’un pianiste frappe un accord, des milliers de vibrations sont produites, aucune n’est inutile, chacune a été voulue, prévue, ordonnée. Pourtant la décision créatrice de tant de beauté est unique et simple. De même lorsque Dieu crée une vie d’homme, rien n’échappe à sa décision, aucune des vibrations qui traverseront et feront la texture de notre vie, ne lui est étrangère ou inconnue. Chaque cellule de notre corps, chaque structure d’atome, chaque trajectoire d’électron, sont issus d’une Sagesse infinie oui, d’une décision unique et simple, ou ordonne leur complexité en une symphonie aux dimensions de l’univers.

Aucune tristesse n’agite notre cœur, aucune pensée folle ne nous commande, aucune souffrance légère ou profonde n’accable un seul enfant, que notre Père du ciel ne le sache. Vertige : pas un cri ne retentit dans une chambre de torture, pas un seul soupir n’échappe aux lèvres d’un agonisant que Dieu ne le sache, de même qu’il n’a ignoré une seule épine labourant la tête de son Fils bien-aimé, une seule goutte de son sang perlant sous les coups. " Même les cheveux de votre tête sont tous comptés." (Mt 10, 30) car tout sera offert et prendra sens dans le don suprême du Fils sur la Croix.

Revue « Écoute » Abbaye de la Pierre qui vire (15/11/86)

COMMUNIER DEBOUT, LES MAINS OUVERTES

Les gestes ont beaucoup de signification, même les plus ordinaires. Tu te tenais debout devant celui qui donnait la communion. Debout, tu es appelé à l’être tous les jours de ta vie en communiant avec le Christ. Tu tendais la main et tu as reçu le corps sacramentel au creux de ta main. En préparant ta main, c’est ton cœur qui s’ouvrait.

Tu vois comment agit la liturgie ! Elle nous révèle ce qu’est la vie. Si tu remarques bien tout ce qui a de la valeur dans la vie, ce fut toujours cadeau qui dépassait tes propres capacités : des amis, un conjoint peut-être, des enfants… Et jusqu’à la vie reçue sans même la demander. Et ces multiples cadeaux reçus jour après jour. La liturgie nous éduque car il faut répéter ce geste des mains ouvertes pour vivre toute notre existence à cœur ouvert.

Veux-tu donner ta vie, combattre l’injustice, soulager la misère, t’engager au service des autres et ainsi suivre le Christ ? Demande-toi ce que tu acceptes d’apprendre et de recevoir de ceux que tu veux soulager. La charité, quand elle est chrétienne, est toujours réciprocité. Jésus ne dit pas : Lavez les pieds des autres ! Il dit : "Lavez-vous les pieds les uns aux autres !"

Regardes comment tu étais pour communier. Debout, les mains ouvertes ! Veux-tu savoir comment on se tient dans la vie quand on marche avec le Christ ? Debout, les mains ouvertes ! Veux-tu savoir comment toute notre vie communie au Christ ? En se tenant les mains ouvertes ! Veux-tu savoir comment on aide les autres ? Debout, les mains ouvertes ! Peut-être, comme moi je l’avoue, à certains moments tu connais la tentation de fermer les mains, de serrer les mains, de croiser les bras… Là encore, la liturgie vient au secours de la faiblesse. Communier avec le Christ dans la célébration engendre à communier avec Lui toute sa vie. Debout ! Mains ouvertes ! Pour donner à notre tour, avec Lui, notre propre vie.

Christian Salenson

LA TRINITÉ… UN MYSTÈRE PAS SI MYSTÉRIEUX

Ce mystère si mystérieux d’un seul Dieu en trois personnes est en réalité simple comme l’amour. Car, puisque " Dieu est Amour ", il ne peut être solitaire, seul vis-à-vis de lui-même, recroquevillé sur son moi dans lequel il se complairait. Il est unique - et en cela, le christianisme est un monothéisme - mais il n’est pas un atome : son être même est mouvement, élan, communication, don, c’est-à-dire relation. C’est d’ailleurs de sa relation aux deux autres que chaque personne divine reçoit son identité. Et, seules ces relations les distinguent réellement les unes des autres - hormis cela, les trois ne font qu’un. " Le Père et moi, nous sommes un " (Jn 10, 30).

En Dieu, il y a l’Aimant, l’Aimé et l’Amour écrit St Augustin. Le Père est tout l’amour donné, le Fils est tout l’amour reçu, l’Esprit est tout l’amour partagé entre le Père et le Fils. Le Père embrasse le Fils, le Fils est embrassé par le Père et l’Esprit est ce " baiser " sans cesse donné et reçu, selon St Bernard de Clairvaux.

Nous sommes tous, pour ainsi dire, le fruit de l’amour trinitaire… baptisés, le jour de notre baptême " au nom (et non pas " aux noms ") du Père, du Fils et du St Esprit." Nous avons reçu le sceau de la Trinité qui, depuis, repose dans notre cœur profond, dans notre cathédrale intérieure…

Non seulement la Trinité habite en nous, mais nous sommes faits à son image. Pour Benoît 16, la preuve la plus éloquente est que " seul l’amour nous rend heureux, car nous vivons en relation, et nous vivons pour aimer et être aimés. " Nous sommes, par nature, des êtres de relation, mais nous avons à apprendre à aimer comme Dieu aime " Dans tous les domaines, Dieu nous sort de nous, pour que nous ne périssions pas comme Narcisse dans la contemplation de nous-mêmes, pour que nous vivions, puisque vivre, c’est se donner ". (Maurice Zundel ).

Alexia Vidot (Extraits de "La Vie" n° 3901)

CE VENT FOU DE L’ESPRIT

" Les arbres des alentours de Bruges me font penser à la Pentecôte. A notre Eglise, " de sève " sans doute. Et " de vent " aussi.

Eglise nourrie de la sève de l’Evangile, d’une tradition qui coule en elle mais qui risque de devenir une habitude, une lettre morte ou un folklore… A n’être que " de sève ", les chrétiens ne seraient que des petits enfants sages et gentiment obéissants.

Église aussi de ce vent fou de l’Esprit : il déconfine les apôtres que nous sommes, reclus derrière les portes verrouillées de nos cénacles. Souffle puissant de Dieu qui nous dégage, nous entraîne et nous demande d’être présents à ce nouveau monde qui naît. Quitte à ne pas pousser " comme il faudrait.…

J’aime penser la Pentecôte comme une transformation continuelle de l’Eglise… Eglise un peu " tordue ", il faut bien l’avouer… qui grandit comme elle peut. Elle n’en est pas moins belle, quand elle se laisse modifier sans grimacer.

Le vent de Dieu passe sur elle. Il imprime à sa vie un mouvement qui est propre au temps qui est le nôtre. La sève est vivifiée. " Chaque temps est appelé à une Sainteté qui lui est propre, disait Madeleine Delbrel. Ce serait abîmer le Royaume de Dieu que rêver pour le 20ème siècle le type de sainteté du 13ème. Le progrès humain est dans le plan de Dieu qui n’a pas fait au hasard l’homme intelligent, ingénieux et social ".

Esprit de Pentecôte, étonnant sculpteur d’arbres…

Raphaël Buyse

L’ESPRIT SAINT, ALLUMEUR DE REVERBERES ?

" Dieu, c’est difficile à expliquer, c’est quelqu’un qui ressemble à personne, on ne l’entend pas avec les oreilles et on le voit pas avec les yeux. On le sent, c’est tout. Je ne sais pas si ça t’est déjà arrivé de le rencontrer, mais c’est un peu comme un tour de magie ; en apparence, c’est simple comme bonjour, et pourtant il y a toujours une énigme qui plane, comme un oiseau invisible dans un espace inconnu. Il paraît que cet oiseau invisible s’appelle l’Esprit, il est même tellement pur qu’on l’appelle parfois l’Esprit saint. Quand il plane au-dessus d’un paysage, le paysage devient beau et lumineux. Quand il plane au-dessus de quelqu’un, le quelqu’un est aussitôt éclairé.
Monsieur Saint-Esprit, c’est un peu comme un allumeur de réverbères, il illumine tout ce qu’il approche. Donc, la présence de l’Esprit, c’est facile à reconnaître : on respire un parfum d’harmonie, d’équilibre et de transparence. C’est simple, c’est comme si l’homme ressentait une connivence. Une connivence entre sa petite graine de vie et le grand bouquet de l’infini, entre le visible et l’invisible. Comme si Monsieur Saint Esprit serrait la main de Monsieur Homme. "
François Garagnon " Jade et les sacrés mystères de la vie "

A-T-ON LE DROIT D’ÊTRE HEUREUX DANS UN MONDE MALHEUREUX ?

Un philosophe et théologien orthodoxe s’interroge autour de la notion d’émerveillement…

" Il est hors de question de minimiser le mal et sa gravité. Le Covid 19 provoque des horreurs. Je pense notamment aux malades qui sont morts seuls, aux isolés, aux femmes et aux enfants battus etc. Je ne me voile pas la face. Je suis lucide. Mais cette lucidité me rend plus fort, davantage enraciné en Dieu. J’ai à la fois le sens du tragique et de la merveille. Et j’éprouve les 2 en même temps car, certes, nous en bavons, mais une force intérieure, étonnante, nous donne de continuer à vivre. C’est cela l’émerveillement : avoir mal à la vie qui a mal et l’aimer d’autant plus. Oui, il y a du malheur, mais raison de plus pour se réjouir. Oui, il y a des drames, mais raison de plus pour être heureux. Certains me demandent : " A-t-on le droit d’être heureux dans un monde malheureux ? " Mais plus qu’un droit, c’est un devoir !...

Les forces célestes sont partout et toujours présentes et, même au fond d’un hôpital, d’une prison, d’un camp de concentration, même au cœur de l’enfer, elles créent des ouvertures. Au cœur des ténèbres, la lumière. Quelle espérance ! Je crois qu’il est une parole, qu’on n’a jamais tort de prononcer : " Confiance ! " J’aime beaucoup l’image de Jésus qui dort dans la barque alors qu’une tempête fait rage sur le lac de Tibériade. Aux disciples qui, paniqués, le réveillent, le Seigneur dit : " De quoi vous inquiétez-vous. "

Bertrand Vergely, " Les Essentiels, de La Vie " n° 3898

ET SI LA CRISE NOUS DONNAIT DES LEÇONS !

La crise sanitaire n’est pas terminée mais elle nous a lourdement interrogés sur notre manière de vivre. L’heure n’est pas au bilan mais à un 1er questionnement à mener seul ou à plusieurs. "Contacts Spécial " vous invite d’abord à lire une interview… virtuelle de 2 observateurs chrétiens. Interview composée de morceaux de méditation d’un Cardinal : JoséTolentino de Mendonça, et de bouts de réelle interview d’un psychiatre et écrivain français : Christophe André. Place à la réflexion

Question : En quoi notre manière de vivre ensemble, comme citoyens, est-elle questionnée par cette crise ?

José de Mendonça : Confinés, nous comprenons peut-être mieux ce que signifie " être une communauté ". Notre vie ne dépend pas seulement de nous et de nos choix. Nous sommes tous entre les mains des autres, nous faisons tous l’expérience vitale de cette interdépendance, de cette toile tissée de reconnaissance et de don, de respect et de solidarité, d’autonomie et de relation. Tout le monde compte ! Notre immeuble, notre rue, notre quartier, notre ville, notre pays dépendent de nous. Des mots qui en ont été si souvent dépourvus, comme : proximité, voisinage, humanité, peuple ou citoyenneté, retrouvent une réelle substance. Nous pouvons réapprendre à utiliser les réseaux sociaux non seulement comme une force de divertissement et d’évasion, mais comme des canaux de présence, d’attention et d’écoute. Sans nous toucher, nous pouvons réapprendre la valeur de la salutation, le stimulus d’un compliment, l’incroyable force que nous recevons d’un sourire, d’un regard.

Ch André : J’ai mieux pris conscience de la fragilité de nos sociétés démocratiques. Cette épidémie a révélé des égoïsmes et des narcissismes, mais aussi de la solidarité et du courage qui ont, pour le moment, tout sauvé. Cette crise nous apprend qu’il faut protéger les cultures, les valeurs, les institutions… et pas seulement les personnes. Que nous avons des devoirs envers nos groupes d’appartenance, à côté de nos droits en tant qu’individus. Que l’altruisme doit l’emporter sur l’égoïsme, que, dans les difficultés, c’est la collaboration qui sauve le monde, là où la compétition ne sauve que les plus forts.
La pandémie ne nous a rien appris de nouveau que nous ne savions déjà sur les dangers liés à la négligence écologique, à l’avidité de la finance, à une mondialisation tournée vers les plaisirs et les profits. Juste que tout cela ne pouvait plus durer ! Il faut une " convergence des luttes " entre l’individuel, le collectif et le politique. Agir d’abord à mon niveau personnel, c’est-à-dire moins consommer, moins voyager et augmenter la quantité de bienveillance et d’entraide présentes dans ce monde.

Question : Au cours de cette crise, y a-t-il eu une prise de conscience sur des aspects de la vie qu’il nous faudrait changer pour mieux vivre notre vie ?

José de Mendonça : Nous sommes des esclaves du temps. Nous sommes littéralement avalés par le temps. Nous vivons une course au rythme effréné des jours, convaincus que rien ne peut l’arrêter, craignant tout ralentissement ou toute pause, repoussant l’essentiel à un autre siècle et la vie à une autre vie. Nous le savons : ce n’est pas cette expérience qui donnera une âme au monde. Cependant, le temps peut se vivre comme une réalité qualitative, il peut être défini comme " le temps de ", " le temps pour " une autre vie, plus riche.
Cela est une question d’éducation. Et cette éducation fait défaut dans une société où les plus grandes incitations vont dans la direction opposée : dans la ligne d’évasion, de l’étourdissement consumériste, d’une vie de masse, dispersée.
Ch André : L’épidémie comme le confinement ont eu pour vertu de nous ouvrir les yeux d’abord sur notre fragilité : la mort était en exil (dans les hôpitaux, les maisons de retraite…) et voilà qu’elle se balade à nouveau dans les rues, à visage découvert. Une pandémie nous rappelle que la mort n’est pas " planifiable " et qu’elle peut nous frapper à tout moment et à tout âge. Cela a pu déclencher chez certains de fortes inquiétudes, pour eux ou pour leurs parents. Pour d’autres, penser à la mort ne s’est pas avéré source d’angoisse et les a, au contraire, incités à mieux aimer la vie, à mieux savourer la grâce, chaque matin renouvelée, de s’éveiller vivants…
2ème point : le risque de pandémie était parfaitement connu et prévu, comme le risque climatique. Mais nous ne sommes pas sages. Le confinement et l’épidémie vont s’achever, nous allons d’abord savourer notre légèreté et notre liberté retrouvées… Puis nous allons oublier. Sauf si nous inscrivons ces évènements dans la durée de notre mémoire. : la sagesse, au quotidien, est un travail, une ascèse régulière. Dont une partie consiste à se rappeler l’existence des épreuves, non pour se désoler, mais pour s’y préparer : pour transformer nos velléités en volonté. C’est l’humoriste grognon Jean Yanne qui disait : " Tout le monde veut sauver la planète, mais personne ne veut descendre les poubelles. "

Question : Et sur le plan plus spirituel, à quels appels sommes-nous invités ?

José de Mendonça : La période que nous vivons représente une occasion de réfléchir sur ce qui nous nourrit. Nous nous alimentons de tant de contrefaçons, réduisant la vie à un fast-food, de préférence sans trop réfléchir. C’est que nous nous alimentons de tics routiniers et insipides, d’idées toutes faites qui ne laissent pas la place à l’écoute et à la découverte, d’images qui réduisent toujours la réalité à quelque chose de creux. Dans Saint Matthieu 6, 25-29), Jésus dit : " La vie est plus que la nourriture et plus que le vêtement. Regardez les oiseaux du ciel, observez les lys des champs. " Cela signifie adopter une attitude contemplative. Nous sommes appelés à regarder plus loin que nous, franchissant le périmètre de nos préoccupations immédiates. La vie ne se résume pas à ce que nous réalisons, mais bien dans l’interaction entre l’ici et le maintenant, et ce qui est de l’ordre de l’éternel…
Aujourd’hui, nous avons aussi besoin de mains - mains religieuses et mains laïques - pour soutenir l’âme du monde. Et qui montrent que la redécouverte du pouvoir de l’espérance est la première prière universelle du 21ème siècle.
Ch André : Le confinement a été une occasion de réfléchir à ce qu’est une religion : une foi (croyances et espérances), des rites (prières, culte), une culture (valeurs partagées), mais aussi des liens (au sein d’une communauté). Le confinement nous a retiré la partie vivante, charnelle de ces liens : prier côte à côte, agir ensemble, se retrouver après le culte, etc… Mais il nous a aussi invités à cultiver en nous la vie intérieure, à fréquenter les Ecritures, découvrir qu’il existe de petites applications (Prie en chemin) nous aidant à prier et méditer (au sens chrétien). Je propose 2 grandes voies de ressourcement intérieur, la méditation et la psychologie positive qui sont de nature à nous aider dans l’après-crise. La méditation nous offre apaisement et discernement pour nous engager dans ce que j’appelle " l’action juste ", calme et déterminée. car les vociférations et les gesticulations ne mènent à rien. La psychologie positive nous rappelle que le goût de la vie est une source puissante pour agir sur la durée. Claudel écrivait : " Le bonheur n’est pas le but mais le moyen de la vie ", sa quête est un de nos grands carburants pour l’action ! Ce que nous vivons est à la fois inquiétant et passionnant, et nous avons reçu de nombreuses leçons de cette crise : allons-nous nous montrer bons élèves. "
Interview virtuelle à partir d’extraits de 2 articles, parus dans " la Vie " n° 3896

QUELLES LEÇONS EN TIRONS-NOUS ?

L’interview n’avait pour but que d’attirer notre attention sur des aspects nouveaux mis en valeur par la crise. Tirons maintenant les leçons apprises ou entrouvertes. Dieu veut faire du neuf en nous. En nous mettant sous son regard, papier en main, faisons remonter de notre mémoire les moments heureux ou malheureux vécus durant ces 2 mois. Ensuite…
Commençons par dire " Merci " au Seigneur pour toutes les belles choses vécues par nous ou par d’autres : moments de fraternité, nouveaux liens, découvertes de voisins, coups de main… Redécouverte de la Parole de Dieu, de la prière, de l’importance de l’eucharistie…
Puis, demandons " Pardon " pour ce qui a été raté ou négligé : perte de temps devant la télé… repli sur soi… relations difficiles avec nos proches confinés…
Enfin, dire " S’il te plaît, aide-moi. " Demander à l’Esprit Sa force pour continuer à avancer sur tel aspect (Ne choisir qu’un point pour ne pas s’éparpiller). S’engager avec d’autres…

DEVENIR NOUS-MÊMES UN DON

Avec des mots très denses qui peuvent faire peur, Maurice Zundel, théologien et mystique nous dit ce qu’est l’immortalité. En lisant et relisant, en prenant le temps de méditer, cela apparait plus clair…

" L’immortalité, on la devient. L’immortalité est cette suppression de cette distance entre nous-mêmes et nous-mêmes. Les heures étoilées en nous ne meurent pas et les expériences les plus décisives de notre vie, c’est-à-dire les expériences de lumière, de libération, les expériences d’amour authentique, sont des expériences qui s’additionnent, se condensent dans un présent qui ne meurt pas. Et c’est ce présent qui assure notre véritable identité personnelle, où la durée se concentre dans l’éternelle présence (de Dieu) qui est plus intime à nous-mêmes. Alors nous devenons nous-mêmes un présent dans la mesure où nous devenons nous-mêmes un don…

La vie éternelle, c’est la vie d’un Autre (Dieu) en moi. C’est cela l’unique espoir de l’existence : ce trésor qui est confié à notre vie, cette possibilité de s’arracher à soi (à son égoïsme), de se perdre dans l’Autre.
La vie est l’enfantement de Dieu "

Maurice Zundel : " Je ne crois pas en Dieu, je le vis " (Le passeur)

L’ETERNITE… ELLE EST TOUT LE TEMPS

"Si nous n’osons pas parler de la vie éternelle, bien souvent, c’est parce que nous avons l’impression que, par le passé, nous en avons trop parlé et que, pendant des siècles, l’Eglise s’est trop intéressée à la vie après la mort, et pas assez à ce monde-là ; qu’on a tout renvoyé à plus tard à l’existence somme toute incertaine, en oubliant de nous occuper des difficultés de notre monde, qui a pourtant bien besoin de notre engagement.

Mais quand je parle de salut, de vie éternelle, je ne parle pas de la vie après la mort. En tout cas, pas seulement. Car si elle est éternelle, précisément, elle n’est pas hors du temps, ou plus exactement, elle est tout le temps. Maintenant, aussi bien qu’après ma mort quand je verrai Dieu face à face. Si Jésus nous ouvre la vie éternelle, c’est qu’il nous oblige à renoncer à nos frontières entre la vie ici-bas et la vie dans l’au-delà : c’est la même vie ! Cela ne veut pas dire que notre vie va se poursuivre toujours à l’identique, et que nous serons condamnés à prendre l’apéritif avec le beau-frère tous les dimanches pour les siècles des siècles.

Espérer, c’est quelque chose de très concret : c’est croire que Dieu nous rend capables de poser des actes éternels. Que, quand nous aimons, cet amour n’est pas simplement un beau sentiment dans une matière d’absurdité vouée à la mort, mais une fenêtre que nous ouvrons sur l’éternité. Car ces actes éternels que nous pouvons faire et dont le fruit est éternel, ce sont bien sûr les actes d’amour, les seuls qui comptent. Ce sont eux qui construisent, dans notre monde déjà, l’éternité, le Royaume de Dieu… Espérer, c’est accepter d’adopter le point de vue de l’éternité, le point de vue de l’amour. Comme nos vies changeraient, si nous savions ordonner nos vies en fonction du poids d’éternité de nos actions. On découvrirait que préparer un gâteau pour une voisine isolée, à qui cela fera plaisir, construit bien plus l’éternité que son poids de farine, d’œufs et de sucre ne le laisserait croire. "

Adrien Candiard " Veilleur, où en est la nuit ? " (Cerf)

DEFI ENVIRONNEMENTAL… TOUS CONCERNÉS !

Quel monde voulons-nous laisser à ceux qui viendront après nous ? Cette semaine est dédiée à " Laudato Si " (Loué sois-tu !), du nom de l’ Encyclique du pape François sur la Sauvegarde de la Création face aux déséquilibres écologiques, écrite en 2015. Le défi de l’environnement touche chacun de nous et toute l’humanité car, dans l’univers, " tout est lié." Si nous détruisons la nature, c’est à l’avenir de l’humanité que nous attentons . Présentation de l’ encyclique :

" Le Saint-Père croit que nous devons repenser notre relation avec la nature et le monde qui nous entoure. Cela doit se baser sur une interaction respectueuse où l’on ne se situe plus comme un exploiteur, un dominateur et un consommateur mais plutôt comme un admirateur de la création qui se sent lié à tout ce qui existe. De cette manière, nous ne pourrons plus faire autrement que de respecter toute la création.

La perte de biodiversité et la détérioration de l’environnement affectent particulièrement les plus faibles de la planète, nous rappelle le pape. Cette idée que la destruction de la nature ébranle non seulement tous les êtres vivants des écosystèmes mais aussi les humains partout sur la planète se résume en une phrase choc de Laudato Si : Tout est lié ! Et le pape François ajoute que « comme êtres humains, nous sommes tous unis comme des frères et des sœurs dans un merveilleux pèlerinage, entrelacés par l’amour que Dieu porte à chacune de ses créatures et qui nous unit aussi, avec une tendre affection, à" frère soleil, à sœur lune, à sœur rivière et à mère terre." Si l’être humain se déclare autonome par rapport à la réalité et qu’il se pose en dominateur absolu, la base même de son existence s’écroule, parce qu’au lieu de remplir son rôle de collaborateur de Dieu dans l’œuvre de la création, l’homme se substitue à Dieu et ainsi finit par provoquer la révolte de la nature. »

Les propos des scientifiques et du pape se rejoignent quant aux causes et aux effets de la destruction de l’environnement par les humains. Ils ont été prophétiques puisqu’ils avaient alerté les dirigeants des gouvernements et leurs populations à travers le monde du danger de la détérioration de l’environnement. Tout est lié, la pandémie du coronavirus nous le rappelle d’une manière brutale.

« J’adresse une invitation urgente à un nouveau dialogue sur la façon dont nous construisons l’avenir de la planète. Nous avons besoin d’une conversion qui nous unisse tous, parce que le défi environnemental que nous vivons, et ses racines humaines, nous concernent et nous touchent tous. » (Pape François)

Richard Chartier, Franciscain Canadien

CRISE ECOLOGIQUE ET CONVERSION INTERIEURE

Si les dérèglements climatiques de notre " maison commune " sont là, " tout n’est pas perdu " pour autant. François croit en la capacité humaine " d’initier de nouveaux chemins vers la vraie liberté " et en la capacité chez les chrétiens d’une conversion intérieure…

" Ces situations provoquent les gémissements de sœur terre, qui se joignent au gémissement des abandonnés du monde, dans une clameur exigeant de nous une autre direction. Nous n’avons jamais autant maltraité ni fait de mal à notre maison commune qu’en ces deux derniers siècles. Mais nous sommes appelés à être les instruments de Dieu le Père pour que notre planète soit ce qu’il a rêvé en la créant, et pour qu’elle réponde à son projet de paix, de beauté et de plénitude. Le problème est que nous n’avons pas encore la culture nécessaire pour faire face à cette crise (n° 53).

Cependant, tout n’est pas perdu, parce que les êtres humains, capables de se dégrader à l’extrême, peuvent aussi se surmonter, opter de nouveau pour le bien et se régénérer, au-delà de tous les conditionnements mentaux et sociaux qu’on leur impose. Ils sont capables de se regarder eux-mêmes avec honnêteté, de révéler au grand jour leur propre dégoût et d’initier de nouveaux chemins vers la vraie liberté. Il n’y a pas de systèmes qui annulent complètement l’ouverture au bien, à la vérité et à la beauté, ni la capacité de réaction que Dieu continue d’encourager du plus profond des cœurs humains. Je demande à chaque personne de ce monde de ne pas oublier sa dignité que nul n’a le droit de lui enlever (n° 205).

La grande richesse de la spiritualité chrétienne, générée par 20 siècles d’expériences personnelles et communautaires, offre une belle contribution à la tentative de renouveler l’humanité… La crise écologique est un appel à une profonde conversion intérieure " (n° 216-217). »
Encyclique " Laudato Si ", pape François

CHANGER NOTRE RAPPORT A LA NATURE

La pandémie actuelle demandera que nous changions notre rapport à la nature… Réaction de 2 scientifiques :

" Notre mode de vie et notre vision du développement favorisent la propagation de ces virus. On met beaucoup d’énergie actuellement pour faire face à la crise. C’est important. Mais il faudra aussi travailler à améliorer notre rapport à la nature, afin de rétablir un certain équilibre et donc ralentir la fréquence des événements comme celui qu’on connaît actuellement ".
Cécile Aenishaenslin, de la facuté de Médecine Vétérinaire Montréal

« Nos modes de vie, nos modes de consommation, nos systèmes de production très intensifs dans la sollicitation de l’eau, de la terre, de l’air et de l’énergie conduisent à une mutation des sociétés… N’oublions pas que la dégradation des terres a aussi ses conséquences sur la santé humaine : pollution de l’eau, prolifération de maladies hydriques, vents de sable (pollution de l’air) et sécheresses (méningites)."

Ibrahim Thiaw, spécialiste de la désertification, "Le Monde" (29 mars 2020)

TOUS, " ACCOUCHEURS DE VIE "

" Dieu n’est pas plus père que mère, plus masculin que féminin ! Mais il se révèle comme une Personne dont l’Amour féconde l’univers. Amour qui, dans la Bible, est tantôt décrit comme celui d’un Père créateur ou celui d’une mère dont les entrailles s’émeuvent pour ses enfants…
Chacun de nous est père ou mère chaque fois qu’il aide un autre à grandir, à être lui-même, à faire « naître » un peu plus d’amour, de vie, d’espérance
autour de lui. Nous sommes tous des ‘accoucheurs` de vie. Dans la vie chrétienne, nous enfantons le Christ dans le cœur des hommes, par l’exemple de notre vie. Saint Paul n’hésite pas à dire : « C’est moi qui, par la prédication de l’Évangile, vous ai engendrés dans le Christ Jésus » (1 Cor 4,15)."

Michel Hubaut

UNE AMITIÉ QUI DIT QU’ILS SONT AIMÉS ET SAUVÉS

« As-tu déjà réfléchi à ce que c’est qu’évangéliser un homme ? Evangéliser un homme, vois-tu, c’est lui dire : Toi aussi, tu es aimé de Dieu dans le Seigneur Jésus. Et pas seulement le lui dire, mais le penser réellement. Et pas seulement le penser, mais se comporter avec cet homme de telle manière qu’il sente et découvre qu’il y a en lui quelque chose de plus grand et de plus noble que ce qu’il pensait, et qu’il s’éveille ainsi à une nouvelle conscience de soi. C’est cela, lui annoncer la Bonne Nouvelle. Tu ne peux le faire qu’en lui offrant ton amitié. Une amitié réelle, sans condescendance, faite de confiance et d’estime profonde.

Il nous faut aller vers les hommes. La tâche est délicate. Le monde des hommes est un immense champ de lutte pour la richesse et la puissance. Et trop de souffrances et d’atrocités leur cachent le visage de Dieu. Il ne faut surtout pas qu’en allant vers eux nous leur apparaissions comme une nouvelle espèce de compétiteurs. Nous devons être au milieu d’eux des témoins pacifiés du Tout-Puissant, des hommes sans convoitise et sans mépris, capable de devenir réellement leurs amis.

C’est notre amitié qu’ils attendent, une amitié qui leur fasse sentir qu’ils sont aimés de Dieu et sauvés en Jésus Christ. »

Eloi Leclerc, " Sagesse d’un pauvre "

REGARDE TES 7 PORTES D’ENTRÉE

Méditant sur les " 7 esprits les plus mauvais " (cf. Luc 11, 24-26), Alain Patin y voit évoqués nos " 5 sens, plus l’esprit et le cœur ", chargés de " veiller sur ce qui pénètre (et ce qui sort de) ces " portes d’entrée" de la vie. Extraits.

" Avoir les yeux ouverts, mais ne pas accepter toutes les images : certaines polluent, trop violentes ou trop marchandes.

Développer une oreille attentive, mais sans s’arrêter à ce qui humilie ou rejette.

Avoir un goût et un odorat en éveil, développer une véritable sensibilité, sans verser dans la mièvrerie. (Tu comprends pourquoi le Corona supprime goût et odorat !)

Vouloir approcher, toucher, entrer en contact, mais sans imposer sa présence et peser sur les autres, en gardant une distance.

Autre porte, celle de notre esprit, de notre intelligence. Là s’ouvrent des possibilités immenses : acquérir des connaissances, mener une réflexion, s’ouvrir à la discussion, échafauder des projets,… Le danger est que se glisse, avec les connaissances acquises, la suffisance qui isole et qui rend hautain. On peut prendre la grosse tête, on enfle au lieu de rester ouverts et en éveil !

Septième porte, celle du coeur. C’est sûrement la plus importante, celle qui révèle en nous l’image de Dieu. Elle nous permet d’accueillir les autres, de leur manifester tendresse et amitié, d’élaborer un monde de partages et d’échanges ; elle met en jeu le plus profond en nous. Gérer cette ouverture sur les autres, ce n’est pas seulement se laisser attendrir sur un coup de coeur, mais durer dans la fidélité pour construire un monde qui communique la vie.

Le risque serait de rester à rêver d’un monde merveilleux, sans l’inscrire concrètement dans des engagements réels et durables. Il ne suffit pas que ta maison soit propre et bien rangée ; regarde ce qui l’habite."

Alain Patin du " Parcours Nazareth "

NOSTALGIE DE LA DIMENSION SPIRITUELLE

« Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ». Le coeur de l’homme, comme le coeur des disciples de Jésus, reste souvent troublé face aux événements imprévisibles de l’existence. Beaucoup s’interrogent sur la route à suivre. Dans le tourbillon de paroles qu’ils subissent chaque jour, ils se demandent ce qu’est la vérité, quelle est l’orientation juste, comment vaincre par la vie la puissance de la mort.

Ce sont des questions de fond qui témoignent chez beaucoup du réveil d’une nostalgie de la dimension spirituelle de l’existence. À ces interrogations, Jésus a déjà répondu lorsqu’il a affirmé : « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ». La tâche des chrétiens est de proposer à nouveau aujourd’hui, par la force de leur témoignage, cette annonce décisive. C’est seulement ainsi que l’humanité contemporaine pourra découvrir que le Christ est Puissance et Sagesse de Dieu. Que c’est en lui seulement que se trouve la plénitude de toute aspiration humaine. "

Jean Paul 2

PRÊTRES ET LAÏCS, TOUS DISCIPLES-MISSIONNAIRES

" En vertu du Baptême reçu, chaque membre du Peuple de Dieu (prêtre ou laïc) est devenu disciple missionnaire (cf. Mt 28, 19)… Cette conviction se transforme en un appel adressé à chaque chrétien, pour que personne ne renonce à son engagement pour l’évangélisation, car s’il a vraiment fait l’expérience de l’amour de Dieu qui le sauve, il n’a pas besoin de beaucoup de temps de préparation pour aller l’annoncer, il ne peut pas attendre d’avoir reçu beaucoup de leçons ou de longues instructions. Tout chrétien est missionnaire dans la mesure où il a rencontré l’amour de Dieu en Jésus Christ ; nous ne disons plus que nous sommes « disciples » et « missionnaires », mais toujours que nous sommes « disciples-missionnaires »… Et nous, qu’attendons-nous
Pape François " La Joie de l’Evangile " n° 120

LE BON PASTEUR

Extraits d’une conférence du fondateur des Fils de la Charité à des jeunes novices …

" Nous devons être des pasteurs selon le modèle que Jésus nous a donné. Combien de milieux, surtout pauvres et ouvriers, où les âmes sont comme des brebis sans pasteurs ! Elles ne sentent pas cet intérêt qu’un vrai et bon pasteur porte à ses brebis. Combien d’âmes ne peuvent pas dire : j’ai un prêtre qui s’intéresse à moi, qui s’intéresse vraiment à mon âme, à mon salut !
Soyez tout entiers aux âmes ; intéressez-vous à elles ; consacrez-leur votre temps, votre santé, vos facultés, tout. Jésus Christ s’est fait tout à tous. Oh le bon Pasteur ! Notre Seigneur connaissait tous ceux qui le suivaient. Il les connaissait comme Dieu, mais il les connaissait aussi parce qu’il vivait sans cesse avec eux, partageant leurs peines, leurs souffrances, se livrant à eux, ne les quittant que pour prier. Il vivait de leur vie.

Il constatait leurs besoins, et y répondait avec une intelligence admirable. Il faudra que vous aussi vous travailliez à connaître les brebis que Dieu vous confiera. Informez-vous de l’état des âmes là où vous irez, des milieux où elles vivent, des difficultés qu’elles rencontrent, de leurs aspirations, de leurs besoins. Cherchez ce qu’il y a de bien en elles, les points forts et les points faibles. Cherchez à bien connaître chacune des âmes qui viennent à vous. Connaître pour s’adapter et adapter les moyens, c’est un grand secret pour faire du bien.
Et puis, faites-vous connaître, montrez votre cœur, le désir que vous avez de faire du bien. En général, on ne connaît pas les prêtres.

« Je paîtrai moi-même mes brebis. » Voilà aussi ce que vous devez faire : paître votre troupeau, lui donner la vie avec abondance : c’est-à-dire la lumière, la grâce, la force, la consolation, le pardon, la divine Eucharistie et enfin la vie éternelle. Si vous ne leur donnez pas la vie de l’âme, ils ne l’auront pas. Dieu a fait de nous des canaux de la vie. Que les âmes trouvent en vous la vie dont elles ont besoin. Notre Seigneur a cherché les brebis perdues. Chercher les âmes, ne pas les attendre, aller à celles qui sont éloignées. Combiens pourraient être ramenées ! "

J.Emile Anizan, fondateur des Fils de la charité

LA JOIE EN CHAQUE RECOMMENCEMENT

Le recommencement est-il affaire de volonté seulement ? Non, nous dit Véronique Margron, actuelle présidente des religieux-ses de France. Il est aussi expérience de la Joie, dès maintenant !

" La joie n’est pas au bout de la foi : quand notre vie sera bien droite, accordée en toute chose au désir de Dieu. Elle n’est pas au bout d’une performance. Elle ne s’obtient pas par nos œuvres. Elle ne demande pas de savoir bien prier. Elle ne m’impose ni méthode, ni tracé, ni mission impossible.

La joie est en chaque recommencement hésitant ; infime et fidèle, fragile et constante. Elle vient vers nous au printemps comme en hiver ou aux temps de sécheresse. Elle nous raconte son histoire : don du Père et du Fils, son souci est que nous sentions en notre chair, parfois déchirée de malheur, que nous ne sommes pas délaissés.

Elle a fait un long voyage pour se tenir auprès du plus obscur de nos existences. C’est là qu’elle fait sa maison. Une demeure ouverte au vent et au soleil, aux vivants. Elle annonce au creux du cœur, de ses chagrins immenses comme de ses paix miraculeuses, que la vie vaut la peine d’être habitée."

ET APRÈS ? SE RÉCONCILIER AVEC SON OMBRE ET SON CORPS

Après le confinement, une autre vie ? A condition d’apprendre à se réconcilier avec soi-même : avec son " ombre " et son corps comme il est. La lumière de la Résurrection nous rejoint jusque dans nos blessures intimes pour nous faire renaître "corps âme et esprit ". Comme nous y invite, en bon connaisseur de l’être humain, Anselm Grün, moine bénédictin et psychothérapeute…

" Il s’agit de dire oui à tout ce qui est en nous. L’ombre (selon C.G. Jung) est ce que nous refusons de tolérer, ce que nous avons exclu de notre existence, au motif que cela n’est pas conforme à l’image que nous nous faisons de nous. En nous, il n’existe pas que l’amour ; la haine est aussi présente et en dépit de tous nos efforts moraux et religieux, nous avons des tendances meurtrières, sadiques et masochistes, de la colère, de l’envie, des humeurs dépressives, de la peur et de la lâcheté. Accepter son ombre n’implique pas qu’on la laisse simplement exister, mais il faut commencer par se l’avouer. Cela réclame de l’humilité, du courage, pour descendre du haut de notre propre image idéale et accepter notre propre réalité.

Pour se réconcilier avec soi, encore faut-il se réconcilier aussi avec son corps. Combien de personnes souffrent de leur corps ! Il ne correspond pas à l’image idéale que véhicule la mode actuelle. C’est seulement si j’aime mon corps, tel qu’il est, qu’il deviendra beau. Car la beauté est relative. Il y a le mannequin, mais froid et privé de toute expression. La beauté implique que la gloire de Dieu rayonne à travers moi. Cela ne sera le cas que si j’accepte mon corps et que je le présente à Dieu.

A ceux qui souffrent de l’histoire de leur vie, de leur ombre ou de leur corps, je propose l’exercice suivant : se placer devant une icône et le regard fixé sur Jésus-Christ, dire : « Tout est bien. Tout doit être comme c’est. Tout a son sens. Je te REMERCIE pour mon corps. Il est unique. Je me sens bien chez moi. Il est le temple du Saint-Esprit, le lieu de ta gloire. ». Souvent, cela ne va pas de soi. Quand précisément j’ai connu le malheur… et quand je me révolte contre mon corps, il ne m’est pas si facile de l’aimer. Tout corps est beau si je le regarde comme une œuvre d’art de Dieu. Quand je m’efforce de me voir moi et mon corps, l’histoire de ma vie et mon caractère, du point de vue de Dieu et que j’en REMERCIE Dieu, aussitôt s’instaure en moi une paix profonde. Je me sens dilaté. Une force tient ma vie en éveil, m’incitant à mettre ma confiance en Dieu et non en moi."

NOTRE DAME DES DOULEURS ET EVE RESSUSCITEE

Durant le Carême et le confinement, Emmanuel Phatthasinh a réalisé une 2ème œuvre (2, 80 m x 2, 30 m). Il nous la commente :

Le tableau représente la Vierge Marie en Notre-Dame des Douleurs. Elle enseigne à Ève l’amour de Jésus crucifié et de Sa Croix rédemptrice. « Voici ta Mère » (Jean 19, 27), c’est ce que Jésus dit sur la Croix au « disciple qu’il aimait », c’est-à-dire nous tous.

D’après S. François de Sales (1567-1622), que l’Église reconnaît comme le « Docteur de l’amour », la Vierge Marie nous enseigne tous à mourir d’amour pour Jésus-Christ (Traité de l’amour de Dieu, livre 7, chapitre 13).

Vivre, c’est mourir d’amour. Marie vit de la vie de son Fils. La mort de son Fils est donc sa mort à elle aussi. Mais puisque Jésus-Christ ne subit pas Sa mort, mais donne Sa vie par amour, mourir d’amour en Jésus-Christ est un chemin de vie pour nous tous. Notre espérance, c’est que Jésus-Christ n’est pas victime de la mort : mais en offrant Sa vie par amour, il triomphe de la mort. Marie, qui a été la première à mourir d’amour pour son Fils et avec son Fils, nous enseigne ce chemin de vie.

Marie notre Mère et institutrice. Marie est notre institutrice dans l’amour de Jésus, parce qu’elle est humaine comme nous, et parce que Jésus nous l’a donnée pour Mère. Devant la Croix, elle est crucifiée avec Jésus. Conformément à la prophétie de Siméon, « son âme est traversée d’un glaive » (Luc 2, 35). C’est ce que représente le tableau avec le cœur de Marie que tient l’ange.

Marie aime Jésus jusqu’à la Croix. En Marie, nous voyons comme l’amour de Jésus transforme la souffrance en espérance de vie. Le Christ ressuscité ne cache pas Ses plaies. Marie ne cherche pas non plus à guérir de sa blessure, ni à oublier, mais elle embrasse la souffrance avec Jésus pour aimer du même amour que Lui. Et aimer de l’amour même de Jésus, participer à l’amour de Jésus, c’est vivre de Sa vie. C’est mourir au péché pour naître à la vie éternelle.

Marie maîtresse d’amour dans l’Église. Cet amour parfait de Jésus a commencé avec Marie, qui est conçue sans péché. Elle est la première dans l’Église, où doit se réaliser ce mystère de communion et d’amour avec le Christ. Jésus donne Marie pour Mère à Ève, notre humanité pécheresse, pour que nous soyons introduits à cet amour de Jésus. En ressuscitant par l’amour, Ève se met sous le manteau de Marie : elle est comme l’humanité qui doit entrer tout entière dans l’Église, afin de vivre pleinement de l’amour de Jésus.

LE CONFINEMENT, UNE CHANCE ?

« J’ose avancer que cette quarantaine imposée est une chance, car elle nous donne de comprendre, d’une manière nouvelle et très concrète, que la vie est précieuse et belle si nous vivons comme des personnes reliées les unes aux autres. Le psaume 62 me touche beaucoup : « Dans la nuit je me souviens de toi et je reste des heures à te parler. Oui tu es venu à mon secours : je crie de joie à l’ombre de tes ailes. » On peut remplacer « nuit » par « ennui ». Dans la nuit de notre ennui, souvenons-nous des bénédictions de Dieu, faisons mémoire de tout ce que nous avons déjà reçu de nos frères, de nos amis, de nos communautés, dans l’Église et dans tant d’autres lieux. Alors nous pourrons « crier de joie » d’une joie ténue, recueillie. Alors pourra jaillir, de notre ennui saturé de désir, une « lumière noire » selon la belle expression de Madeleine Delbrel.

Raphaël Buyse (« la Vie » n° 3898)

PORTEZ LA COMMUNION A VOS FRÈRES

(Confinés, nous pouvons mieux mesurer ce que signifie ne pas pouvoir communier. Et ainsi, mieux sentir le désir de malades ou isolés de notre quartier. Occasion de nous laisser interroger. Des vocations peuvent naître pour porter la communion !)

" A la fin de la messe, le prêtre dit " Allez porter la communion à vos frères malades ! " Il ne dit pas : " Allez leur dire que la communauté chrétienne pense à vous. " Il dit à tous : " Allez porter la communion, faîtes la communion, entrez en communion. " Comme si les absents nous manquaient : Tu te rappelles ce que dit l’apôtre Paul : " Nous sommes membres les uns les autres…(Rom 12, 5)" Le pire serait que les malades soient à part, comme retranchés du corps. Regarde ce qu’on leur porte : le Corps, le Corps du Christ. Ils font corps avec nous. Nous sommes le Corps du Christ mais nous ne pouvons pas l’être sans eux…

Le prêtre dit de porter la communion. Il ne le dit pas uniquement aux personnes chargées de cette responsabilité. Et puis " porter la communion " peut prendre des formes diverses. Toute visite authentique au fond est une manière de " porter la communion ". Écoute ce que dit le Christ : " J’étais malade et vous êtes venus me rendre visite " et aussi " Qui vous accueille m’accueille. " Il y a comme une double visitation. Celui qui est visité reçoit plus qu’une simple visite, et celui qui visite rencontre plus qu’une personne alitée. La personne visitée ne reçoit pas seulement un visiteur. Elle reçoit le Corps du Christ signifié dans le pain eucharistique et aussi dans la personne de celui qui visite, qui rend réellement présente la communion des saints. Elle pourra reconnaître que le Christ vient à elle, la visite dans son épreuve et l’assure de sa présence. Celui qui visite lui aussi peut reconnaître le Christ, Corps blessé. S’il se fait humble et délicat, il écoutera et entendra. Il sera transformé par la rencontre.

Je commence à comprendre que les personnes malades, Corps du Christ blessé, ont quelque chose à dire de la vie, et que communier n’est pas seulement recevoir le corps sacramentel, mais entrer en communion avec les personnes marquées par la maladie et avec beaucoup d’autres. J’entrevois aussi cette fidélité du Christ jusque dans l’épreuve et dans un amour plus fort que la mort elle-même. Allez porter la communion à vos frères malades ! Le propos est simple. Le mystère est grand. "
Christian Salenson « Catéchèses mystagogiques »

« LE 3EME JOUR RESSUSCITE DES MORTS »

Œuvre (2,30m X 1m) d’Emmanuel Phatthanasinh
réalisée à St Hélène durant le confinement.
Il nous en donne les clés de compréhension…

À Pâques, nous fêtons la mort de Jésus-Christ sur la Croix et Sa Résurrection d’entre les morts, que représente ce tableau ? Le Christ ne ressuscite pas simplement pour Lui-même : par Lui, avec Lui et en Lui, c’est notre être rendu mortel par le péché qui ressuscite. Ce « vieil homme » en nous est ici représenté par Adam, que le Christ tire des eaux de la mort et libère de la captivité du péché. Au jour de la Résurrection, notre corps sera glorieux comme celui du Christ sur le tableau. Mais le corps glorieux du Christ conserve les cinq plaies qui témoignent de sa souffrance rédemptrice. Le mystère de Pâques contient l’essentiel de la vie chrétienne :

La foi : la foi des chrétiens, c’est quelqu’un, Jésus de Nazareth (né vers -5 /mort vers 33). Nous croyons que ce personnage historique était le Messie (= « Christ » en grec) attendu par les Juifs, le Fils de Dieu et Dieu Lui-même fait homme. Nous croyons aussi qu’après avoir été mis à mort sur la croix, Il est ressuscité. C’est cet événement historique et spirituel que représente ce tableau.

L’espérance : nous croyons que l’amour de Jésus-Christ nous sauve de la mort, spirituellement et corporellement au jour de la Résurrection. La Bible dit : L’Amour est fort comme la Mort, la passion implacable comme l’Abîme. (Ct 7, 6)Jésus-Christ ne nous évite pas la mort, mais sur la Croix, Il prend sur Lui notre péché et notre mort et les souffre pour nous. Il passe au travers de la Mort et crée un passage pour nous en Lui. Sa Résurrection fait renaître la vie au cœur de la mort. Ainsi, le tableau le représente marchant sur l’eau de la mort car Il l’a vaincue.

L’amour : le mystère de l’amour de Dieu pour les hommes est au cœur de la foi et de l’espérance. L’aimer en retour implique d’obéir à ce commandement : Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres. (Jn 13, 34) Ceux qui sont disciples de Jésus-Christ sont unis à Lui et unis entre eux en une communion d’amour. Cette communion est pleinement réalisée dans l’Église, Corps de Jésus-Christ, mais elle s’étend spirituellement à toute l’humanité, qui est aimée de Dieu et appelée à s’unir à Lui dans l’Église. Cet amour fraternel est représenté par la poignée de main de Jésus à Adam.

RETROUVER LA VOIE DE L’INTERIORITE

" L’unification intérieure est, je crois, la grande question Nous sommes sur terre pour faire de notre vie un chef-d’œuvre, et il nous faut pour cela nous unifier.

Nous avons le cœur partagé, divisé, taraudés par des désirs contradictoires. Nous avons donc à travailler à notre simplification, émonder les désirs inutiles, les distractions, faire l’unité autour d’un désir central, celui d’apprendre à aimer. Nous avons aussi à unifier notre existence entre le passé, le présent et l’avenir, découvrir que notre vie n’est pas une succession d’évènements sans liens entre eux, mais qu’elle à une trame, une direction, une vocation… Enfin, nous avons à faire l’unification entre notre vie spirituelle et notre vie corporelle. Pendant des siècles, le christianisme a eu une attitude très méfiante à l’égard du corps et des réalités terrestres. Nous redécouvrons enfin qu’être fidèle à Dieu, c’est aussi être fidèle aux réalités terrestres, aux rythmes des saisons, à la nature, même à la nourriture… Pour devenir pleinement spirituelle, notre vie doit d’abord ne plus avoir peur d’être pleinement humaine. Dieu ne nous demande pas de renoncer au plaisir de vivre, bien au contraire. Notre vie ne doit pas être seulement bonne sur le plan moral : elle doit aussi être belle et heureuse. Comment retrouver la voie de l’intériorité ?

L’homme moderne vit « hors de lui-même », il se trouve, par toutes les sollicitations qui l’entourent, en quelque sorte exproprié de lui-même. Je crois que la grande pathologie contemporaine se nourrit d’un rapport perverti au temps. La plupart des hommes et des femmes d’aujourd’hui perçoivent le temps comme un grand fleuve dans lequel ils sont plongés et contre le cours duquel ils ne peuvent rien. Il faut réagir contre cette idée : le temps est à notre service, nous devons être les maîtres de notre temps. La fragmentation du temps aboutit à l’éclatement de l’homme. Nos contemporains ne font que courir d’une activité à une autre, sans jamais s’arrêter. L’accès à la vie intérieure passe nécessairement par une maîtrise de son temps qui permet de se rendre présent à soi-même. Je ne suis pas que la somme de mes activités. Mon être profond a besoin de temps libre, gratuit, « perdu », pour accéder à la surface de ma conscience. Je donne souvent à ma communauté un conseil qui, en apparence, peut sembler scandaleux de la part d’un moine. J’insiste sur le fait qu’il est important de penser sa vie plutôt que de prier ! Je crois en effet que sans dialogue intérieur entre soi et soi, sans cette activité réflexive, la prière tombe en dévotion, en activité pieuse un peu stérile. Le temps que nous passons à penser notre vie n’est pas du temps perdu…

Sans vie intérieure, pas de vraie liberté ! Car, sans réflexion, sans retour sur soi, sans relecture de sa vie, on se laisse porter, emporter par les évènements qui surviennent, on est davantage « vécu » que réellement vivant… Choisir notre existence ne se fait pas sans un patient et un long travail sur soi. "

ET APRÈS ? LA VIE INTERIEURE …

Quand le confinement sera fini, la vie reprendra-t-elle comme avant ? Certains d’entre nous ont eu le bonheur de renouer avec leur vie intérieure Après, la parenthèse sera-t-elle refermée ? Et refermée la recherche intérieure qui constitue la plus belle aventure humaine dans sa quête d’absolu ? La grandeur de l’homme ne réside pas dans le fait d’amasser, ni de dominer la création mais dans le fait qu’il est capable de relation avec Dieu qui veut pour lui la Vie, la vraie Vie.

QUESTION du Président des Evêques (France)
" Pendant cette crise, je crois beaucoup au fait de pouvoir se découvrir du goût pour la vie intérieure. Mais l’après pose aussi l’éternel problème de la fausse conversion. En sortant, continuerons-nous de consacrer du temps à la prière, à l’intériorité, à nous préoccuper des autres ou nous précipiterons-nous dans une frénésie de rencontres ? Aujourd’hui, nous sommes poussés par quelque chose de plus grand. Mais nous en souviendrons-nous ? "
Mgr Eric de Moulins-Beaufort

UNE ESPÉRANCE NOUVELLE

« Cette nuit de Pâques nous conquérons un droit fondamental, qui ne nous sera pas enlevé : le droit à l’espérance. C’est une espérance nouvelle, vivante, qui vient de Dieu. (…)

Avec les jours qui passent et les peurs qui grandissent, même l’espérance la plus audacieuse peut s’évaporer. L’espérance de Jésus est autre. Elle introduit dans le cœur la certitude que Dieu sait tout tourner en bien parce que, même de la tombe, il fait sortir la vie. »

Pape François, Veillée Pascale 2020

" ALLEZ DANS LA PAIX DU CHRIST "

L’invitation du célébrant à la fin de la messe conduit loin jusqu’aux extrémités de la terre. Je comprends les " extrémités de la terre " comme " les extrémités de la vie ", les recoins de l’existence, à commencer par la mienne. " Vous serez mes témoins depuis Jérusalem jusqu’aux extrémités de la terre ", jusqu’au bout de la vie…

Mais où sommes-nous envoyés ? Dans le monde. Je préfère dire " dans l’histoire ". Le monde, c’est le corps, la chair, l’histoire, le réel. L’envoi dans le monde ne signifie pas seulement l’envoi dans la société, mais dans l’humanité concrète de chacun, de nos proches, de la société… "Allez dans la paix ". Entrez dans la paix. On pourrait traduire par " vivez dans la paix " Plus exactement : " Allez dans votre vie, vivre dans la paix. "

Curieux envoi ! Nous ne sommes pas envoyés avec des choses à faire, des missions à remplir. Par exemple : Allez dans le monde, faites beaucoup de bien, convertissez les gens, inscrivez-vous dans les associations ! Il ne nous est pas dit de ne pas le faire. La seule chose qui nous est dite, c’est " Allez dans la paix." …

Cet envoi en mission sans mission est bien un envoi réel. Il s’agit pour le chrétien d’aller habiter la paix comme dit le psaume " Habite la paix et poursuis- la. " Jusqu’aux extrémités de la terre, jusqu’aux extrémités de toi, des autres. La paix, c’est ce que le Ressuscité nous laisse… Il nous envoie vivre dans sa paix. A nous d’inventer la forme, les initiatives, les décisions, les chemins. Les membres de l’assemblée ne s’y trompent pas. Ils comprennent la nature de l’envoi qu’ils viennent de recevoir et cela suscite leur bonheur. " Nous rendons grâce à Dieu. " C’est comme s’ils disaient à la fois : nous accueillons cet envoi dans la louange et c’est par la louange que nous allons vivre dans la paix. "

Christian Salenson " Catéchèses mystagogiques pour aujourd’hui " (Bayard)

EST-CE NORMAL D’AVOIR PEUR ?

Quelqu’un, par mail, a posé cette question :

"Ce soir en lisant les textes, j’ai eu du mal à me détacher du psaume « le Seigneur est ma lumière et mon salut de qui aurais-je crainte ? le Seigneur est le rempart de ma vie devant qui tremblerais-je ? ». Cette parole résonne ! Car cet enfermement m’angoisse. J’essaie de me raisonner mais j’ai peur. Peur pour les gens, pour ma famille, pour mes amis. Je culpabilise car je suis chez moi au chaud, j’ai un toit, de quoi manger, j’ai accès aux outils numériques pour rester en contact… mais je ne me raisonne pas. Est-ce normal d’avoir peur, de me questionner autant ? Est-ce que j’ai le droit ?"

Conseil : Ne pas fuir, accueillir ses émotions

Prendre chaque jour quelques minutes pour s’asseoir et s’interroger : peur, inquiétude, colère, tristesse… comment je me sens ? Et dans quelle partie du corps s’exprime mon émotion : dans la gorge, dans le ventre ? Revenir à ses sensations coupe la spirale du bavardage et des ruminations intérieures. Il faut avoir l’audace d’entrer en relation avec notre expérience, fût-elle douloureuse. Elle nous rappelle que nous sommes des êtres humains. J’ai le cœur lourd parce que je me sens concerné ; je suis triste d’être loin de mes proches parce que je les aime. Remonter à la source de nos émotions nous ouvre le cœur. Entrer en rapport avec ce que je sens peut me transformer.
Fabrice Midal philosophe ("La vie" n° 3891)

Parole d’Evêque : N’ayons pas peur d’avoir peur !

" La meilleure manière d’accompagner le moment présent est d’avoir le courage d’habiter nos peurs. Notre premier réflexe pourrait être de nous dire : « Prions et n’ayons pas peur car nous sommes chrétiens et nous croyons en la vie éternelle, en Jésus sauveur. » Il ne faut pas oublier que croire en Jésus sauveur, c’est être disciples de Jésus qui a eu peur ! Je ne suis pas certain qu’il ait fanfaronné devant le tentateur au désert, ou en descendant de la montagne de la Transfiguration, sachant qu’il allait bientôt entrer à Jérusalem pour la dernière fois... Et je suis sûr, car l’Évangile l’atteste, qu’avant la Passion, il a versé des gouttes de sueur qui étaient des gouttes de sang, tant l’angoisse était forte. Jésus lui-même a eu peur. Donc n’ayons pas peur d’avoir peur !

Au dernier chapitre de l’Évangile de Marc (16, 14-15), Jésus reproche à ses disciples d’avoir manqué de foi, notamment à cause de leur peur, avant de les envoyer immédiatement en mission : « Il leur reprocha leur manque de foi et la dureté de leurs coeurs parce qu’ils n’avaient pas cru ceux qui l’avaient contemplé ressuscité. Puis il leur dit : "Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création". » Pour moi, cela résonne ainsi : « Ne t’arrête pas, vas-y avec tes peurs, mais continue d’annoncer qu’après la mort il y a la vie, que, dans cette souffrance et dans ce mal, il y a les lieux où tu es attendu pour aimer. » Le seul vrai baume, la seule véritable guérison sera l’amour, celui des soignants qui travaillent nuit et jour, des voisins qui font les courses pour aider les plus fragiles...

Le pape a prononcé vendredi une magnifique méditation à partir de l’Évangile des disciples pris dans une tempête tandis que Jésus dort. Pour lui, la tempête est déjà salutaire : « La tempête démasque notre vulnérabilité et révèle ces sécurités, fausses et superflues, avec lesquelles nous avons construit nos agendas, nos projets, nos habitudes et priorités. » La peur peut nous aider à aller vers Jésus, en vérité. Et puis, nous devons penser aux retrouvailles. Souvent, je suis traversé par des images très fortes. Imaginez la première messe après le confinement, quand nous serons heureux de nous voir tous ensemble, de faire à nouveau communauté. Imaginez les retrouvailles dans les familles ! Et puis, il y a le présent. Le soir, quand nous applaudissons les soignants à 20 heures depuis notre fenêtre, il y a déjà un vrai plaisir du contact humain, dans ce signe sonore en direct. "
Mgr D.Lebrun (Rouen) (La Vie n° 3892)

IL NE RESTE QUE L’ÉVANGILE

Dans la chronique du magazine " La Croix l’Hebdo" des 11-12 avril, dont elle est rédactrice en chef, Isabelle de Gaulmyn (plus connue en tant que paroissienne à Ste Hélène comme "Isabelle Sallé"), s’interroge sur la nécessité d’une nouvelle flèche sur la cathédrale Notre Dame… Par-delà cette question, c’est la description entre les lignes d’une Ste Hélène " Hors- les-murs " qu’elle nous livre. Période où, paradoxalement, les initiatives ne sont pas confinées ! Extraits.

" Une cathédrale brisée pour un pays confiné. La silhouette désormais tronquée de Notre Dame s’élève dans un ciel parisien devenu silencieux. Il n’y a aura pas de cloches pour sonner la victoire ni de glas pour les morts. Il n’y aura pas de messes pour supplier Dieu que la maladie cesse ni pour fêter la sortie de l’épidémie. Notre-Dame est comme toutes les églises aujourd’hui, fermée et réduite à se taire. Abandonnée au vide d’une ville qui se cache. Il en est de même pour l’Eglise catholique dans son ensemble, elle aussi confinée, qui ne peut ni célébrer ni rassembler. Tout juste enterrer, et encore. Comme la cathédrale avec la flèche, il faut qu’elle fasse " sans " ou autrement.

Mais a-t-on encore besoin d’une flèche au-dessus d’une cathédrale ? A-t-on encore besoin d’une parole venue du haut des chaires des églises ? Car, dans l’ombre de Notre-Dame éventrée, des hommes et des femmes d’Eglise, en silence, agissent. Prêtres ou laïcs, religieux, religieuses ou simples fidèles, ils ont répondu présent, pour distribuer des repas, soulager les plus âgés, inventer des solutions de logement pour les sans-abri, loger les infirmières, aider comme ils peuvent les soignants dans les aumôneries. Encore une fois, à Paris et dans toute la France, le réseau associatif et caritatif catholique a fait la preuve de sa capacité de mobilisation, à côté et avec tous les hommes de bonne volonté de ce pays.

En cette semaine sainte, il n’y a pas eu de branches de rameaux à faire bénir ni de chemin de croix dans les rues. Mais pour ces bénévoles engagés aux côtés des laissés-pour-compte de la crise, c’est Jeudi saint - le lavement des pieds - tous les jours. Pas d’homélie dans les églises, mais des textes qui s’échangent sur les réseaux sociaux, des lectures en silence, des paroles qui n’en résonnent que mieux et des larmes, surtout, qu’il faut essuyer ou laisser couler. Jamais nous n’avons jamais été aussi fragiles ensemble. Et devant cette fragilité, aucune flèche qui tienne. Il ne reste que l’Evangile… L’épidémie bouscule nos certitudes, nous oblige à descendre au plus profond."

Isabelle de Gaulmyn

L’ACTION MYSTERIEUSE DU RESSUSCITE

" La résurrection de Jésus n’est pas un fait relevant du passé ; elle a une force de vie qui a pénétré le monde. Là où tout semble être mort, de partout, les germes de la résurrection réapparaissent. C’est une force sans égale. Il est vrai que souvent Dieu semble ne pas exister : nous constatons que l’injustice, la méchanceté, l’indifférence et la cruauté ne diminuent pas. Pourtant, il est aussi certain que dans l’obscurité, commence toujours à germer quelque chose de nouveau, qui tôt ou tard produira du fruit. Dans un champ aplani commence à apparaître la vie, persévérante et invincible. La persistance de la laideur n’empêchera pas le bien de s’épanouir et de se répandre toujours. Chaque jour, dans le monde renaît la beauté, qui ressuscite transformée par les drames de l’histoire. Les valeurs tendent toujours à réapparaître sous de nouvelles formes, et de fait, l’être humain renaît souvent de situations qui semblent irréversibles. C’est la force de la résurrection et tout évangélisateur est un instrument de ce dynamisme…

La résurrection du Christ produit partout les germes de ce monde nouveau ; et même s’ils venaient à être taillés, ils poussent de nouveau, car la résurrection du Seigneur a déjà pénétré la trame cachée de cette histoire, car Jésus n’est pas ressuscité pour rien. Ne restons pas en marge de ce chemin de l’espérance vivante ! "

Pape François, " La Joie de l’Evangile "

IL DESCEND DANS LE MAL DU MONDE

Méditation d’Olivier Clement, théologien orthodoxe, devant l’Icône de la descente aux enfers…

« Imaginez le Christ revêtu d’une blancheur foudroyante, le Christ dans la puissance de la lumière, qui descend dans l’abime, qui broie sous ses pieds, les portes de l’enfer. On voit les portes broyées, avec toute une ferronnerie disloquée, éparse, et par dessous, on devine la silhouette sombre du séparateur écrasé. Le Christ saisit littéralement par les poignets et fait voler hors de leurs tombeaux Adam et Eve, c’est-à-dire vous et moi, c’est-à-dire l’humanité tout entière…

Cela veut dire, je crois, que maintenant Dieu n’est plus absent d’aucun lieu, d’aucune situation. Même quand l’homme veut l’exclure, Dieu est présent. Il est présent crucifié sur tout le mal du monde, c’est la seule réponse au mystère du mal.

Que fait Dieu ? Il est crucifié sur toute l’horreur du monde, et en même temps il nous ressuscite, il nous offre la puissance de sa résurrection, cette main puissante tendue pour saisir, même pas par la main, parce que la main, on ne la donne pas, mais par le poignet ; cette main qui saisit le poignet d’Adam, le poignet d’Eve… Cette main est toujours dans l’ombre la plus opaque. Il faut bien comprendre que le Dieu chrétien, le Dieu dont nous essayons de porter témoignage n’est pas une sorte de potentat céleste qui nous écraserait, mais comme dit Paul dans l’épitre aux Philippiens 2, 7, " il s’est évidé," il s’est anéanti par amour pour nous, il s’est vidé, évidé jusqu’à la mort et la mort de la croix.

Ce Dieu qui s’ouvre pour nous faire entrer en Lui, qui s’ouvre pour nous offrir la vie et la liberté, c’est cela, dirais-je, le mystère de la descente aux enfers Oui je le demande encore, qu’est-ce que l’enfer ? Un psychanalyste intelligent vous dira qu’au fond de l’homme il y a la haine, il y a le suicide, le meurtre, le mensonge, la crainte de la mort, toutes les formes de la mort. Tout cela croupit au fond de nous, c’est l’enfer. Il nous est intérieur et bien entendu, il se manifeste. Il se manifeste dans l’Histoire, il se
manifeste dans la torture, dans les massacres, dans l’injustice, nous le voyons bien. Or le Christ ne cesse pas d’y descendre.
Quand nous prenons conscience de ces situations de haine, de meurtre, de suicide, d’absence d’Esperance, nous avons la tentation de nous laisser glisser dans le néant. Si à ce moment-là, au lieu de nous laisser glisser dans le néant, nous tombons aux pieds du Christ, qui est présent là, non pas ailleurs, mais là, alors cette main puissante nous saisit et nous fait voler hors de l’enfer. »

LA CLÉ DU PARADIS

La semaine sainte, dans un rite appelé Soghita, les églises Chaldéennes et Assyriennes d’Orient miment un chant très ancien qui montre l’arrivée du bon larron à la porte du Paradis. S’ensuit alors un dialogue très beau et très serré avec l’Ange qui garde l’entrée. Ce dialogue complet sur

http://tradition-spirituelle.over-blog.com/2016/03/le-gayassa.html. Extraits :

– Jésus lui dit : « En vérité, car tu l’as demandé avec foi, aujourd’hui tu seras dans ce jardin, au Paradis de la joie. » – « Lève-toi et va vite, prend la croix pour clé, ils ouvriront le Paradis devant toi, et cacheront la lance de feu. »
– Le Larron a pris la croix, et il se rendit au Paradis, l’Ange l’entendit approcher, et le stoppa
Le chérubin : Dis-moi qui t’envoie ? Qui t’a montré le chemin ? Pour quelle raison te l’a-t-il ordonné, et notre terre t’a-t-il permis de piétiner ?
Le Larron : Ecoute moi je vais te le dire, cache ta lance que je t’explique, j’ai demandé miséricorde à ton maître et je fus envoyé jusqu’à toi.
(…)L : -Par la puissance de Jésus je suis venu et par sa force je suis arrivé jusqu’ici. Sur le chemin je n’ai eu peur de personne, Il m’a dit va ouvrir le Jardin.
C : Toi tu es un brigand, tu viens au Paradis pour voler ! Je veux que tu retournes rapidement (sur tes pas) ou sinon tu t’exposes à la mort.
L : Oui, je suis un brigand, mais à présent je me suis repenti. Et je ne suis pas venu ici pour voler, j’ai la clé pour entrer.
(…)C : Depuis qu’Adam est sorti du Jardin personne n’est revenu ici ; Le genre humain est banni d’Eden et que toi tu puisses y entrer sera chose difficile.
(…) C : Homme de sang pourquoi es-tu venu ? Qui t’a envoyé ici ? Tu ne peux piétiner notre terre, et qui t’ouvrira la porte ?
L : Ne craints pas ô Esprit et ne bouge pas ô Flamboyant, Je t’ai enlevé ton autorité : regarde la croix vivifiante !
Le Larron sort la croix cachée sous sa tunique et la montre.
C : Tu apportes la croix de Jésus, sois le bienvenu, entre au Jardin je ne t’en empêche pas, la porte est ouverte devant toi.

LAVER LES PIEDS

Une infirmière en EHPAD me racontait combien le lavement des pieds d’une personne âgée est rempli de sens. Tout d’abord, ce n’est évident pour personne de faire ce soin et pourtant cette infirmière affirmait tout l’intérêt de ce service. Outre que c’est un soin d’hygiène important pour toute personne, il l’est encore plus pour celles et ceux qui voient leurs pieds se déformer et les faire souffrir. C’est un véritable soulagement qui leur est donné, mais plus encore, c’est une attention délicate apportée à la personne dépendante incapable de se pencher et de se prendre en charge. Ce geste, s’il est accompli avec délicatesse, dira à la personne âgée qu’elle a sa place au milieu de la communauté, d’autant que les pieds sont extrêmement sensibles au soin et au massage. Ce n’est pas pour rien, me disait-elle, que
Jésus a lavé les pieds de ses disciples.
Jean Le Retif

IL M’A AIME COMME JE NE SAIS PAS AIMER

« Il m’a aimé jusqu’à l’extrême, l’extrême de moi, l’extrême de lui… Il m’a aimé à sa façon qui n’est pas la mienne. Il m’a aimé gracieusement, gratuitement. J’aurais peut-être aimé que ça soit plus discret, moins solennel. Il m’a aimé comme je ne sais pas aimer : cette simplicité, cet oubli de soi, ce service humble et non gratifiant, sans aucun amour propre. Il m’a aimé avec l’autorité bienveillante mais incontournable d’un père, et aussi avec la tendresse indulgente et pas très rassurée d’une mère. J’étais blessé au talon par l’ennemi commun, et le voilà à mes pieds : ne crains rien, tout est pur.

Comme Pierre, j’ai honte : il m’est arrivé, à moi aussi, de trébucher à sa suite, et même de lever le talon contre lui car il y a un peu de Judas en moi, et j’ai bien envie de chercher refuge dans la nuit, surtout quand la lumière est là, fouillant mes ténèbres. Par bonheur, il ne regarde que mes pieds, et mes yeux peuvent fuir. L’eau qu’il a versée va-t-elle réussir à me faire pleurer ? Moi qui rêvais de l’amour comme d’une fusion de moi en Lui, c’est une transfusion qu’il me faut : son sang dans mon sang, sa chair dans ma chair, son Cœur dans le mien, présence réelle d’homme marchant en présence du Père.

Hélas ! L’amour se dévoilait, et déjà il m’échappe. Il était là, à mes pieds, tout à moi. Je n’ai pu le retenir. Le voilà qui passe aux pieds du voisin et de Judas lui-même, de tous ceux-là dont on ne sait s’ils sont disciples en vérité, et qu’il m’a fallu accepter ; c’était le prix à payer pour rester avec Lui, et pour avoir droit, ce soir, au pain et à la coupe.
Il a aimé les siens jusqu’à l’extrême, tous les siens, ils sont tous à lui, chacun comme unique, une multitude d’uniques. Dieu a tant aimé les hommes qu’il leur a donné son Unique : et le Verbe s’est fait FRERE."

Frère Christian de Chergé, prieur de la communauté des moines de Tibhirine, assassiné. Extraits de l’Homélie du jeudi saint 1995.

LE CARDINAL ANDRE VINGT-TROIS ET LA CRISE SANITAIRE Propos recueillis par Isabelle Demangeat pour Paris Notre Dame 2 avril 2020

Le monde s’enlise dans la pandémie du Covid-19. Tout est bloqué, le nombre de morts ne cesse d’augmenter, les hôpitaux sont saturés. Tout porterait au désespoir. Pas pour le cardinal André Vingt-Trois, archevêque émérite de Paris, qui offre son regard sur une crise sanitaire qui pourrait être, selon lui, l’occasion d’un sursaut de responsabilisation et de conscience face à un mode de vie et un système économique et social exsangues.

Paris Notre-Dame – Un simple virus terrasse toute l’humanité, y compris l’homme occidental qui se montrait omnipotent. Comment l’interpréter ?

Mgr André Vingt-Trois – Il y a eu la Chine, puis l’Italie. Aujourd’hui, tout le monde est concerné. Il n’y a plus de compétition ou de concurrence, mais un sort commun. Cette vulnérabilité est la première leçon de cette crise. La vulnérabilité des individus qui peuvent être contaminés sans même en avoir conscience, la vulnérabilité du système économique mondial, et, en ce qui concerne les pays occidentaux, la vulnérabilité d’un mode de vie. Nous sommes amenés à vivre ce moment à travers le confinement, c’est-à-dire à travers la suppression d’un nombre considérable d’éléments de notre vie qui nous semblaient aller de soi alors qu’ils étaient fondés sur une inégalité de répartition des richesses. Ce déséquilibre économique et social, qui était notre équilibre, est en train de s’effondrer.

P. N.-D. – Pour continuer à vivre, il faut s’arrêter. Une aberration pour un système fondé sur la croissance. N’est-ce pas le symptôme que ce système est invivable ?

A. V.-T. – Tout à fait. La Première guerre mondiale a été la fin du mythe du salut par le progrès scientifique tel qu’il s’était élaboré au XIXe. Le XXe siècle a élaboré son propre mythe du progrès, un progrès économique fondé sur la croissance appuyée sur la consommation. Ce système de développement permanent de la consommation s’inscrit dans la perspective que l’univers est illimité. Nous voyons bien, aujourd’hui, à travers cette crise sanitaire, la difficulté de notre société à prendre conscience que les ressources ne sont pas illimitées. Qu’il faut les économiser, ne pas les gaspiller, et, les partager. Cette crise impose un certain dénuement, de relations, de loisirs, d’activités. Ce dénuement nous force à reprendre en considération des aspects de l’existence auxquels plus personne ne pensait. Des choses qui tiennent à la vie, à la mort, à la santé, à la précarité de nos relations affectives, de nos relations sociales. Nous sommes en train de vivre un Carême de réalité et non plus un Carême d’intention. Débarrassés d’un certain nombre de divertissements, les conditions nous sont plus favorables pour nous recentrer sur l’essentiel de notre vie.

P. N.-D. – Ne pouvons-nous pas voir dans cette crise mondiale un avertissement prophétique ?

A. V.-T. – Les avertissements prophétiques ne sont prophétiques que pour ceux qui croient aux prophètes ! Le prophète ne dit-il pas précisément : « Ils ont des yeux et ne voient pas, des oreilles et n’entendent pas ! » (Jérémie 5, 21) ? Le système dans lequel nous vivions était un système paradoxal. D’un côté, il exaltait la dimension universelle et internationale ; de l’autre, il ne tenait compte que de l’individu. C’était l’individu versus (contre) le monde entier. Or, on comprend aujourd’hui que l’individu n’est pas le summum de l’existence humaine. L’individu ne peut vivre que s’il est dans un système de relations et donc dans un système de solidarité avec le monde. Celle-ci ne consiste pas à déporter le travail à l’endroit où il est le moins cher. Mais bien à reprendre conscience de nos solidarités immédiates, de reprendre conscience qu’une nation n’est pas simplement une somme d’individus indépendants les uns des autres, mais bien une collectivité dans laquelle tous dépendent de tous. La question posée aux jeunes adultes d’aujourd’hui est : qu’allez-vous rechercher ? La situation la plus profitable pour vous ? Ou bien le désir de faire entrer, d’une façon ou d’une autre dans l’élaboration de votre projet, la question du service des autres ?

P. N.-D. – Comment vivre au mieux cet événement, sans le fuir mais l’accueillir pleinement ?

A. V.-T. – Comme tous les événements de notre vie. Ou bien nous vivons dans un univers clos sur lui-même. Ou bien nous vivons dans un univers qui se réfère à quelqu’un. S’il n’y a personne, si Dieu n’existe pas, nous n’avons alors pas d’autre horizon que le petit univers que nous connaissons. Chaque événement qui perturbe ou abime notre petite vision du monde devient alors toujours une catastrophe mortelle. Mais si nous considérons, dans la foi, que cet univers a été donné à l’homme pour qu’il en fasse un usage positif, alors il nous faut rechercher comment ce qui arrive peut être un chemin et un appel. Pour un certain nombre de personnes, la crise sanitaire actuelle est l’occasion d’un réveil. On redécouvre les relations de voisinage, de solidarité. On reprend conscience que, dans notre société, des personnes exercent une profession non simplement pour leur propre profit mais pour le service des autres. Je pense aux éboueurs, aux caissiers, au personnel soignant…

P. N.-D. – En tant que chrétiens, nous n’avons plus accès aux sacrements. Est-ce un désert spirituel à vivre ou une purification de notre manière de croire ?

A. V.-T. – La grâce de Dieu n’est pas limitée par les sacrements. La grâce de Dieu réside dans la profusion de son amour. Cette privation est peut-être l’occasion de reprendre conscience que les sacrements ne sont pas des rites sociaux que l’on fait par habitude mais vraiment une rencontre avec Dieu. Si elle n’a plus le support visible des signes liturgiques, sa réalité demeure.

P. N.-D. – Comment rendre ce moment fécond pour l’avenir ?

A. V.-T. – L’un des chemins est de prendre conscience qu’il existe une hiérarchie entre les valeurs. Une hiérarchie entre les activités auxquelles on consacre beaucoup de temps et d’argent. C’est peut-être une opportunité pour ne pas renouer avec le mode de vie précédent. Je pense à quelque chose. Beaucoup de familles vivaient avec des activités complètement dissociées. Une génération d’un côté ; une autre, de l’autre. Un époux d’un côté ; l’autre, de l’autre. Tout le monde était surbooké. Peut-être est-ce l’occasion de redécouvrir que la vie de famille est un moment fort, plus important que ce qu’on peut faire ailleurs ? Et pour ceux qui sont seuls ? Vous savez, nous ne sommes jamais seuls. Nous avons tous un monde intérieur. Un monde culturel de lectures, de musiques. Un monde où notre isolement peut devenir un espace de communication nouveau avec Dieu et avec les autres.

CONSEILS D’UN MOINE

" A l’intérieur des règles quasi-carcérales du confinement, nous pouvons développer un espace de liberté intérieure, de poésie, d’émerveillement… " Le ciel est, par-dessus le toit/Si bleu, si calme ! " écrit Verlaine depuis sa prison. Il va nous falloir trouver le ciel par-dessus les toits, en nous, en autrui, entre nous. Hors de question de céder au catastrophisme, à la magie, de se leurrer avec des recettes miracles (surtout pas dans le domaine religieux) : les ressources viendront de notre propre fond. Aux heures dramatiques de l’histoire, l’homme révèle, à côté de ses misères, ce qu’il y a de plus beau, de plus inattendu. Nous sommes renvoyés à notre dignité humaine, à notre seule hauteur d’hommes…

En huis clos- peut apparaître le risque du vide, du désespoir, de la solitude, de la nervosité exacerbée. Il est indispensable que nous puissions nous avouer les uns aux autres notre angoisse, que nous remplacions entre nous le goût d’une affection pleine de gravité. Il est urgent que nous trouvions, au-dedans ou au dehors, des lieux, des liens de parole tonique et profonde : le téléphone et l’e-mail peuvent être d’excellents instruments pour ce grand emploi du temps de réconfort mutuel qui s’ouvre devant nous. Nous faire mutuellement signe de vie et de tendresse : voilà le beau métier en ces temps de retrait forcé ! Rien n’atteste mieux notre dignité humaine que le souci que nous avons les uns les autres. "

François CASSINGENA-TREVEDY, moine bénédiction de Ligugé (Vienne) dans « La Vie n° 3891 »

LA BEAUTÉ DE L’ÂME

A la question « La Beauté est-elle une réalité spirituelle ? Un antidote au mal ? ", François Cheng, d’origine chinoise, 90 ans, répond avec profondeur :

" La beauté n’est pas un simple ornement ; elle est un signe fondamental par lequel la Création nous signifie que la vie a du sens. L’univers créé aurait pu n’être que fonctionnel ; ce n’est pas le cas. Au sein de la nature, nous allons d’instinct vers ce qu’il y a de beau. Ce faisant, au lieu de tourner aveuglément en rond, nous prenons une direction. Cette direction nous signifie que nous sommes sur un chemin où réalisation et dépassement sont possibles. Sensation, direction, significations, ces trois qualités sont réunies par la langue française en un seul mot : sens. La beauté nous montre aussi que tout n’est pas indifférencié, que tout ne se vaut pas ; elle nous procure le sens de la valeur. Par exemple, depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours, l’or, la matière la plus belle avec le diamant, reste l’étalon. Plus tard, d’autres valeurs viennent ennoblir l’être humain : valeur artistique et valeur spirituelle. A la beauté de la nature s’ajoute une beauté spécifiquement humaine : la beauté de l’âme. Apprenons à apprécier, partout et toujours, les regards et les gestes où l’âme humaine, en sa meilleure part, se révèle. Sans notre regard éveillé et notre cœur battant, toute la splendeur d’aurore et tout le ciel étoilé seraient vains. "

CONFINÉ !

En écoutant à la radio ou la télé les témoignages d’autres « confinés », j’ai bien conscience d’être une sorte de privilégié. Comme je suis le plus souvent seul, je souffre beaucoup moins que d’autres de la situation actuelle. Quand je dis seul, ce n’est pas vrai, puisque je crois et que je vis chaque instant en la Présence du merveilleux Compagnon qui a dit « Je suis avec vous, pour toujours… »
Mais, comme la croix est faite de deux morceaux, l’un vertical, l’autre horizontal, je crois aussi fort que ma relation au Christ passe aussi par les autres, mes frères et sœurs qu’en temps normal je côtoie, à Sainte Hélène et ailleurs. Je ne pensais pas, malgré tout, éprouver un tel manque lorsque le dimanche 15 je me suis retrouvé à 11h dans mon fauteuil à regarder la messe télévisée. J’ai eu à ce moment l’impression d’être comme amputé.
C’est aussi l’occasion de vivre une communion plus étroite avec tous ceux qui ne peuvent célébrer l’eucharistie chaque semaine. Je suis un " riche " !

Daniel (Ste Hélène)

" OU EST DIEU ? "

" Cette interrogation se pose à chaque grande épidémie qui jalonne notre histoire. Lorsqu’on raconte à Jésus le massacre des Galiléens et la chute de la tour de Siloé (Luc 13), il explique qu’ils n’étaient pas plus pécheurs que les autres. Jésus ne fait pas échapper ses disciples au sort commun de l’humanité mais nous assure que tout vivre, les joies et les épreuves, dans l’amour de Dieu et du prochain, nous fait entrer déjà dans la vie éternelle. La grâce de Dieu est donnée pour cela. Il ne s’agit pas de s’imaginer que Dieu nous punit, mais de se demander ce que moi, je peux changer dans ma vie pour vivre de son amour… Il est important que dans ce temps de confinement, nous ne nous replions pas sur nous-mêmes en cultivant nos angoisses mais que nous regardions toujours le vaste monde et que nous pensions à ceux qui sont dans la détresse… Puisqu’on ne peut pas se serrer dans les bras, se prendre par les mains dans la douleur, faisons-le au moins spirituellement."

Mgr Eric de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims et président de la Conf. Episcopale de France

PLUS DE MESSE… QUEL SENS DONNER ?

" Je réalise à quel point ce qui va me manquer pendant tout ce temps de carême, ce n’est pas d’abord la communion au Corps du Christ, mais le rassemblement ecclésial, lors duquel ensemble nous communions au Corps du Christ. L’isolement imposé nous fait réaliser que l’Église est une communion, et je trouve que l’occasion est propice pour penser à tous ceux qui sont ordinairement éloignés de la communion, parce qu’ils sont malades et isolés, parce qu’ils habitent au fin fond de l’Amazonie, ou parce que la discipline de l’Eglise leur demande de ne pas communier.

Notre solitude imposée par temps de carême, et sans doute même pour les fêtes pascales, nous oblige à prendre conscience que nous ne sommes pas chrétiens pour nous, mais pour les autres, pour le monde. Lorsque nous célébrons l’eucharistie, lorsque nous communions au Corps livré du Christ, nous le faisons pour ceux qui ne sont pas là, car le Corps du Seigneur est livré pour la multitude. Alors, désormais confinés, il nous faut croire que nous sommes associés à ce mystère, avec ceux qui peuvent le célébrer, car ils le célèbrent pour nous (comme le font les prêtres des paroisses, de manière privée… en union avec leur peuple).

Il y a un autre point de jonction entre mes deux " mondes " : les soignants vont donner de leur temps, de leur fatigue, pour les autres. A chacun de nous, en ce temps différent, de trouver ce qu’il peut faire pour l’autre, en étant vigilants vis-à-vis des plus âgés, des plus isolés. Voilà ce qu’est une vie eucharistique : prendre soin de l’autre, car son existence est un cadeau."

Anne Lécu, religieuse médecin en prison

CARÊME AU TEMPS DU CORONAVIRUS

Nous n’avons pas choisi de vivre cela. Mais les consignes imposées pour combattre l’épidémie, en libérant du temps pour certains, peuvent être une occasion à saisir pour vivre un Carême particulier. Vous trouverez dans ce "Spécial Contacts" des textes, des prières, des points de repère pour vous aider à vous ajuster à cet Évènement tout en vous questionnant : Qui je veux devenir devant Dieu et avec les autres ? A quoi renoncer pour gagner une vraie Joie de Vivre et d’ Espérer ?

" QU’AS-TU FAIT DE TON FRÈRE ? "

Nous traversons une période à laquelle nous n’étions pas préparés. En ces temps troublés, il est bon de rappeler l’indispensable fraternité qui seule fonde une authentique nation. A la tentation du sauve-qui-peut, les chrétiens doivent se rappeler qu’au cours des siècles ils ont eu à cœur d’accueillir la demande du bon samaritain : « Prends soin de lui » (Lc 10, 35). Dans les grandes pandémies du passé, ils ont été en première ligne pour être fidèles à cette demande du Christ, souvent au risque de leur vie. Nous ne pouvons pas répondre comme Caïn : « Suis-je le gardien de mon frère ? », quand Dieu lui demande : « Qu’as-tu fait de ton frère ? » (cf. Gn 4, 9). Nous avons à transmettre la grâce divine, pas les virus qui ne viennent pas des dons de Dieu mais de la fragilité de la condition humaine…

Les temps à venir nous sont ainsi donnés pour qu’en nous retirant dans le désert et dans ce jeûne imprévu et douloureux, nous puissions laisser grandir en nous le goût de cet amour… Puisque cette année notre diocèse fête les 1600 de la naissance de sa sainte patronne, j’invite tous les chrétiens et les hommes de bonne volonté à réciter chaque jour et jusqu’à la fin de la pandémie la prière à Sainte Geneviève (au verso). Elle a su, par sa consécration, son courage et sa prière, sauver les parisiens des plus graves fléaux.

Au-delà de notre ville nous la solliciterons pour que le Seigneur écarte de nous le mal, accueille les défunts, protège les malades et veille sur ceux qui les soignent. Jusqu’à Pâques, j’invite aussi les fidèles à vivre un jour de jeûne tous les mercredis. En effet, le Christ nous a révélé que c’est la prière et le jeûne qui, ensemble, viennent à bout des plus grandes épreuves. « Les yeux fixés sur Jésus-Christ, entrons dans le combat de Dieu
+ Michel Aupetit, Archevêque de Paris, 13 mars 2020

POINTS DE REPÈRE POUR S’OUVRIR A DIEU

1 - Prendre le temps
Il ne se passera rien entre Dieu et nous, si nous ne Lui laissons pas l’espace pour nous parler ! Nous sommes tellement dans le bruit, l’agitation, l’activité… Le Carême nous remet devant la nécessité, l’exigence de prendre du temps. Dieu se fait Silence, et nous avons besoin de passer par un grand silence pour entendre cette parole, nouveauté que Dieu aurait à nous dire aujourd’hui.

2 - Faire Confiance
N’ayons pas peur de Celui qui veut nous rencontrer. Si nous craignons une mauvaise rencontre, c’est qu’il y a encore des choses à purifier, de fausses idées à se débarrasser. Dieu est-il pour nous Celui qui nous attend au tournant, nous envoyer une épreuve ? Est-il à notre service ? Attend-il que nous soyons à la hauteur pour nous aimer, purs pour nous sauver ? S’il y a du donnant-donnant dans la relation avec Lui, il nous faudra prendre encore plus de temps.

3 - Il marche avec nous
" Seigneur, où es-Tu ? ". Cette question, nous devrions la laisser résonner en nous pendant tout ce Carême, jusqu’à nous laisser déplacer par elle. Dieu ne déserte aucun lieu, même le plus sombre, aucune personne, même la plus ignoble, ni aucune situation la plus terrible. Dieu est " Celui qui est là ", avec nous, qui nous rejoint même dans les bourbiers de l’histoire humaine. N’est-il pas descendu jusqu’aux enfers pour nous en faire sortir ?

4 - Une chance pour se risquer
Dans la Bible, l’épreuve est toujours présentée comme une occasion de conversion : changer sa manière d’être en relation avec soi, avec les autres, avec Dieu. Il s’agit d’entrer dans une nouvelle existence et de ne pas s’enfermer sur soi-même. Il y a ceux qui pensent qu’ils pourront tenir bon en se crispant sur leurs acquis, sur leur groupe, et ceux qui, les mains vides, osent s’aventurer avec Dieu sans connaître d’avance le chemin.

REMETTRE LES CHOSES EN PLACE

" L’irruption et l’installation du coronavirus fait subir à l’humanité entière un choc mental globalisé. C’est comme un coup de tonnerre dans un ciel serein qui serait venu mettre un terme à des ambitions économiques, industrielles et même géopolitiques démesurées. Le virus est une petite machine à remettre les choses en place et à ramener nos ambitions à un juste niveau.

A force de forcer la nature et de la plier à nos volontés impérialistes, nous l’avons poussée en quelque sorte à se venger de la seule manière qu’elle a su inventer. Nous rêvions de " sobriété ", elle nous l’impose. Nous condamnions les incessantes allées et venues des marchandises et des hommes, elle les entrave. Nous aspirions à un usage raisonné de la terre et des eaux. La raison nous tombe du ciel…

Le virus aura au moins servi à nous faire mieux prendre conscience de la fragilité vaine de nos agitations, de nos investissements, de notre quête nerveuse de la plus-value et de la dividende, de notre contribution au saccage universel. En attendant, il est là, bien installé, efficace, sournois et tranquille. Il fait perdre confiance en toutes choses, il meule nos consciences et érode nos élans."

Bruno Frappat (extraits de " La Croix 6/3/20)

AVEC LE CORONAVIRUS, RALENTIR ?

" Sensation étrange que nous éprouvons depuis quelques jours. Celle d’un monde qui, si l’on ose dire, ralentit à toute allure. L’épidémie de coronavirus freine l’activité économique, les voyages professionnels ou privés, les pèlerinages, les manifestations culturelles et sportives, même les célébrations religieuses ou les échanges entre les personnes… Des frontières se ferment. En Europe, de nombreuses personnes sont appelées à rester chez elles, même si le confinement n’atteint pas, pour l’instant, l’ampleur qui prévaut en Chine.

Ce ralentissement, avant l’apparition du virus, nous y aspirions plus ou moins consciemment. Nous étions habités par l’idée que tout va de plus en plus vite. Avec la hantise de ne pas réussir à tenir le rythme. Avec une conscience de plus en plus aigüe de l’impact négatif de cette vitesse sur la qualité de la vie et sur l’état de santé de la planète. Mais de quelle manière ralentir cette course ? Nous ne savons pas comment organiser une transition en douceur, afin que l’activité et l’emploi n’en subissent pas de conséquences négatives.

Le coronavirus ne nous laisse pas de choix. Il nous oblige à freiner pour essayer de contenir l’extension de la maladie. Cela crée beaucoup de perturbations, dans nos vies professionnelles et personnelles, cela fait brusquement reculer les marchés boursiers, qui anticipent, non sans raisons, un coup d’arrêt de la croissance. Autant de motifs de contrariété et d’inquiétude. On peut se dire que c’est un mauvais moment à passer. Mais on aurait tort de s’en tenir là. Cet épisode est une belle occasion de réfléchir aux limites et aux impasses de la mondialisation. Afin que, demain, le ralentissement ne soit pas subi mais construit. "

Guillaume Goubert, Edito de La Croix du mardi 3 mars 2020

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