Menu | Contenu | Retour | Actualités | Progression | Rechercher | Pied de page | Accessibilité | Plan du site | Accueil
                                                               
                                                               
| Accueil | Contacts | Horaires | Plan du site |
Paroisse Sainte Hélène
102 rue du ruisseau
75018 | Paris
Tél : 01 46 06 16 99
Visitez aussi le site des fils de la charité
www.filsdelacharite.org

Le « Denier de l’Église » est une préoccupation permanente pour nos paroisses. Comment arriver à financer les initiatives missionnaires, les travaux, ainsi que le salaire des prêtres ou agents laïcs en pastorale ? Une nouvelle campagne de lancement du Denier de l’Église vient de s’ouvrir le 4 février. Merci pour votre participation !

« SAINTE HÉLÈNE, J’AIME, JE DONNE »


Rassurez-vous, Ste Hélène ne verse pas dans la pub médiatique facile ! Mais c’est un clin d’œil que vous adressent les membres du Conseil Economique de la Paroisse quand ils arborent ces mots gravés sur leur tee-shirt. Une manière de rappeler que l’Eglise ne reçoit aucune subvention. Et que l’essentiel des ressources de Ste Hélène provient de VOS DONS.
Tout d’abord, je voudrais REMERCIER chaleureusement tous ceux qui ont participé au Denier de l’église 2017. Malgré une petite diminution du nombre des donateurs, le résultat est légèrement supérieur à 2016 ! C’est pour moi un grand objet de satisfaction qui dit votre attachement à la Paroisse ! La chute du nombre de donateurs s’explique surtout par les décès, les déménagements ainsi que par la crise économique qui touche les familles...
Mais DEMAIN, c’est déjà AUJOURD’HUI ! Ayons le souci de voir Ste Hélène continuer à se caractériser par sa chaleur, sa convivialité et sa ferveur. Soucieux tant de la vie des enfants, des jeunes et des adultes que de l’entretien de l’église et des locaux, le Conseil Economique veille à une gestion rigoureuse, à la mesure de nos besoins mais aussi de nos moyens.
Nos GRANDES DÉPENSES ? A côté des indemnités des prêtres (à vrai dire, assez minimes puisqu’ ils touchent une part de leur retraite ou de leur salaire et la paroisse complète), il y a le salaire de nos 3 laïcs à temps partiels. Ainsi que les charges telles que les impôts locaux, l’électricité, le gaz, le chauffage, les photocopies, la sono, la mise aux normes de la sécurité…
Mais DONNER, c’est aussi UN DEVOIR chrétien de participation à la vie matérielle d’une paroisse qui vous enrichit humainement et spirituellement. Aidez-nous aussi à trouver de NOUVEAUX DONATEURS… Aidez-nous à oser proposer aux jeunes couples, aux nouveaux arrivants, de prendre leur part à cette charge. C’est aussi comme cela que nous préparerons l’avenir. Pour que les habitants du quartier qui le désirent, puissent continuer à trouver une communauté vivante (dans la diversité des âges et de ses cultures) ainsi qu’une église belle, accueillante et ouverte à tous.
MERCI de laisser résonner en vous mon souci de pasteur et celui du Conseil Économique. Merci à chacune et à chacun d’entendre cet appel, SELON SON CŒUR ET SES MOYENS. C’est tous ENSEMBLE que nous formons Ste Hélène. ENSEMBLE que nous sommes le "Corps du Christ" dans ce quartier si coloré et si attachant de Clignancourt !
Comment ne pas évoquer ici le souvenir de notre cher Jean Pichard qui nous a brutalement quittés fin 2017 ! Sa compétence, sa disponibilité et sa foi sont une référence. Un grand Merci aussi aux membres du Conseil, anciens et nouveaux, qui continuent l’Aventure avec moi !
Bien fraternellement…
Au nom du Conseil Économique de la Paroisse de mes frères Fils de la Charité Jean-Pierre et Gaby, P. Michel Retailleau, curé

SITE DE LA TROUPE SCOUT 25 ième DE pARIS
http://www.lavingtcinq.fr/

CATÉCHUMÉNAT


Il est possible de découvrir la foi chrétienne à tout âge et de se préparer aux sacrements de baptême, confirmation, communion, et aussi de découvrir le contenu de la foi si on a été baptisé tout jeune et que l’on s’est ensuite éloigné de l’Eglise.
Cette découverte de la foi se fait dans un accompagnement personnel et au cours de rencontres générales.
Responsables : Père Gaby GOULLIN et Jérémie
Diminuer la taille des caractères Augmenter la taille des caractères Imprimer la page
Accueil « La feuille paroissiale

La feuille paroissiale

Nous nous retrouverons à la rentrée de septembre pour de nouvelles homélies. Bonne vacances à tous les visiteurs du site.

RÉVEILLE TA VIE INTÉRIEURE (1 juillet 218)

La scène (Marc 5, 21-24, 35-43) se passe " au bord de la mer ". Voilà qu’arrive Jaïre, " un chef de la synagogue " qui se jette aux pieds de Jésus : " Ma jeune fille est à la dernière extrémité. Sauve-là, qu’elle vive ! " Transposons, la fille de Jaïre, c’est aussi notre " vie intérieure " ou encore ce que nous appelons notre " âme ". Après des mois d’activités, de responsabilités, d’engagements et aussi de stress…, nous avons tous besoin de vacances pour nous reposer mais aussi pour ’nous poser’ afin
d’être mieux présents à nous-mêmes, aux autres et à Dieu. Comment ? Avec Jaïre, suivons le merveilleux guide qu’est Jésus !

" Jésus part avec lui (avec moi) et la foule qui le suivait était si nombreuse qu’elle l’écrasait." Que l’on parte en vacances ou non, Jésus part avec nous. Et il invite à nous vider de la foule de visages, de rendez-vous et de rencontres qui nous ont collé au cœur et au ventre toute l’année… au risque de piétiner, voire d’écraser le Christ dans notre vie. Au risque de penser, comme certains voudraient nous le faire croire, que Dieu, Jésus, c’est du passé : "Ta fille, (ton âme) vient de mourir. A quoi bon déranger encore le Maître ? " : A quoi ça sert de prier ? A quoi bon prendre des responsabilités, personne ne bouge ? Aménage ta petite vie !…

Aujourd’hui, j’ai besoin de SILENCE pour laisser apaiser mon âme et la laisser s’entendre dire encore : " Ne crains pas, crois seulement." Invitation à retrouver mes racines profondes où respire une autre Présence. Temps privilégié où, dans le repos, je me retrouve face à moi-même, habité d’une Présence qui n’est pas moi… mais qui me fait ÊTRE MOI-MÊME. Jésus commande même de " ne laisse personne l’accompagner " sauf des tout-proches qui sont habités d’un même désir d’y croire. Mais même ici, la solitude de l’âme n’est pas garantie : " Jésus voit l’agitation et les pleurs… L’enfant (l’âme) n’est pas morte, elle dort." Une vie intérieure ne meurt pas comme ça. Il reste toujours un peu de braise sous la cendre.

Alors Jésus " met dehors " tout ce qui n’est pas nécessaire à vivre et " pénètre là où l’âme repose ". Là, dans le cœur à cœur avec Lui, Sa Voix chaude se fait puissante pour m’inviter à remobiliser mes forces intérieures. " Lève-toi, réveille-toi… " Puissions-nous, en ce temps de repos, ré-entendre cette invitation à réveiller notre vie Intérieure fatiguée pour la retrouver vivante et dynamique. Elle fait souffler un vent de fraîcheur en nous-mêmes et sur le monde.

Michel Retailleau

Le jour le plus long… un privilège donné à Jean Baptiste ? (24 juin 2018)

L’Église célèbre la naissance du Sauveur au solstice d’hiver et celle de Jean-Baptiste au solstice d’été. A ces deux fêtes, séparées l’une de l’autre par un intervalle de six mois, on peut donner un même titre : Noël d’hiver pour Jésus et Noël d’été pour Jean… Mais pourquoi célébrer la naissance de Jean-Baptiste ? La fête de tous les autres saints est célébrée le jour de leur mort, c’est-à-dire le jour de leur naissance au ciel, de leur naissance à la vie éternelle. Jean-Baptiste est le seul à qui est réservé cet honneur ; et cela dès le cinquième siècle.

Parce qu’il a été sanctifié dès le sein de sa mère Élisabeth, quand il tressaillit d’allégresse devant le Messie que portait en elle Marie. Le petit Jean de 6 mois était déjà en train de « rendre témoignage à la lumière afin que tous croient par lui » (Jean 1,7).

Ne sommes-nous pas chacune et chacun appelé à préparer le chemin du Seigneur ? Comment ? De deux manières. - Être « une voix qui crie dans le désert : préparez le chemin du Seigneur » (Isaïe 40,3). Notre vocation de baptisé, de consacré ou de prêtre est d’annoncer en mots et par toute notre vie notre raison de vivre : Jésus. Et aussi, appelés à SEMER sa Parole. A TEMOIGNER de son Amour. Sans vouloir en voir les fruits, sans chercher à en tirer une gloire ou un profit personnels. « Je ne suis pas chargée de vous le faire croire, mais de vous le dire », répliquait Bernadette Soubirous à ceux qui mettaient en doute son témoignage sur les apparitions de Lourdes…

Jean est le modèle du témoin de la Présence discrète de Dieu dans ce monde de bruit et de fureur. - Laisser Jésus grandir en nous. Il faut laisser disparaître notre "moi" un peu égocentrique pour laisser transparaître le Christ en nous. C’est la présence de Jésus en nous qui touche le cœur de nos frères. Rien d’autre. Et pour cela, il nous faut plonger dans les profondeurs de la prière pour devenir des hommes et de femmes qui réfléchissent à la lumière de Dieu.

Voici la Saint Jean d’été, la belle journée où crépitent les feux de joie ! « Et toi, petit enfant, on t’appellera prophète du Très-Haut, car tu marcheras devant le Seigneur pour lui préparer le chemin, …Telle est la tendresse du cœur de notre Dieu ; grâce à elle, du haut des cieux, un astre est venu nous visiter » (Luc 1, 77-78).
Jean Pierre MACON

BLÉ EN HERBE (17 juin 2018)

Voyez comme ils sont heureux et fiers, ces jeunes qui s’apprêtent à faire leur Profession de Foi ou leur 1ère Communion. La blancheur des aubes, symbole de la beauté lumineuse du Christ, solennise l’instant… Comme un avant-goût de Royaume de Dieu ! Sans doute, dans certains esprits pointent des réactions du genre : " C’est bien beau de croire à tout ça quand on est jeune ! Mais après, et avec tout ce qui se passe, où est Dieu ? On l’appelle, on lui crie mais il ne répond pas. Et on se met à douter. " L’Evangile du jour (Mc 4, 26-34) n’évacue pas ces questions mais il y répond autrement.

Dans sa parabole, Jésus rappelle que Dieu n’est pas passif dans son ciel. Il travaille comme un paysan qui " jette en terre la semence " divine dans le cœur de tout homme. A l’image du grain de blé enfoui en terre et qu’on ne voit pas mais qui devient peu à peu " de l’herbe, puis l’épi , puis du blé plein l’épi ", votre présence devant nous, manifeste que vous êtes le " blé en herbe" de Dieu. Vous êtes " blé en herbe " par votre jeune âge mais aussi " blé de la foi en herbe ". Vous êtes le Signe Vivant que la foi, semée en vous, pousse, grandit, germine !

La Profession de Foi et la Première Communion, c’est la Fête de votre croissance spirituelle. C’est la Fête de Dieu qui travaille dans le secret de vos cœurs, " nuit et jour ", sans même vous en rendre compte, au travers même de vos qualités et de vos défauts. Aujourd’hui, Dieu se réjouit de voir votre Confiance en son Fils Jésus porter déjà du fruit.

Nous, parents et éducateurs, interrogeons-nous face à ces jeunes ? De quoi ont-ils le plus besoin pour la croissance de cette "tige" de la foi qui grandit secrètement en eux ? Du Soleil de la Parole de Dieu et des Sacrements ! Est-on vraiment chrétien si on ne prend pas le temps de ruminer la Parole du Christ qui nous dit comment réussir sa vie en prenant soin de Dieu, des autres et aussi de soi-même ? Est-on vraiment chrétien si on ne vit pas en communauté de l’Eucharistie et du Sacrement du Pardon ? Ce qui favorise la montée de la sève spirituelle dans ces jeunes "pousses" qu’ils sont, c’est aussi la pluie de la Prière qui nourrit leur cœur. En s’éveillant au contact de Dieu, ils s’éveillent aussi au sens des autres.

Chers jeunes, en ce jour, vous nous rappelez que Dieu a semé les grains de son Royaume dans votre cœur de jeunes "pousses" vertes comme il l’a fait hier pour nous, les adultes. Le blé de la foi, de l’amour et de l’espérance ne demande qu’à grandir en vous comme en nous tous pour qu’il devienne un jour du " blé plein l’épi."… Voilà pourquoi, nous aussi, nous sommes heureux et fiers d’être à vos côtés, en ce jour... L’Aventure de la Foi ne fait que démarrer !
Michel Retailleau

VOICI MA MÈRE, VOICI MES FRÈRES… (10 juin 2018)

Par deux fois, Marc note que la Famille de Jésus « est dehors ». Cette expression « ceux du dehors » est habituelle dans l’Église dès les premiers siècles, pour désigner les « non-chrétiens ». La scène, où Marie et la famille de Jésus viennent pour l’empêcher d’accomplir sa mission, doit nous faire longuement méditer sur ce qu’est la foi. Celle de Marie, pas plus que la nôtre, n’est « toute faite » une fois pour toutes. La foi est une réalité toujours en évolution. Ce n’est pas dès le premier instant de l’Annonciation que Marie a compris qui était son fils. Luc, lui aussi, a noté que Marie, à certaines occasions, n’a « pas compris ». Comme, lorsqu’à 12 ans, Jésus est resté dans le Temple, « la maison de son Père ».

La famille de Jésus ne le reconnaissait plus depuis qu’il avait quitté sa vie cachée à Nazareth, pour devenir prédicateur ambulant. Sa famille savait parfaitement qu’il était mal vu des autorités, des scribes venus Jérusalem. « Il va nous faire attraper des histoires. Ramenons-le à la raison. Qu’il soit comme tout le monde. C’est folie de se distinguer ! »

Renversant les traditions religieuses tout en se réclamant de Dieu, Jésus ne pouvait qu’apparaître un "perturbateur". Il annonçait que Dieu était venu parmi eux. Il libérait des possédés, guérissait des malades, s’approchait des lépreux et osait même les toucher pour leur rendre la santé. Allant jusqu’à pardonner les péchés et manger chez des gens de mauvaise conduite. Il prenait des libertés avec l’observance du sabbat…

Au temps de Jésus, la famille était sacrée. Ici, Jésus opère une rupture et déclare qu’il existe une autre famille plus forte que celle du sang, celle de toute l’humanité. Jésus se distancie de sa propre famille avec une phrase choc : « Voici ma mère et mes frères… Celui qui fait la volonté de Dieu, celui-là est mon frère, ma sœur, ma mère. » Ajoutant même que cette invitation à une famille plus large aille jusqu’au pardon donné : « Amen, je vous le dis, Dieu pardonnera tout aux enfants des hommes, tous les péchés et les blasphèmes qu’ils auront faits. Mais si quelqu’un blasphème contre l’Esprit Saint, il n’obtiendra jamais le pardon. Il est coupable d’un péché pour toujours. » La miséricorde de Dieu est sans limite puisque, comme dit St Jean, " à ceux qui croient en son nom, il a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu » (Jn 1). Par sa mort et sa résurrection, Jésus, sans rejeter l’attention à notre famille de sang, fait de tous les êtres humains des frères et des sœurs. Nous avons besoin de l’Esprit Saint !

Jean Pierre MACON

PUR HASARD OU HEUREUSE COÏNCIDENCE ? (1/06/18)

La Sortie Paroissiale de ce samedi 2, et la Célébration du Corps et du Sang du Christ, ce dimanche 3, peuvent apparaître un pur hasard de date. Plutôt que de hasard, je préfère parler de coïncidence. Et même d’heureuse coïncidence ! Car les deux évènements, d’ordre différent, s’appellent l’un l’autre et s’éclairent l’un par l’autre.

D’abord, ces 2 rassemblements ont demandé des " préparatifs ", comme le dit l’Evangile de ce jour. A la question posée par les disciples " Où veux-tu que nous allions faire les préparatifs pour que tu manges la Pâque ? ", Jésus répond : " Allez à la ville… un homme viendra à votre rencontre, suivez-le… Dîtes au propriétaire : " Où est la salle où je pourrai célébrer la Pâque ? etc…" On est surpris par l’importance de ce qu’on serait tenté d’appeler des " détails " mais existe-t-il des préparatifs de rencontres importantes qui ne se réalisent sans accorder de l’importance aux " détails " ! L’équipe de préparation qui s’est « donnée du mal « pour que la Sortie à l’Haÿ-les-Roses soit une fête, le sait très bien.

Mais allons plus loin : en quoi la Fête du Corps et du Sang du Christ éclaire-t-elle notre Sortie Paroissiale ? Cette Fête nous dit que le Christ, lui aussi, « s’est donné du mal » pour habiter de sa Présence notre humanité. Ses paroles : "Ceci est mon Corps. Ceci est mon Sang « , Jésus ne cesse de les redire sur toutes nos rencontres, qu’elles soient extraordinaires ou ordinaires. Afin que sa Présence Réelle nous donne d’être nous-mêmes présents réellement aux autres et à Dieu en même temps qu’à nous-mêmes. Par là, nous devenons ensemble son Corps. Et son Sang peut couler dans nos veines, dans nos partages et nos décisions.

Sans doute, nous ne sommes pas des gens suffisamment intérieurs pour bien ’RÉALISER’ tout cela, tant c’est inouï ! Pourtant le fait de manger le Corps et de boire le Sang du Christ nous ouvrent RÉELLEMENT à sa Présence. Et l’Esprit Saint tisse mystérieusement sa toile de Communion avec Dieu et entre nous. Ainsi, nous devenons RÉELLEMENT un Peuple Nouveau : le Corps même du Christ à Clignancourt ! Et partout où nous vivons, dans nos immeubles, nos rues, nos terrains de sport, de travail ou d’école… c’est le Christ que nous " portons " RÉELLEMENT. Et cela, même avec nos misères et notre péché !

Ce que nous avons vécu hier, lors de la Sortie Paroissiale, mais aussi plus largement dans toutes les célébrations, activités ou services de Ste Hélène, nous fait goûter comme dit le pape François " le plaisir spirituel d’être un peuple ". Et ainsi, nous nous donnons les uns les autres quelque chose de la Force et de la Tendresse de Dieu, rendues RÉELLES dans l’Eucharistie où nous faisons « mémoire de Lui…. » Oui, heureuse coïncidence que ces 2 évènements d’hier et d’aujourd’hui !
Michel Retailleau

VOUS M’ÊTES DEVENUS CHERS, TOUS LES TROIS 27/05/18

" Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit." J’ai besoin maintenant de commencer ma prière matinale par ce rite qui, d’un coup, en très peu de mots, me place devant Toi, mon Dieu, qui es Trinité. Ça me permet de me mettre à ma place de créature devant Toi Créateur.

Mais, Seigneur, que cette Trinité est difficile à concevoir ! Et comme elle m’a posé problème ! Trois personnes, un seul Dieu. Pourquoi trois d’ailleurs, pourquoi pas quatre, cinq ou sept, chiffre parfait ? Pourquoi Dieu s’est-il limité à trois ? On m’avait appris que c’était un mystère et par définition, un mystère devait rester mystérieux… Un point c’est tout !

Je l’avais admis, mais pendant longtemps je n’ai pas cru utile de m’y appesantir. Je pourrais presque dire que ça ne m’intéressait pas beaucoup. Je savais que certains saints avaient médité ce mystère toute leur vie. Etonnant ! Qu’est-ce qu’ils avaient bien pu en faire ?

Quand j’entendais les commentaires de ceux qui étaient chargés de m’instruire sur cette question, leurs dires me paraissaient un peu tirés par les cheveux. Et puis, pourquoi les écouter ? Pourquoi chercher à comprendre ce qui était incompréhensible par nature ?
J’avais tout de même compris que Dieu, étant Amour, ne pouvait pas être une seule et Unique Personne : parce qu’avant la création, qui pouvait-il aimer s’il était tout seul ?

Naturellement, je me suis souvenue de cette Parole de Jésus : " Qui me voit, voit le Père et pour aller vers le Père, je suis le chemin." Et Toi Jésus, on T’a quand même vu, entendu, touché, on Te connaît… Grâce à tes évangélistes, pétris de ton enseignement et de ta Parole. Grâce aussi à tous ceux qui, depuis bientôt 2000 ans, lisent ces textes, les commentent, les prient, je peux moi aussi, peu à peu, les faire miens et Te connaître de mieux en mieux, et par là, connaître aussi le Père. Je me suis rendu compte d’ailleurs que depuis quelque temps, grâce à ton Fils qui a été un vrai chemin pour ça, je m’adressais à Toi, Père.

Mais le Saint Esprit ? Je craignais qu’il ne soit resté en rade. Certes Jésus en a parlé, il a promis de L’envoyer. Mais l’explosion, qui s’est produite à Jérusalem, ne se renouvelle plus. Alors comment être certain qu’Il intervient ? Saint Paul nous l’a bien appris : " c’est l’Esprit qui parle en nous quand nous disons : Abba Père." Personnellement, ça m’a permis d’avancer vers Toi dans la joie et la confiance. Aujourd’hui, que vous m’êtes devenus très chers tous les trois ! Avec une préférence pour m’adresser plus spécialement à l’un d’entre vous suivant les moments. Et c’est ça qui compte ! Tu ne crois pas, Seigneur ?

Jean Pierre MAÇON

Marchons sous la conduite de l’Esprit (20/05/2018)

Ce temps qui est le nôtre ne porte guère à l’espérance. Certes nous rencontrons des moments ou évènements qui nous réjouissent. Et nous repérons des signes de croissance ou d’ouverture qui nous réconfortent. Mais qu’est-ce tout cela au regard des nuages noirs qui s’accumulent dans les cieux nationaux ou internationaux ou des vents mauvais qui viennent soudain bouleverser nos vie personnelles ou familiales. Décidément l’Espérance ne semble pas de mise ! Et voilà qu’aujourd’hui, en cette fête de la Pentecôte, la liturgie nous invite à nous laisser porter par un nouveau Souffle, à renouveler en nos cœurs l’Espérance !

Depuis le mercredi des cendres, la liturgie nous a fait revivre ensemble les évènements qui ont mené Jésus, de sa Passion à sa Résurrection et jusqu’à son retour vers le Père. Nous avons essayé de mettre nos pas dans ceux du Christ,« Le Vivant » ! Et voilà que demain, brusquement, sans transition, et pour 6 mois, nous allons retrouver le « temps ordinaire » de la liturgie. Comme les premiers disciples, nous sommes de nouveau invités à expérimenter la véracité des paroles de Jésus et à mettre notre espérance en ses promesses, en sa Parole. Deux paroles de Jésus dans l’évangile peuvent nous éclairer :

« Quand viendra le Défenseur, l’Esprit de Vérité, il rendra témoignage en ma faveur et vous aussi vous rendrez témoignage. » Nous sommes invités à faire revenir à la mémoire, ces moments étonnants où l’Esprit nous a donné d’expérimenter Sa Présence et la Force de son action. Ces jours où il nous a permis de témoigner de tout ce que nous avons reçu « à la suite de Jésus ». Et ainsi, de renouveler notre confiance en sa présence et sa force.

« L’Esprit de vérité vous conduira dans la vérité toute entière… » Notre mission de témoins se présente comme un combat jamais achevé au milieu de tant de fausses ou partielles vérités. Paul, « comme témoin de Jésus et du Royaume » au milieu des païens, a expérimenté souvent dans la douleur que seul l’Esprit Saint pouvait le conduire sur le bon chemin et le maintenir fidèle à sa passion. Lui et tous ceux qui accueillaient sa parole. Aussi, dans un temps de crise profonde, Paul répète à ses frères Galates : « Laissez-vous conduire par l’Esprit », et il précise : « le chemin de l’Esprit est amour, paix, bonté, fidélité et maîtrise de soi. » N’est-ce pas aussi à nous qu’il adresse aujourd’hui le même appel. Alors, puisque l’Esprit fait Vivre, marchons sous la conduite de l’Esprit que Jésus nous envoie selon Sa Promesse. Il nous conduit à la plénitude.

Gaby GOULLIN

" DANS LE MONDE " sans " APPARTENIR AU MONDE " (13 mai 2018)

Il y a quelques années, un jeune qui venait de se convertir à l’Islam m’expliquait : " L’Islam m’enseigne ce qu’est le bien ou le mal… Jésus demande d’aimer. C’est bien, mais aimer, c’est vague. Ça n’est pas bien concret. " Il ne voyait dans l’Evangile qu’une morale à appliquer ! Bien plus qu’une morale, l’Evangile est une interrogation permanente : comment vivre la Bonne Nouvelle d’être aimé de Dieu dans ce monde tel qu’il est, avec le bon mais aussi le moins bon qu’il nous propose ? Autrement dit, pour reprendre les mots de Jésus, comment vivre " dans le monde " mais sans " appartenir au monde " ?

Y aurait-il une " guerre des mondes " ? Une guerre entre le monde de Dieu et le monde des
hommes ? Dans ce cas, les chrétiens devraient se retirer du monde où ils vivent et vivre entre eux, entre bien-pensants… Ou bien alors, il faudrait envisager la présence chrétienne au monde comme une croisade à mener derrière les " valeurs chrétiennes " contre celles du monde jugées mauvaises ? Mais pourrions-nous déserter ce monde alors que c’est Jésus lui-même qui a voulu l’habiter pour le sauver ? : " Père, dit Jésus, je ne demande pas que tu les retires du monde mais que tu les gardes du mauvais " !

En parlant de 2 "mondes", Jésus distingue en fait 2 réalités différentes. Quand il dit qu’Il nous a "envoyés dans le monde ", le " monde " ici, c’est le lieu où nous vivons, celui de nos relations habituelles, celui de 2018 avec ses problèmes mais aussi avec ses joies, ses beautés et ses attentes … Et quand il dit que les chrétiens ne doivent pas " appartenir au monde " ,il désigne ici tout ce qui, dans notre monde, est hostile à un Dieu d’amour, tout ce qui n’est que recherche égoïste de soi et fermeture du cœur humain.

Alors, comment vivre " dans le monde " sans " appartenir au monde " ? Les chrétiens sont des citoyens comme les autres mais dans ce monde, ils sont invités à ’discerner’ ce qui va ou non dans le sens de l’Evangile… Ainsi, défendre la vie, vouloir la fraternité et la paix face à l’individualisme et à la violence… Veiller à l’accueil des migrants, au respect de la nature, se soucier de la bioéthique quand l’humanité risque de s’enfermer sur elle-même…" A travers tout cela, " être dans le monde" sans "appartenir au monde", c’est transmettre la JOIE de vivre et d’aimer venant de Dieu : " qu’ils aient en eux ma Joie et qu’ils en soient comblés " !
Michel Retailleau

L’ESPRIT SAINT VEUT HABITER VOS VIES (6 mai 2018)

« Je ne suis qu’un homme moi aussi » : ces quelques mots nous disent l’incroyable que Dieu veut manifester dans nos vies. L’Apôtre Pierre, pêcheur anonyme du lac de Tibériade, connu pour ses grandes déclarations et ses petites lâchetés, mais aussi pour son désir de mieux connaitre et suivre Jésus, devient par la puissance de l’Esprit Saint le témoin infatigable de l’Amour de Dieu, risquant sa vie, sa réputation, son honneur. Il ose rencontrer des païens, des pécheurs, il ose quitter sa terre et sa sécurité, il ose tout parce qu’il a découvert de quel Amour il était aimé et comment cet Amour ouvre pour lui des horizons nouveaux.

Chers amis qui êtes confirmés aujourd’hui, la même invitation vous est faite aujourd’hui : ne pensez pas que l’Esprit Saint va faire de vous des héros et des hommes invincibles. Vous resterez des hommes, comme Pierre, comme tous ceux qui ont accepté de suivre Jésus depuis plus de 2000 ans. La Confirmation ne vous rendra ni plus intelligents, ni plus forts, ni plus beaux : elle accomplira un miracle encore plus grand !

Un miracle que vous n’espérez sans doute même pas : l’Esprit Saint, l’Amour de Dieu, veut venir habiter vos vies, toute votre vie. Ainsi il vous révèle que Dieu tient à vous, qu’Il a besoin de vous, qu’Il se confie à vous. Et que vous devenez dans le monde, pour vos amis, vos familles, vos proches et tous ceux que vous croiserez désormais, des porteurs de Dieu, des porteurs de son Amour.

Et cette mission vous transformera, jour après jour : car on ne peut recevoir en soi l’Amour de Dieu et le laisser vivre en soi, sans en être soi-même transformé, transfiguré. Vous n’êtes que des hommes, que des femmes, avec leurs faiblesses, leurs enthousiasmes et leurs lâchetés. C’est cela qui est magnifique : car de ces hommes et des ces femmes, le Seigneur choisit de faire les témoins de Son Amour et Il vous en rend capables, pourvu que vous lui disiez « oui » et que vous n’ayez pas peur de lui faire confiance.

Mgr BENOIST DE SINETY

Reliés au Christ 29 avril 2018

L’évangile de saint Jean aujourd’hui insiste sur la nécessité d’être reliés au Christ comme le sarment est relié à la vigne. Jésus se présente à nous comme "la vraie vigne". Il insiste sur le lien vital qui doit exister entre lui et son disciple. Nous savons qu’un sarment ne peut vivre s’il est coupé du cep de vigne. De même, un disciple qui ne demeure pas en Jésus ne peut rien faire. Il n’a aucune utilité. Mais s’il est bien relié à son Seigneur, il donnera beaucoup de fruits et en abondance.

Il y a un mot qui revient sept fois en quelques lignes, c’est le verbe « demeurer », au sens de « vivre avec ». Demeurez en moi, vivez avec moi. Il s’agit pour nous d’être vraiment attachés au Christ par la foi. Croire en lui, c’est une conversion de toute une vie, c’est une communion permanente. Paul nous le dit à sa manière : « Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi" (Ga 2, 20). »

Alors se pose la question : « Demeurer en Jésus, oui, mais comment ? » Comment pouvons-nous être sûrs de le rencontrer ? Cela ne se passe pas comme avec notre voisin de quartier. On ne rencontre pas Jésus en direct mais par des intermédiaires. Il nous faut trois chemins pour cela : celui de la Parole de Dieu, celui de la prière et des sacrements et celui de la rencontre avec les autres.

Le chemin de la Parole de Dieu : Pour demeurer dans le Christ, il nous faut demeurer dans sa Parole. Il faut se donner du temps pour l’accueillir. Nous devons nous interroger : nous donnons-nous du temps pour accueillir cette Parole ?

Le 2ème chemin, c’est celui de la prière et des sacrements. Pour demeurer en sa présence, il faut lui parler et l’écouter. C’est la prière fidèle, régulière et fréquente, pas seulement une "petite prière" de temps en temps. On s’entretient avec Jésus pour lui confier quelqu’un ou pour lui dire merci ou encore pour lui demander d’éclairer notre vie : Merci , Pardon, S’il te plait. La prière nous aide à maintenir l’évangile en état de marche dans notre vie. Et enfin, dans la prière, on "s’entre-tient", on se soutient les uns les autres. Les sacrements, en particulier l’Eucharistie, donnent de rester en communion avec Lui, le Christ.

Le 3ème chemin, c’est la rencontre avec les autres et l’attention que nous avons à leurs joies et à leurs peines : " Ce que vous faîtes à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous le faîtes " dit Jésus et cela nous aide donc à RESTER EN COMMUNION AVEC LUI.

Jean Pierre MAÇON

RASSEMBLER AVEC LUI (22 avril 2018)

Aujourd’hui, journée Mondiale de prière pour les Vocations tant sacerdotales que religieuses. Pourquoi sont-elles si nécessaires ? Parce que notre monde est plus que jamais un monde éclaté, divisé, souvent déboussolé. Et que nous ne manquons pas de nous interroger : quel homme et quel monde voulons-nous pour demain ? Or, l’Evangile du "Bon Pasteur" (Jean 10, 11-18), nous livre une vision pleine d’espérance : non plus un monde divisé, sans pilote mais un monde rassemblé par le Christ, marchant à sa suite dans la paix et la liberté.

Y aurait-il donc deux histoires séparées, superposées l’une à l’autre : celle des hommes et celle de Dieu ? Non, il n’y a pas deux mais une seule Histoire. C’est au cœur de notre vivre-ensemble fragile que le Christ est en travail de rassemblement de l’humanité. Et il attend des ’ouvriers’ qui, en Eglise, collaborent à ce rassemblement. Des ’ ouvriers ’ qui, comme Lui et avec Lui, vivent 2 passions en 1 : la passion de l’homme en même temps que la passion de Dieu. Les 2 réunies dans le service de l’Evangile. Et à la manière du seul Vrai Pasteur…

Jésus, l’Homme-Dieu ne cesse de rassembler par sa Voix :"Mes brebis écouteront ma Voix ». Dans notre monde, que de paroles et de promesses qui souvent ne " disent " plus rien car elles manquent de poids ! La Parole du Christ pèse parce qu’elle a une "autorité ». Elle rassemble parce qu’elle " parle vrai " en réveillant des énergies intérieures enfouies. Notre monde a besoin de familiers de la Parole de Dieu qui font descendre cette Parole sur terre !

Si Jésus attire tant, c’est parce que les gens qui l’écoutent, sentent qu’ils " comptent vraiment " pour lui. Il "connait ses brebis". Par toutes les fibres de son être d’Homme-Dieu, il vibre à leurs joies et leurs misères comme à leurs soifs cachées. Notre monde a besoin de femmes et d’hommes qui " portent l’odeur du troupeau " (François) et qui portent en même temps le Parfum de la Présence de Dieu dans un monde qui ne sait plus le respirer !

Jésus rassemble encore l’humanité parce qu’il " donne sa vie " gratuitement. Témoignant par là à quel point une" vie livrée " peut "donner vie". Aujourd’hui, notre monde attend des témoins qui, comme Lui, reçoivent le " pouvoir de donner la vie " et le "pouvoir de la recevoir de nouveau " en devenant père, frère, confident et guide de leurs frères tout à la fois ! Prions pour que le Christ trouve disponibles aujourd’hui des jeunes, des femmes et des hommes qui, même dans la faiblesse, réalisent ce beau Projet de Rassembler l’humanité !

Michel Retailleau

Témoins ….. Aujourd’hui. (15 avril 2018)

En ce fameux dimanche soir, les « Onze » et leurs amis, « les disciples de Jésus », sont tout bouleversés, remués par de nombreux sentiments qui se succèdent ou se mêlent. Luc nous parle de « frayeur… crainte mais aussi joie, … doutes ou étonnement… espoir et incompréhension. » Pas étonnant : depuis trois jours, ils vont de surprise en surprise. Après un repas si fraternel, c’est l’arrestation du Maître… et leur fuite désordonnée, leur lâcheté… puis la condamnation et la honteuse et injuste mise à mort. Fini, c’est fini de leurs rêves, de leur espoir pour eux et pour leur peuple… Mais autre « Surprise », encore plus incroyable… « certaines d’entre nous disent qu’Il est vivant » !!! Que de bouleversements !...
Mais ce n’est pas tout. En cette soirée mémorable, Il se fait présent au milieu d’eux et des deux compagnons d’Emmaüs. Il est là, c’est sûr, mais ils n’arrivent pas à comprendre, à se situer. C’est tellement bouleversant !
En final, vient la dernière surprise : à eux toujours dans le doute, l’obscurité, à eux si fragiles encore, Il dit : « Vous serez mes témoins »… Oui, témoins de tous ces évènements, à Jérusalem même d’où Il a été rejeté et jusqu’aux extrémités de la terre où les païens ne se soucient guère de Lui et de Son message. Comment cela se fera-t-il.

Expérience étonnante – mais aujourd’hui ne sommes-nous pas invités à entrer dans cette aventure bouleversante ?
« Jésus est le même hier, aujourd’hui et toujours » a proclamé Paul. N’est-ce pas LUI, Jésus qui aujourd’hui encore se fait présent à notre assemblée et nous dit à nous ses disciples « Cette Vie nouvelle que vous venez d’accueillir dans la joie, à vous d’en être les témoins aujourd’hui. » Dans ce 21 eme siècle… en ce temps de recherche, de tensions, de violences aussi… à N.D des Landes ou au Moyen Orient… aux 4 coins du monde… ou « chez nos voisins du quotidien. » Comme nous le rappelle le pape François dans sa dernière lettre « Gaudete et Exsultate »

Comment cela peut-il se faire aujourd’hui ? L’Évangile nous remet en mémoire le chemin privilégié que Jésus Lui-même a ouvert pour ses disciples…
-  « Marcher ensemble ». En partageant nos différentes expériences, Il se fera présent au milieu de nous selon Sa promesse : « Moi je serai avec vous jusqu’à la fin du monde ».
-  « En l’écoutant nous expliquer les Écritures », car c’est bien cette Parole de Dieu qui nous dévoile le sens de nos histoires personnelles et communautaires.
-  « En mettant nos pas dans Ses pas »… ainsi nos gestes et nos paroles témoignent de LUI. Nos échecs et notre mort même témoigneront de Celui qui a souffert, qui est mort et qui est Vivant ».
Promesse de vie pour tous.
Gaby GOULLIN

DEVENEZ L’ESPÉRANCE DES HOMMES (8 avril 2018)

En ce deuxième dimanche de Pâques, nous célébrons la DIVINE MISERICORDE, fête instituée par Jean-Paul II à l’occasion de la canonisation de Ste Faustine. Heureuse coïncidence : aujourd’hui notre communauté rassemblée reçoit en ses murs le groupe CVX " Communauté Vie Chrétienne", d’inspiration Ignatienne (jésuite) : le thème de leur rencontre est « Envoyé en compagnonnage ». OUI, nous sommes en communion et compagnonnage les uns avec les autres et tous ensemble, tournés à la fois vers Dieu et vers les autres.

La lecture des Actes des Apôtres nous montre des communautés chrétiennes qui ont accueilli cette Miséricorde du Seigneur. Leur rencontre avec Lui a totalement changé leur vie. Ils comprennent qu’ils sont appelés à devenir une communauté de partage, de prière et de découverte de Dieu. Il s’agit pour nous encore de créer des formes de fraternité et de solidarité. Par notre vie et nos actes, nous avons à annoncer le Royaume que Dieu veut susciter en répandant son Esprit d’amour. Cette Miséricorde dont nous bénéficions est offerte à tous les hommes du monde entier.

Avec St Jean, nous sommes ramenés au cœur de la foi au Christ. La foi renouvelle radicalement notre vision du monde. Elle nous fait tout " voir" à la lumière de cet amour qui s’est manifesté en Jésus. C’est en regardant sa croix que nous commençons à comprendre. Ce monde que Dieu a tant aimé, nous devons l’aimer nous aussi. Si nous aimons Dieu, nous sommes invités à sortir de nous-mêmes et à aller vers nos frères. C’est un combat de tous les jours.

Dans l’Évangile, c’est toujours avec beaucoup de Miséricorde que Jésus rejoint ses disciples pour les libérer de la peur. Il les trouve calfeutrés, verrouillés, enfermés à double tour. Ils s’attendent maintenant à subir le même sort que leur Maître. Ils cherchent donc à se faire oublier.
Pour nous aussi, la tentation est grande à certains jours, de nous replier dans des petits cocons chaleureux et de ne rester qu’entre nous.

Mais en ces jours de Pâques, le Christ vient nous libérer de cette peur. Il invite ses apôtres à sortir et à partir en mission : "Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie." Ses premières paroles sont une invitation à la confiance et à la paix. Cette paix qui vient du Christ, le chrétien en est porteur pour ses frères. Devenez l’espérance des hommes !

Jean Pierre MAÇON

POUR QUE NOS VIES FLEURISSENT ! (1 avril 2018)

" Tout ce que je fais, j’ai envie que ça fleurisse !" disait l’une d’entre nous au partage d’Evangile de Carême. Les 3 femmes de l’Evangile, Marie-Madeleine, Marie et Salomé qui, au petit matin, s’en vont au tombeau embaumer le corps de Jésus se disaient sans doute quelque chose d’assez semblable. Mais voilà qu’avec la mort de Jésus, une lourde tristesse s’est abattue sur elles : Jésus mort, les promesses d’une vie fleurie sont mortes. Pourtant, elles s’avancent, comme aimantées par un fol espoir, tout en se demandant : " Qui nous roulera la pierre pour dégager l’entrée du tombeau ? " Et là, l’étonnement surgit, inespéré, " on a roulé la pierre." Et " un jeune homme vêtu de blanc " leur dit : " Vous cherchez Jésus de Nazareth, le Crucifié ? Il est ressuscité." Le mystère de la Résurrection est là : nos tombeaux de pierre ou de chair ne peuvent emprisonner la vie car " le Crucifié, il est vraiment Ressuscité."

Le Ressuscité, c’est celui-là même qui a été mis en croix. Jésus demeure à jamais "ET Crucifié ET Ressuscité". Et l’un ET l’autre. Immense source d’Espérance ! Car il y a dans nos vies des croix, des épreuves, qui nous abattent un temps mais qui, si on les vit dans la confiance au Ressuscité, ne peuvent nous terrasser totalement. Ces ’ croix ’ vont apparaître alors, après coup, comme des ’pâques’ pour rencontrer un Dieu de paix plus proche et vivre une vie plus vraie avec les autres : " A 33 ans, disait quelqu’un au même partage d’Evangile, j’ai quitté la foi pour des raisons personnelles. Mais après coup, je ne le regrette pas, je n’ai pas perdu mon temps. Grâce au doute que j’ai traversé, j’ai découvert peu à peu combien Dieu m’habitait et que la vie, c’est d’abord ce qu’on donne." Expérience de mort et de résurrection parmi bien d’autres ! Un " Passage " s’ouvre pour redonner Vie plus belle, plus profonde à ce qui paraissait mort !

Une Puissance divine agit secrètement dans nos épreuves, nos plaintes et blessures de toutes sortes. Avec Jésus," Crucifié Et Ressuscité ", l’Esprit de Dieu s’invite pour soigner et guérir ce qui est fêlé, brisé, crucifié. Pas seulement en nous mais aussi dans la vie du monde. Nos croix et celles de l’humanité, mystérieusement, sont rejointes par cette Puissance de Résurrection qui propose de nous " relever " comme Jésus. Pâques, Nouveau Printemps du monde car Dieu a "envie" que nos croix "fleurissent " en bourgeons de Vie !
Michel Retailleau

UNE SEMAINE A CÉLÉBRER ! 25 mars 2018

La Semaine Sainte nous met en route, à la suite du Christ. Elle nous invite à célébrer sa mémoire, depuis son entrée triomphale dans Jérusalem jusqu’à sa Résurrection, en passant par la Cène, la Passion et la mort. Et La Résurrection du Christ célébrée au cours de la Veillée Pascale nous fait entrer dans le Mystère d’une Vie nouvelle donnée pour un monde et un homme nouveaux… Vie que le Christ nous offre par le don de sa propre vie.

La Semaine Sainte commence par une marche, celle de la procession des RAMEAUX. A la suite d’Abraham quittant son pays, de Moïse conduisant le peuple vers la Terre Promise, des Apôtres et des femmes de Jérusalem suivant Jésus, nous nous mettons en marche. Suivre Dieu suppose de quitter quelque chose, de rendre son cœur disponible à une Parole de Dieu qui veut créer du Neuf.

Le JEUDI SAINT nous rappelle Jésus prenant son dernier repas avec ses disciples. La convivialité fraternelle du repas eucharistique est signifiée par une grande et belle table qui traverse l’église. L’eucharistie particulièrement soignée en ce jour, unit étroitement la présence du Christ avec le service des frères. Par l’institution de l’eucharistie et le geste du lavement des pieds, le Christ nous dit qu’ " il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime." Puis, par un temps d’adoration, nous accompagnons le Christ pour veiller avec lui dans la prière.

Le VENDREDI SAINT, le silence marque l’entrée de la célébration de la Passion du Seigneur : quand la mort vient nous frapper, nous le savons bien, les mots sont insuffisants et paraissent bien dérisoires. Mais dans le silence, nous contemplons la Parole de Dieu "faite chair" dans le corps crucifié de Jésus. Plus que les mots de Jésus au cours de sa Passion, l’offrande de sa vie exprime le Projet du Père : mettre fin à la haine et à la violence des hommes, pour que la vie et l’amour l’emportent sur cette terre.

Le SAMEDI SAINT est le jour de l’absence, de la méditation mais aussi de l’espérance. Car, à la tombée de la nuit, la communauté se réunit joyeusement pour la VEILLEE PASCALE. La Lumière nouvelle de la Résurrection du Christ, symbolisée dans le cierge pascal, conduit les chrétiens avec les nouveaux baptisés à célébrer la Résurrection du Christ. Le dimanche de PÂQUES, premier jour de la semaine, est jour de création et de recréation. Les chrétiens sont faits " créatures nouvelles" dans le Christ et invités à la Mission. Désormais, l’Esprit du Ressuscité est à l’œuvre avec nous, au cœur de ce monde !

Michel Retailleau

LE CHRIST, UN GERME ET NON UN OGM (18 mars 2018)

Pas un seul jour où l’on ne parle d’ ’alliances’ : tant au niveau politique, militaire, sportif, syndical, économique … qu’affectif, pour les couples qui se passent l’ ’alliance’ au doigt. La vie du monde est faite d’une multitude d’alliances nouées, rompues, relancées. Mais on risque d’en oublier une, invisible : l’Alliance que Dieu veut faire, refaire... encore et toujours avec l’humanité et chacun de nous. Le Dieu de la Bible est un amoureux qui nous promet présence et assistance dans les moments heureux comme dans les épreuves. A la différence de l’homme, Dieu ne renie jamais sa Promesse d’être à nos côtés quels que soient nos refus. Son Désir le plus fort, c’est de réussir à toucher enfin notre cœur, comme l’exprime le prophète Jérémie dans la 1ère lecture : " Voici quelle sera l’alliance que je conclurai avec Israël : je mettrai ma Loi au plus profond d’eux-mêmes ; je l’inscrirai sur leur cœur."

Cette Alliance a désormais un Visage, celui de Jésus de Nazareth, venu sceller une " Alliance Nouvelle et Eternelle " dans son Sang " versé pour la multitude" des hommes. En lui, Dieu s’est Allié totalement avec nous pour faire de nous des vivants et non des morts, des êtres libres et non des esclaves. Incroyable mais vrai : en Jésus, Dieu est venu tisser notre belle mais fragile humanité avec les fils de sa divinité ! Cette Alliance est un alliage fort où la Puissance de Dieu rejoint notre existence pour la soulever et nous faire vivre à une autre hauteur et profondeur. " Nous voudrions voir Jésus. ! " demandent les Grecs dans l’Evangile du jour. On ne peut être véritablement chrétien si l’on n’a pas le goût de " voir Jésus" !

Parce qu’en admirant la beauté, la bonté et la vérité de sa Personne si lumineuse, nous découvrons ce qui se passe quand un homme se lie et s’allie avec Dieu. Il n’existe que pour Aimer ! Le Christ n’est pas un homme ’OGM’ venu améliorer comme par enchantement nos capacités humaines mais un Germe qui vient planter le divin au cœur de l’humain. Pour libérer peu à peu notre existence de l’enfer-mement de notre ’ moi ’ égoïste et nous donner le goût de Vivre à la si belle manière de Jésus : " Si le grain tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit." Par le baptême, ce Germe a été mystérieusement mêlé à notre chair. Mystère d’une Alliance que Pâques vient dévoiler !

Michel RETAILLEAU

SAUVES PAR L’AMOUR (11 mars 2018)

Dans les lectures de ce dimanche, nous trouvons plusieurs fois le mot "sauvés". Dieu ne cesse de vouloir nous sauver. Il nous appelle inlassablement à revenir vers lui de tout notre cœur : "Convertissez-vous et croyez à la bonne nouvelle." Notre Dieu ne veut pas la mort du pécheur mais qu’il se convertisse et qu’il vive. Voilà cet appel que nous sommes invités à accueillir. Dieu est amour ; Il n’a jamais cessé de nous aimer.
C’est aussi cette révélation que nous trouvons dans la lettre de saint Paul aux Éphésiens : "Dieu est riche en miséricorde : à cause du grand amour dont il nous a aimés, nous qui étions esclaves par suite de nos fautes, il nous a donné la vie dans le Christ." C’est la Bonne Nouvelle qui nous est annoncée tout au long de ce Carême : Dieu est amour ; il nous aime tous d’un amour passionné. Tout ce qui nous arrive par le Christ vient de cette Miséricorde de Dieu ; cela ne vient pas de nous ni de nos actes. Saint Paul qui a rencontré le Christ sur le chemin de Damas sait de quoi il parle. Il sait ce qu’est la vie renouvelée par l’amour.
Aujourd’hui, saint Jean nous invite à lever les yeux vers un signe. Il nous parle de Jésus "élevé" en croix comme le serpent de bronze avait été "élevé" par Moïse sur le peuple. Celui qui tournait les yeux vers le serpent élevé était guéri. Il n’était pas guéri par l’objet lui-même mais par Dieu Sauveur de tous les hommes.
Il nous faut le dire et le redire : jamais nos péchés ne seront plus grands que cet Amour-là. C’est une certitude inébranlable de l’Église : nous sommes sauvés par ce Jésus qui a livré son Corps et versé son sang sur une croix. Jamais aucune faute ne pourra venir à bout de cet amour. Pour ceux qui savent regarder, la croix est un signe de salut et non de condamnation. Malheureusement, nous regardons trop souvent ailleurs. Quand nous organisons notre vie en dehors de Dieu, c’est la catastrophe, le naufrage.
Tout au long de ce Carême et tout au long de notre vie, nous sommes donc invités à lever les yeux vers la Croix du Christ. Par sa mort et sa résurrection, le Christ Jésus nous fait passer vers la vraie Lumière. Avec lui, nous pourrons faire un pas de plus. Il nous invite à regarder le monde avec lui et comme lui. Par sa croix, il guérit les blessures du monde. Il est la Lumière plus forte que la nuit, l’Amour plus fort que la mort. Alors oui, levons les yeux, élevons nos cœurs ! Profitons de ces derniers jours du Carême pour ouvrir les yeux sur la Vérité et renaître à la Lumière de la Vie.

Jean Pierre MAÇON

« Toujours plus » (4 mars 2018)

« L’amour, c’est plus qu’hier… mais moins que demain. » Ce dicton qu’aiment à se dire les amoureux est vrai pour l’Alliance que Dieu a voulue et veut toujours avec ses créatures… « Toujours plus ».

A première vue, cela ne semble guère conforme à la réalité : les forces du mal semblent de plus en plus triomphantes dans notre monde. Pas seulement en Syrie ou au Yémen, pas seulement aux jours de grand froid où des frères et sœurs meurent dans la rue… nous le constatons aussi quand nous regardons avec honnêteté notre propre histoire. Ce temps de Carême nous invite à cette lucidité :
« oui nous sommes pécheurs et les forces du mal ont aussi des racines profondes en nous. »
Accompagnant les catéchumènes que Dieu a appelés pour avancer vers lui et vers la vraie vie, la liturgie d’aujourd’hui, une nouvelle fois, veut nous conduire sur un chemin d’espérance :
« Dieu nous appelle à vivre » à travers nos combats pour la vérité et la liberté. « Et toujours plus ».

Au départ -et c’est la 1ere lecture- à ce peuple sorti à peine de l’esclavage et de ses conséquences négatives, Dieu donne sa loi : « Les dix commandements ». Pour qu’il apprenne à vivre en présence de Dieu, son Créateur, la Source de la vie. « Tu n’auras pas d’autres dieux en face de moi. » Et tous doivent apprendre à rejeter le mal : le vol, le mensonge, le meurtre, la trahison etc.… et laisser grandir en eux le respect de la vie, de ses parents, de ceux qui travaillent à leur service, de Dieu lui-même. Long apprentissage d’une vie meilleure « selon le désir du Créateur, du Père »symbolisée par la loi donnée à Moïse. Celle-ci repose au cœur du Temple : « Paroles de la vie éternelle. »
Cette vie éternelle est « toujours plus ». Nous le voyons dans cet évènement étonnant de la Purification du Temple. Jésus, rempli de l’amour du Père pour tous, vient rendre au Temple sa vraie mission. Il n’est pas fait pour « le commerce » des humains, fermés sur leurs intérêts égoïstes, mais il est donné comme lieu où tous peuvent se retrouver en présence de Celui qui les appelle à la vie. Cette vie est bien plus qu’un certain nombre de jours vécus dans la richesse ou le confort matériel… car cette vie triomphe de toutes formes du mal et traverse même la rupture de la mort. « Détruisez ce sanctuaire et en trois jours je le relèverai ». Jésus parlait du sanctuaire de son corps. En Jésus, le Père nous appelle sans cesse et toujours plus à la fraternité universelle et à la communion avec Lui. C’est là notre vraie dignité.

Alors, aujourd’hui, en ce 3eme dimanche de notre marche vers Pâques, en ce jour où nous accompagnons notre sœur Orlanne dans sa marche vers le baptême, union à Jésus Christ mort et ressuscité, nous sommes invités à renouveler notre « oui » à l’Écriture et à la Parole que l’Esprit fait retentir dans nos cœurs. « Dieu aime tellement le monde qu’Il nous donne son Fils unique pour nous conduire ensemble jusqu’à Lui. »
Suivons-le. Toujours plus !
Gaby Goullin

LA TRANSFIGURATION OU LA VIE RÉUSSIE (25 février 2018)

Lors de la dernière rencontre, un des jeunes confirmands disait son inquiétude : " J’ai peur d’échouer. Peur de ne pas réussir ma vie" … On le sait, " réussir DANS LA vie ", ce n’est pas obligatoirement " réussir SA vie ". C’est même assez souvent le contraire. " On peut " réussir dans la vie " aux plans professionnel, social, financier…, mais sans parvenir à " réussir Sa vie ". Car " réussir Sa vie ", c’est chercher à vivre d’abord en accord avec ses convictions et ses valeurs profondes, avec la vision de celle ou celui que l’on veut devenir… Le récit de la Transfiguration, en ce 2ème dimanche de Carême, nous laisse entrevoir ce paradoxe. Pierre, Jacques et Jean sont encore sous le coup de la 1ère annonce de la Passion : Jésus leur a dit qu’il allait " beaucoup souffrir et être tué ". Pour eux, c’est l’échec de son Aventure : Il va être arrêté, jugé, crucifié. Bref, en matière de réussite "dans la vie", c’est raté !

Mais voilà que " 6 jours après, à l’écart sur une haute montagne ", ils vont faire une découverte bouleversante : si, apparemment, Jésus n’a pas réussi " dans la vie ", puisqu’il va vers une mort certaine, en fait il a REUSSI SA Vie ! Lui qu’ils voyaient déjà " dé-figuré " par la mort en croix, voilà qu’ils le découvrent " trans-figuré ", traversé par la Gloire de Dieu. En voyant son visage et ses vêtements irradiés de lumière, lui qui semblait abandonné de Dieu même, voilà qu’ils le découvrent pleinement habité par Sa Présence : " Tu es mon Fils bien-aimé." Il a tellement " réussi Sa vie "avec Dieu qu’il est La Réussite même de Dieu ! Il a réussi la Vocation que son Père lui avait donnée, comme le laisse deviner son dialogue avec Moïse et Elie. Si ceux-ci représentaient " la Loi et les Prophètes ", voici que Jésus vient les relayer pour accomplir, par sa mort et sa résurrection, une Nouvelle Alliance avec l’humanité.

Que retenir de cette Transfiguration ? D’abord, que connaître Jésus ne va pas servir à grand-chose si on ne voit en lui qu’un exemple pour " réussir dans la vie." Mais si l’on cherche à " réussir Sa vie " - et cela est vrai à tout âge -, aimer Jésus et se laisser aimer par lui sont un puissant levier pour soulever nos énergies intérieures et puiser la Vie à sa Source Divine. St Paul le dit : " Comment Dieu pourrait-il, avec Jésus, ne pas nous donner tout ? " La trace de Lumière, qu’il a laissée au Thabor et à sa résurrection, nous dit de quelle manière on peut réussir pleinement Sa vie… En réussissant sa relation avec soi-même, avec les autres et avec Dieu. Que ce temps de Carême, par le silence et la prière, nous emmène au ’ désert intérieur ’ pour résister aux mirages de la société qui nous fait croire que " réussir dans la vie", c’est obligatoirement " réussir sa vie ". Ne sommes-nous pas les " héritiers du Christ " qui fut par excellence La VIE REUSSIE en Dieu alors même qu’il eut à passer par la croix !

Michel Retailleau

PEUPLE EN ALLIANCE 18/02/18

Nous voici entrés dans le temps du Carême. Quarante jours pour nous préparer à la grande fête de Pâques.

Le Carême n’est pas d’abord un temps de pénitence et de privation. Bien au contraire, c’est le temps pour faire un choix. Choisir le seul vrai trésor : « Laisser Dieu venir HABITER notre vie ».
Le Carême est bien ce temps de la conversion ; un temps pour revenir à Dieu et lui redonner toute sa place dans notre vie. Nos appareils, nos voitures ont besoin d’une maintenance, d’une mise à jour. Il en est de même pour notre foi. Comme toute relation d’amour et d’amitié, elle a besoin d’entretien.

C’est Dieu qui en a l’initiative ; Il le fait sans condition, par pure gratuité. Il promet une fidélité indéfectible à ses alliés humains, même s’ils sont infidèles. Comme signe de cette Alliance, Dieu donne à Noé le signe de l’arc en ciel. Vivre le Carême c’est vivre sous cet arc qui nous mènera jusqu’à Pâques. Notre Dieu sera toujours là pour nous accompagner, pour nous prendre par la main et marcher avec nous. Il nous aide à discerner ce qu’il y a de positif dans nos vies, même si nous vivons des situations de trahison. Jamais Il ne nous fermera les bras. Nous pouvons toujours compter sur son amour.
Désormais, c’est l’eau du baptême qui nous sauve. Nous sommes tirés de ce qui nous menait vers la mort et conduits vers Dieu. C’est Lui qui fait Alliance avec nous et qui nous invite à marcher avec Lui.

Vivre le Carême c’est suivre Jésus à travers le désert. C’est là, dans le silence, que nous pourrons écouter la voix de Dieu. Dans le bruit et la confusion, ce n’est pas possible : on n’y entend que des voix superficielles. Quand nous lisons la Parole de Dieu, c’est Jésus qui est là, c’est Lui qui nous parle. C’est avec Lui que nous pourrons être victorieux de toutes les forces du mal.
Annoncer la Bonne Nouvelle, c’est dire que le Règne de Dieu est en train de commencer d’abord en nous et pour le monde. Ainsi le Projet de Dieu est en train de se réaliser.
Au travers de notre vie et de notre témoignage de foi, on doit pouvoir reconnaître que "le Règne de Dieu s’est approché." En ce jour, nous nous tournons vers la Vierge Marie qui a été un modèle de docilité à l’Esprit Saint. Qu’elle nous aide à nous laisser conduire par Lui. C’est avec Jésus et avec Marie que nous sommes en route vers la victoire de Pâques.

Jean Pierre MAÇON

UN SACREMENT DE FOI POUR LA VIE… (11/02/18)

La vie se charge de nous l’enseigner : que nos santés soient bonnes ou précaires, nous savons que nos corps et nos psychismes sont infiniment vulnérables. Et pourtant, même à travers les temps de lutte, de révolte ou de doute, nous nous reconnaissons habités par un désir de vivre qui, à certains moments, nous rend capable d’une étonnante résistance. Le Christ vient nous rejoindre là, à la jointure de cette fragilité et de cette aspiration à vivre. Vécu en ce jour, le Sacrement des Malades en est un signe puissant !

Il est d’abord une Invitation à Vivre que fait le Christ en Personne ! Parce que, sur les routes de Palestine, Jésus a guéri des malades, des infirmes, des possédés… et plus encore parce qu’il est mort et ressuscité d’entre les morts, ce sacrement est une proposition de Vie. Le Christ n’a pas voulu être un "faiseur de miracle" mais un Éveilleur et un Réveilleur d’Energie. En ce sens, le sacrement des malades est un geste fort où le Christ communique sa Puissance de Vie, nous rappelant que le malade, avant d’être un malade, est d’abord un frère ou une sœur, appelé à la vie. Dans nos fragilités ce sacrement est une force. Dans nos doutes, une lumière. Dans nos révoltes, une paix.

Aussi, précédée dans la célébration par l’imposition des mains, l’onction d’huile que le prêtre trace sur le front et les mains du malade signifie que c’est sa personne tout entière (corps, esprit, âme) qui est invitée à accueillir « la visite » du Christ. La présence de la communauté renforce le sens de cette "visite", manifestant combien Il se fait proche de chacun, et nous invite à l’accueillir avec foi pour entendre sa voix nous dire : « Va en paix. Ta foi t’a sauvé. »

Car, qu’ils vivent dans la maladie, la faiblesse, le handicap ou l’âge avancé… … le sacrement que nos frères et sœurs reçoivent en ce jour est aussi un appel à l’Esprit Saint. Pour qu’il « forme le Christ » en eux et qu’Il les envoie en mission au travers même de leur état affaibli. Fragilisés, ils n’en demeurent pas moins les membres vivants de la communauté chrétienne, rendus témoins de la Présence du Christ qui n’abandonne jamais les siens. Par là, ils sont envoyés annoncer, par leur vie, leur parole, leur prière, combien Dieu rejoint chacun jusque dans l’épreuve et la souffrance. Le « Corps du Christ » que nous sommes est formé mystérieusement des « souffrants » comme des « bien portants ». Et l’Esprit Saint nous invite à ne jamais l’oublier.

Michel RETAILLEAU et le Service Évangélique des Malades

MANIÈRE DE GUÉRIR PEU MÉDICALE (4/02/18)

( Marc 1, 29-39)

Le début du ministère de Jésus en Galilée a vu se lever une immense attente chez les malades de corps ou d’esprit. Jésus attire à lui, comme un aimant, handicapés, possédés et toutes sortes de blessés de la vie : " La ville entière se pressait à la porte " dit l’Evangile. La misère du monde était comme rassemblée et concentrée sous son regard. Mais Jésus n’est pas un charlatan qui épate la galerie. Peu de détails nous sont donnés dans ces guérisons comme on le voit dans le récit très sobre de la guérison de la belle-mère de Simon : « Jésus s’approche d’elle, la prend par la main et il la fait lever. » Ces 3 verbes disent presque tout de la manière de guérir de Jésus, à vrai dire très peu médicale ! Observons…

Jésus " s’approche ". Il se rend tellement proche des malades ou possédés que sa familiarité avec toutes les détresses physiques, psychiques, morales, spirituelles… étonne. Il les fait tellement siennes dans ses ’ entrailles’ d’Homme-Dieu qu’en en le voyant si habité de la de la Bonté de Dieu, ils se sentent déjà enveloppés de la Tendresse divine.

Jésus " prend la main " ou la partie malade. Ce faisant, il touche non pas ’la’ maladie, mais des personnes concrètes : jeunes, hommes ou femmes fragilisés. Un souffrant ne se réduit pas à sa maladie. C’est un être humain qui est " plus " que sa souffrance ou son handicap. En rejoignant ainsi les malades au creux même de leur mal, de leur épuisement ou de leur fatigue, c’est leur envie profonde de vivre que Jésus touche… C’est leur désir de vivre qu’il éveille… C’est l’invitation à faire confiance à la Bonté et à la Puissance de Dieu qu’il réveille.

Jésus " fait lever "… Dans le Nouveau Testament, « lever » veut dire aussi « ressusciter ». Dit autrement, il remet debout, il relie de nouveau le malade à la Vie, aux autres, au Vivant et le met en état de " servir " : l’évangile nous dit que la femme « n’avait plus de fièvre, et elle les servait. » Les paroles et les gestes de Jésus suscitent des énergies enfouies. Et là, s’opère le miracle de la guérison intérieure et extérieure. Pas étonnant alors que le Christ ajoute souvent : " Non pas, " Je t’ai sauvé ". mais " TA foi t’a sauvé." Autrement dit : " C’est TA foi en la Bonté de Dieu, que j’ai réveillée et qui t’a sauvé ". La guérison devient alors une remise de la personne à Dieu dans la " prière " : " il se rendit dans un désert et là, il priait."

Jésus guérit les corps et les esprits en guérissant les cœurs, en se tournant, par la prière, vers la Présence Divine qui habite tout être humain. Dimanche prochain aussi, des frères et sœurs recevront le Sacrement des Malades. Autant de ’signes’ que la Puissance du Salut de Dieu est toujours à l’œuvre !
Michel Retailleau

Jésus, « la voix du Seigneur » 28 janvier 2018

Aujourd’hui nous accompagnons Orlanne dans la route vers son baptême à Pâques. « Comment Dieu s’est-il manifesté à elle ? Comment lui a-t-il parlé ? » … pour qu’elle se décide à se mettre en route et à donner temps et force pour mieux comprendre sa voix et suivre sa lumière.
Questions essentielles pour Orlanne tout au long de ce chemin et même après son baptême.
Mais questions essentielles aussi pour nous « Vieux chrétiens », pour vivre pleinement ce don reçu au jour de notre baptême, et y rester fidèle… surtout dans les jours, les mois et même peut être les années de doute ou d’obscurité.
Aussi le Psalmiste nous redit une nouvelle fois : « Aujourd’hui ne fermez pas votre cœur, mais écoutez la voix du Seigneur. »
Quelle est cette « voix du Seigneur » ?
Dans la multiplicité des « voix » qui s’élèvent aujourd’hui, comment reconnaître « la voix du Seigneur » ? Question difficile d’aujourd’hui. Question de toujours.

Déjà, au temps de Moïse, le peuple d’Israël est effrayé par les manifestations extraordinaires de son Dieu : à la mer rouge, au Sinaï… et il supplie de lui parler « autrement », d’une façon qui corresponde mieux à sa culture, à sa nature humaine. Et Dieu se montre d’accord et promet à Moïse d’envoyer un prophète selon leur désir : « Je ferai lever au milieu de leurs frères un prophète comme toi » c’est-à-dire un prophète plus humain.
Alors dès le début de son récit de la Bonne Nouvelle du salut, Marc nous fait comprendre que Dieu réalise sa promesse en Jésus. Dans la synagogue de Capharnaüm, c’est un possédé qui proclame en le voyant : « Tu es Jésus de Nazareth » et « Tu es le saint de Dieu ». Voilà tout l’Évangile, la Bonne Nouvelle, la « Voix de Dieu ».
« Jésus de Nazareth » vrai homme au milieu de ses frères, car il partage pleinement leur vie : famille, travail, joies et souffrances ; il marche sur leurs chemins, parle leur langue… et n’échappe pas à la mort.
Jésus, « Saint de Dieu » le Fils Bien Aimé qui donne un enseignement nouveau, car avec l’autorité de Dieu, son Père.
En sa présence, nous sommes invités à choisir, « à recommencer », comme nous avons chanté : « Tout recommence en Jésus-Christ. Prenons la route qui nous mène à Lui ». C’est Lui la réalisation de la promesse de Dieu à Moïse : « le prophète au milieu de ses frères ».
C’est Lui que nous devons suivre « sans hésitation et sans partage » comme Paul y invite ses amis de Corinthe. « Sans hésitation » puisqu’il parle notre langue, il révèle notre vie… « Sans partage »… puisqu’il nous révèle le projet d’amour de son Père.

Alors avec Orlanne, et tous ceux qui seront baptisés à Pâques, « ne fermons pas notre cœur. Écoutons aujourd’hui la voix du Père, en son Fils Jésus-Christ ».
Gaby GOULLIN

LA BONNE NOUVELLE POUR TOUS (21/01/2018)

Pour embraser le monde, Jésus fait Appel à des hommes et des femmes. L’Évangile nous raconte la vocation des premiers apôtres. Il ne les choisit pas parmi les notables du temple mais parmi de simples pécheurs. C’est le début d’un grand amour. Ils vont accueillir la Bonne Nouvelle et toute leur vie en sera transformée.
Comme ces apôtres, comme Paul et comme Jonas, nous sommes tous appelés par le Seigneur. En tant que chrétiens baptisés et confirmés, nous sommes envoyés pour être témoins et messagers de l’Évangile. Tout commence par une conversion de chaque jour. Tout au long des siècles, les grands témoins de la foi ont été des pécheurs pardonnés. Pensons à Pierre qui a renié le Christ, Paul qui a persécuté les chrétiens, Saint Augustin qui a vécu une partie de sa vie dans le désordre et bien d’autres. Étant libérés de toute entrave intérieure, ils ont proclamé la Joyeuse Nouvelle. Ils l’ont annoncée à l’humanité. Ils ont compris que notre Dieu est un Dieu Libérateur et Sauveur. C’est de cela qu’ils ont témoigné. C’est ce que nous avons vécu dimanche dernier.
Cette mission comporte des risques et nous le savons trop bien. La Bonne Nouvelle doit être annoncée à tous car Dieu veut le Salut de tous les hommes. Face à l’incroyance, la mal-croyance ou l’indifférence, nous ne pouvons pas rester passifs. L’Église ne peut vivre qu’en partant pour la "Galilée". C’est là que vivent ceux qui paraissent les plus éloignés de Dieu. Le Christ compte sur nous pour être témoins et messagers du Royaume de Dieu.
Ne sommes-nous pas envoyés ensemble, en communion les uns avec les autres et avec le Christ ! Cet APPEL nous est lancé en pleine semaine de prière pour l’unité des chrétiens. Cette unité est absolument indispensable au témoignage que nous avons à donner. Si nous sommes divisés, c’est impossible. Des initiatives sont prises pour aider les chrétiens de différentes confessions à se rencontrer, à prier ensemble et à se rapprocher du Christ. C’est par Lui, avec Lui et en Lui que se construira l’unité de ses disciples.
Jean-Pierre MAÇON

UNE AFFAIRE DE REGARD (14 janvier 2018)

Le pape a voulu que ce dimanche soit " Journée Mondiale du Migrant et du Réfugié " pour attirer notre attention sur des réalités humaines que l’on serait tenté de vouloir ignorer ou de n’y voir que problèmes. Aussi, commençons par écouter un témoin, Rozario :

" Je m’appelle Rozario Robi. Je viens du Bangladesh. Je suis en France depuis octobre 2016. Au Bangladesh, j’ai travaillé dans une organisation sans but lucratif, qui s’appelle Dipshikha pendant 25 ans. Dans ma ville Chatmohor, j’étais responsable de l’association JogtolaJuboShangha et aussi le directeur de l’école primaire JogtolaShishuNiketon. Dans l’école il y avait presque 120 élèves et la majorité étaient musulmans... Je suis chrétien. Aussi les islamistes ont pensé que mon but était de convertir les élèves au christianisme et ils ont voulu fermer l’école. Et quand j’ai protesté, ils ont menacé de me tuer plusieurs fois. Et finalement en août 2016, j’ai été tellement battu par les terroristes que je suis resté à l’hôpital pendant une longue période.

Après cet incident je ne voulais plus vivre dans la peur, j’ai donc quitté mon pays et demandé asile en France... Ma famille me manque, elle reste toujours au Bangladesh. J’ai traversé de longs moments de stress et d’attente pour savoir si ma demande d’asile serait acceptée. Finalement le 19 novembre 2017, ma demande a été acceptée et j’ai obtenu le statut de réfugié de l’OFPRA.

Maintenant je suis très content et mon rêve aujourd’hui, c’est que ma femme et mes enfants puissent me rejoindre grâce au regroupement familial. Je suis prêt à accepter n’importe quel travail mais la première chose à faire, c’est d’apprendre le français. Pour une intégration qui, j’espère, sera réussie... Je voudrais remercier la paroisse Ste Hélène pour m’avoir accueilli et pour m’avoir aidé à obtenir les papiers."

En écoutant Rozario - une histoire parmi bien d’autres ! -, on se dit que la Réalité du Migrant et du Réfugié est une affaire de Regard. Derrière ces femmes, ces hommes, ces enfants ou jeunes, on peut ne voir que des problèmes économiques, politiques, statistiques… Ou bien regarder des êtres humains en situation d’attente et alors épouser le regard du Christ qui sait " poser son regard " sur ceux qu’il rencontre. Pour les regarder ’de l’intérieur’ de leur souffrance et de leur désir… Pour réveiller en eux la dignité, la bonté et la Vie. Cela n’est pas de la naïveté mais l’affaire d’une Confiance qui s’accorde au Projet de Dieu sur l’humanité.

Rozario et Michel

Il est venu, Il vient, Il viendra pour TOUS (7 janvier 2018)

Hier, Noël à Bethleem… Seulement Marie et Joseph pour accueillir l’Enfant Dieu. Avec quelques bergers invités à partager et confirmer la Bonne Nouvelle… Nuit de silence. Nuit de Paix.
Aujourd’hui, Epiphanie. « La manifestation ». Avec ces quelques inconnus conduits mystérieusement jusqu’à « l’Enfant et sa mère », c’est toute l’humanité invitée à accueillir dans la joie la « Bonne Nouvelle ». Toutes les nations ? Vraiment toutes ?
C’est Paul l’Apôtre des nations qui l’affirme clairement : « Ce mystère, c’est que toutes les nations sont associées au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse dans le Christ Jésus, par l’annonce de l’Évangile. » Comment accueillir et vivre aujourd’hui ce mystère proclamé par Paul : l’annonce de l’Enfant Dieu qui vient pour tous ?

• D’abord prenons le temps d’entrer dans cette incroyable espérance annoncée en termes
joyeux par le prophète Isaïe et gardée vivante dans le cœur du peuple choisi : « Debout, resplendis… Elle est venue la lumière… Car sur toi se lève le Seigneur » et « les nations marchent vers ta lumière ! Tous se rassemblent et viennent vers toi. » Laissons nous rejoindre par la joie de ces paroles prophétiques et qu’elles demeurent vivantes, lumineuses en nos cœurs, dans nos communautés pour nous guider dans le chemin qui nous attend, car c’est toujours un long chemin à faire et à refaire.
• Aujourd’hui l’Évangile nous donne des guides pour notre marche. Qui sont-ils ? D’où
viennent-ils ? Que font-ils ? Nous n’en savons rien… ou presque. La lumière nous vient de leur long pèlerinage… vers la lumière !
Au départ de leur recherche, ils ont « vu » une étoile, comme un signe d’en-haut, et « ils sont venus », ils se sont mis en route, ils se sont lancés dans l’inconnu…
En cours de route, perdus sur une terre étrangère, ils sont allés vers d’autres pour que leur chemin soit éclairé par d’autres lumières… « Où doit naître ce roi des juifs ? »
Et ils ont persévéré jusqu’au bout… jusqu’à la rencontre surprenante … « Ils virent l’Enfant et sa mère ».
Enfin ils se sont offerts totalement à lui. « Ils se prosternèrent devant lui » et lui donnèrent en présents ce qu’ils avaient de mieux.
• Quels bons guides pour nous aujourd’hui ! Nos chemins de vie et de recherche en ce 21eme
siècle se présenteront différemment… mais il nous sera toujours demandé … « Comme pour eux ».
-de voir les signes de la présence de Dieu dans notre monde d’aujourd’hui et de se mettre en route pour en vivre…
-d’aller vers d’autres pour être éclairé par leur lumière…
- de persévérer jusqu’au bout, jusqu’à la rencontre surprenante de Celui qui nous attend…
- de se donner totalement … Lui donner ce que l’on a, ce que l’on est.
…si nous voulons prendre part à la Manifestation Universelle de Celui qui est venu, qui vient et viendra pour tous.
Gaby GOULLIN

LORSQUE L’ENFANT-DIEU PARAÎT (24 décembre 2017)

" Lorsque l’enfant paraît "… Titre d’un poème et d’un beau livre sur l’éducation des enfants, Titre qui évoque la nouveauté qu’apporte une naissance. Quand un enfant, désiré, paraît dans une famille, c’est de la joie qui naît et déborde. C’est la famille qui s’ouvre aux voisins, aux amis, aux collègues. Ce sont des liens nouveaux qui se tissent entre parents, frères et sœurs… Rien n’est plus comme avant. Tout devient possible. Demain est une promesse.

Or Noël, c’est l’ENFANT-DIEU QUI PARAIT sur terre ! Mais là, il n’est pas attendu. L’auberge affiche complet. En guise de berceau, une mangeoire d’animaux. Sa famille : une bande de bergers méprisés. A la ville, on n’a rien vu venir mais eux, ils ont senti naître dans leur cœur une Joie et une Paix venues d’on ne sait où… qui ont vite balayé leurs doutes et leurs peurs. Eux, les moins que rien, c’est à eux les premiers que l’Enfant-Dieu se fait connaître. C’est à eux qu’il est demandé d’annoncer la Bonne Nouvelle : cet Enfant-Dieu, c’est le Sauveur promis, celui qui vient " sauver l’amour ". L’amour, ce ’moteur ’ de nos vies qui fait trop souvent des ratés dans notre existence… Cet Enfant-Dieu, c’est Lui qui va aider les hommes à retrouver l’envie de vivre, de croire, d’espérer. S’Il vient habiter sur terre, c’est pour ébranler les assises d’un monde désenchanté, déboussolé. C’est pour révéler que Dieu a une Tendresse spéciale pour les petits, les paumés, les déplacés, les réfugiés...

Est-ce une croyance à bon compte quand, depuis 2000 ans, rien n’a changé en apparence,
ou si peu ? Regardons, l’Enfant-Dieu continue à paraître… Ce 5 décembre, nous recevions le message téléphonique d’une dame : " J’ai perdu 2 enfants dans l’attentat du Bataclan… J’ai de la place chez moi pour une personne dans le besoin, durant l’hiver. Je lui propose une chambre avec toilettes, petit déjeuner le matin, soupe pour le soir. " Message à peine reçu que l’on me dit : " j’ai quelqu’un pour ça. " Lorsque l’Enfant-Dieu paraît, la famille s’élargit !

Autre signe : celui de notre frère Jean P, quelques jours avant sa mort. Dans un message, il remerciait la communauté pour le soutenir par la prière à l’hôpital, ajoutant " je veux vous témoigner aussi que Jésus notre frère ne nous abandonne jamais. " Lors de ma visite à l’hôpital où je l’interrogeais sur ces paroles, il m’a répondu d’un ton convaincu : " Oui, c’est vrai, Jésus ne nous abandonne pas. Je sens qu’il me porte." Il n’a cessé de le redire aux siens, jusqu’au bout. Cela n’a pas empêché Jean de souffrir ni de mourir. Mais lorsque l’Enfant-Dieu paraît dans une vie de femme ou d’homme, de jeune et d’enfant, il trace un chemin de joie, d’espérance et de paix. Alors, le ciel et la terre s’unissent réellement à l’intime des cœurs. C’est Noël chaque jour !
Michel Retailleau

SOYEZ TOUJOURS DANS LA JOIE… (17/12/17)

« Priez sans relâche… rendez grâce en toute circonstance : c’est la volonté de Dieu à votre égard. »

Comment l’Église peut-elle nous interpeller ainsi en reprenant l’invitation de Paul à ses frères et sœurs de Thessalonique ? Dans notre monde où violence, injustices, misère fleurissent presque partout, où la solitude, la maladie, l’impuissance sont souvent source d’angoisse et de peur, Comment est-ce possible « d’être toujours dans la joie et de rendre grâce en toute circonstance » ? Comment ?

Dans la Palestine du 1er siècle qui n’avait sans doute rien à envier comme injustices, souffrances et angoisses à notre société du XXI siècle, Jean Baptiste s’est levé « appelé par l’Esprit de Dieu » - pour proclamer devant les « autorités » bien incrédules ( (prêtres, lévites etc…) « Au milieu de vous se tient Celui que vous ne connaissez pas … » Pourtant ses auditeurs connaissaient bien les annonces prophétiques et ils attendaient celui qui serait la source définitive de la justice, de la paix, de la joie… mais ils ne se laissèrent pas guider, éclairer par l’Esprit de Dieu. Et leur vie resta enfermée dans leur Loi, leur justice toute humaine, leurs condamnations et leurs violences.

A la lumière de cette expérience, nous pouvons comprendre l’invitation prophétique du même Jean Baptiste …. « Redressez le chemin du Seigneur », reprise encore plus vigoureusement par Paul. « N’éteignez pas l’Esprit, ne méprisez pas les prophéties, mais discernez la valeur de toute chose. »
« Valeur » de la générosité fidèle de tous ces bénévoles qui donnent sans compter temps, forces, amour… à leurs frères qui en sont privés ;
« Valeur » du sourire qui illumine le visage du malade ou de l’ancien qui voit venir à lui un voisin attentif et fidèle.
« Valeur » aussi de cette foule d’hommes et de femmes, de jeunes et d’anciens unis dans le même chagrin de la mort « de leur idole », compagnon de leurs peines et de leurs joies, mais heureux d’être ensemble et de partager l’espoir d’une vie toujours plus grande.
Valeur… Valeur… de notre vie de tous les jours « où l’Esprit du Seigneur » est, aujourd’hui comme hier, présent, agissant »… Sachons prendre le temps et les moyens pour Le reconnaître… et nous laisser transformer, redresser par Lui.

Alors nous trouverons en Lui la vraie joie pour nous et pour beaucoup d’autres.
Que Marie nous accompagne et nous guide dans notre marche ; elle qui a su accueillir et proclamer la source de la vraie joie : « Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur. »

Gaby GOULLIN

LE SEIGNEUR VIENT… 10 décembre 2017

Notre route vers Noël, nous la ferons en compagnie du prophète Isaïe. Aujourd’hui, il s’adresse aux Juifs déportés à Babylone. Depuis des années, ils sont prisonniers, écrasés, en terre d’exil. Isaïe leur annonce le retour en Terre sainte, leur terre nourricière. Le message est clair : "Voici votre Dieu qui doit venir… Préparez-vous… Redressez les passages tortueux… comblez les ravins…" Cela signifie : "Que votre cœur se purifie, soyez droits et justes, n’ayez pas des attitudes tortueuses".

En ce temps de l’Avent, chacun est invité à se redresser et à se reprendre vigoureusement en main. Il s’agit de collaborer ensemble au Projet de Dieu qui veut sauver son peuple et lui révéler sa Gloire. L’Église reprend avec force le cri des prophètes : "Voici votre Dieu qui ne cesse de vous aimer."

La lettre de Pierre nous parle précisément de cette venue du Seigneur. Il s’adresse à des chrétiens qui l’attendent avec impatience. Mais ces derniers finissent par se poser des questions. Ils constatent que rien ne semble bouger. Alors l’apôtre leur explique que Dieu ne mesure pas le temps comme nous : Il est éternel ; pour Lui, il n’y a pas d’avant ni d’après. De plus, il donne à chacun le temps qu’il faut pour se convertir. Un jour, la fin du monde viendra : il y aura des cieux nouveaux et une terre nouvelle. L’important c’est que nous soyons tendus vers la pleine réalisation de ce grand Projet de Dieu.

Sur notre route de l’Avent, nous trouvons également Jean Baptiste, le dernier prophète de l’Ancien Testament ; ce qui frappe, c’est son humilité, son effacement. Il avait tout pour réussir, pour "jouer au Messie" dont les foules rêvaient. Il s’est obstiné à rester dans l’ombre, dans l’oubli de soi. Il vient accomplir ce qui avait été annoncé par le prophète Isaïe. Il est la voix qui crie dans le désert : "Préparez les chemins du Seigneur, aplanissez sa route."
Cette espérance dont nous avons à témoigner aujourd’hui dans notre monde, peut nous mobiliser : à condition de donner la première place au Christ, dans notre vie. Noël, c’est Jésus qui vient ; Il est là, présent au cœur de nos vies. Il n’est pas possible de l’annoncer si nous ne L’accueillons pas en nous. Aujourd’hui, Jean Baptiste nous apprend à nous effacer devant Lui pour lui donner toute sa place. Le temps de l’Avent est un temps de préparation. Il s’agit d’ouvrir la voie à Dieu qui veut passer.

Jean Pierre MAÇON

COMME UNE FEMME ENCEINTE… VIVRE DANS L’ATTENTE (3 décembre 2017)

Après un effort sportif ou un bon repas, il nous arrive de nous assoupir. Nous sommes alors incapables de résister à l’endormissement qui s’empare de notre être ! Il en est de même dans notre vie spirituelle. Si nous manquons de vigilance à la nourrir et à la revitaliser, elle tombe insensiblement dans le ronron des habitudes et finit un jour par sommeiller. La fatigue, la routine puis le stress ou les duretés de la vie finissent par la faire somnoler. Aussi, par 4 fois, le court évangile de ce premier dimanche de l’Avent nous alerte : "Veillez".

Etre des veilleurs et non des zombies ! Avec des mots très réalistes, le pape François n’hésite pas à dire : " Le chrétien doit apprendre à vivre dans l’attente comme une femme enceinte !" Mais pourquoi nous faut-il vivre dans l’attente ? Parce qu’il faudrait préparer son cœur et son esprit pour fêter
Noël ? Oui, peut-être, mais l’Evangile va encore plus loin. Il faut attendre parce que le Christ vient. Depuis sa mort et résurrection, le Christ ne cesse de revenir à nous pour réveiller et ressusciter nos énergies…, pour aimanter nos désirs les plus profonds. Nous sommes tellement enlisés dans le présent et ses mille occupations que notre vie se ratatine en " métro, boulot, dodo", et se replie sur notre petit " ego ". Aussi, insensiblement, nous perdons le goût de " devenir ce que nous sommes " invités à devenir : des chrétiens appelés à vivre en ressuscités avec leur Maître. Comme une femme enceinte vit dans l’attente de mettre au monde la vie qu’elle porte, nous devons vivre dans l’attente de mettre au monde le Christ que nous portons en nous, de manière mystérieuse !

Le temps de l’Avent veut opérer comme un électrochoc et nous réveiller : dans ton existence… familiale, scolaire, sociale, associative, spirituelle, dans la santé ou la maladie, qu’attends-tu ? Vers Qui ou Quoi es-tu tendu ? Y a-t-il des choses futiles et superficielles desquelles te défaire afin de retrouver le désir de la prière et le chemin de tes frères ? Si tu n’attends pas grand-chose, c’est le manque de vigueur qui va plaquer ton existence au sol, car il n’y a pas pire ennemi dans la vie que de s’endormir. Es-tu prêt à reconnaître le Christ en visite dans l’accueil du migrant et du réfugié : " J’étais un étranger et tu m’as accueilli " ? Le Nouveau " Notre Père " nous invite à dire : " Ne nous laisse pas entrer en tentation. " Il n’y a pas pires tentations que l’engourdissement de notre être et la peur de bouger. Que ce temps de l’Avent nous fasse la grâce d’accueillir avec élan et joie Celui qui vient ! Veillez !

Michel Retailleau

Appelés à partager sa royauté (26 novembre 2017)

Quelle royauté ? Et comment ?

Au mot de « royauté », notre imagination nous fait penser au pouvoir, aux honneurs…etc.… toutes choses bien au-delà de nos possibilités. Mais s’agit-il bien de cela ?

A travers la liturgie d’aujourd’hui, une nouvelle fois l’Esprit Saint veut nous éclairer et nous montrer la vraie royauté, celle de notre Roi, le « Roi de l’univers ». Dans la longue expérience du peuple de Dieu, ce Roi s’est fait connaître comme le « berger » de son peuple, de son troupeau. Il veille sur ses brebis, il les rassemble, il les nourrit dans de bons pâturages, il les soigne… « Comme un bon berger ». Pas seulement hier, dans cette longue marche des « esclaves d’Egypte », vers la liberté du peuple nouveau, mais encore aujourd’hui dans notre longue marche vers un monde de justice, de paix, de fraternité. Aussi avons-nous chanté comme un cri d’appel et un chant d’espérance : « Le Seigneur est mon berger, notre berger ; rien ne saurait nous manquer ».
C’est bien notre Roi qui nous invite à partager sa « royauté de berger » en prenant soin « comme lui » du troupeau qui nous est confié : notre famille, notre voisinage, au travail ou à l’école, notre communauté, dans les groupes ou associations…
Appel à être les bergers les uns des autres.
Mais le Roi de l’univers, glorieux, triomphant nous invite à plus. Il nous invite à partager sa mission, à « régner avec lui » quand il affronte la misère, la souffrance, la solitude ou l’abandon, quand, même rejeté comme un criminel, il lutte contre le mal et les puissances de mort.
Il nous invite à le reconnaître, à le voir et à venir jusqu’à lui, à étendre son règne avec lui.
« Comment cela, Seigneur ? » pouvons-nous lui demander. Il nous répond toujours, par la même parole ! « Chaque fois que vous le faites à l’un de ces petits de mes frères, c’est à moi que vous le faites. »
Oui, ce voisin maintenant en hôpital psychiatrique, c’est LUI qui nous appelle.
Cet étranger errant jour et nuit à travers la ville, c’est LUI qui nous invite.
Ces enfants sans maison ou sans place à l’école,
Ces jeunes ou moins jeunes sans travail,
Ces anciens, sans visite, en EHPAD…
C’est LUI, c’est notre Roi qui est là et qui attend…

Car c’est cela sa mission royale que Paul nous rappelle aujourd’hui : « de même que tous les hommes meurent en Adam, de même c’est dans le Christ que tous reçoivent la vie ».
Il est venu. Il vient encore pour anéantir les forces de mort et vaincre la souveraineté du mal. Pour qu’enfin il puisse nous présenter tous ensemble à son Père :
« Et ainsi Dieu sera tout en tous »
Gaby GOULLIN

Jésus… un maître qui demande des comptes.(19 novembre 2017)

« Un homme au moment de partir en voyage appela ses serviteurs et leurs confia ses biens. »
Dans cette phrase, tout le tableau de l’évangile de ce jour est annoncé. Cet homme, c’est Jésus qui parle de son adresse à venir. En disant cela, il veut que nous prenions nous-mêmes la responsabilité de notre vie.
Tout ce que nous avons est un « bien confié ». Dieu nous a fait confiance, en nous donnant « ses biens ». J’oserai dire que dans ma personne, il y a un dépôt de Dieu. « Une propriété privée de Dieu ».
Tous les dons, toutes les valeurs et les richesses qui sont en moi, lui appartiennent. Je les ai en dépôt. Et il attend que je prenne des initiatives avec … A chacun, il est demandé « ce qu’il peut et doit donner ». « Celui qui a », il doit le faire fructifier en le mettant au service des autres.
C’est ce à quoi nous invite le Secours Catholique dans cette Journée Mondiale des Pauvres, voulue par le pape François. Tous ces biens que nous avons reçus, c’est pour les donner aux autres. C’est ainsi qu’ils fructifient. Si le Seigneur nous donne sa miséricorde, sa tendresse et son pardon, c’est pour que nous en fassions un bon usage. Le pape François dit aussi avec les mots d’aujourd’hui que « C’est comme une contamination qui doit se propager partout dans le monde. » Chacun peut se poser ces questions : Combien de personnes avons-nous encouragées par notre espérance ? Combien d’amour avons-nous partagé avec notre prochain ?
Cette parabole des talents nous pousse donc à ne pas cacher notre foi, notre appartenance au Christ. Nous ne devons pas enterrer la Parole de l’Evangile. La Parole de Dieu doit circuler dans notre vie, dans nos relations, dans les situations concrètes. C’est comme une force qui interpelle, qui purifie et qui renouvelle.

C’est vers mon prochain que Jésus m’invite. Que ce soit avec des petits moyens ou de grands moyens, nous aurons tous la même égalité dans la réponse et la reconnaissance.
« J’attends de toi : La vie donnée
La vie en partage
La vie de prière », nous dit Jésus
Jean Pierre Maçon

Veillez… Tenez-vous prêts (12 novembre 2017)

Nous approchons de la fin de l’année liturgique : dans deux semaines, nous fêterons le Christ Roi… puis nous entrerons dans le temps de l’Avent. Aussi la liturgie nous propose une des dernières paraboles de Jésus à ses disciples. Son message se résume en deux mots : « Veillez donc » ou « tenez-vous prêts ». Avec une seule raison : « car vous ne savez ni le jour ni l’heure de l’arrivée de l’Époux ! »
Que veut dire Jésus ?
-  A ses disciples qui vont traverser avec lui le drame de sa passion et de sa mort, et
auxquels il veut confier l’annonce de sa résurrection et du règne de Dieu, Jésus dit seulement « Veillez. Tenez-vous prêts ». Ne soyez pas « inconscients » comme ces jeunes filles qui se sont laissées enliser dans leur sommeil, qui ont négligé de penser à l’avenir,… vous, ayez souci, prenez soin de ce que vous avez reçu, de ce que nous avons vécu ensemble, de cette amitié qui est née et a grandi entre nous. C’est cela la lampe, la lumière qui éclairera votre route, et celle de beaucoup…Car alors vous serez les témoins, les acteurs de ce « Royaume des cieux ».
-  A nous aujourd’hui qui vivons dans un monde marqué par la souffrance et la mort, où
certains proclament « la mort de Dieu » ; dans un monde qui succombe souvent à la tentation de s’enliser dans le présent, de vivre seulement dans l’immédiat, « en temps réel » ; dans un monde qui refuse de s’ouvrir à l’avenir allant même jusqu’à saccager la « maison commune », cette terre qui nous est confiée, Jésus nous dit de même : « Vous mes disciples d’aujourd’hui, ne soyez pas insouciants ». Ayez souci de ce que vous avez reçu, de ce que vous avez vécu ensemble, de cette amitié qui a germé et grandi dans votre cœur, et ainsi soyez les témoins actifs de ma Résurrection et de ma Présence aujourd’hui.
Alors, au milieu de nos nuits d’aujourd’hui, … les jeunes qui cherchent un sens à leur vie et retrouvent la valeur de la prière… les adultes qui reprennent le chemin d’une vie chrétienne ou qui demandent d’être accueillis dans le peuple de Dieu par le baptême ou la confirmation… les efforts des communautés pour s’ouvrir aux pauvres et se laisser renouveler par eux…. etc.. c’est bien la même voix qui proclame : « Voici l’Époux qui vient. Sortez à sa rencontre ! ».

Finalement cette parabole des jeunes filles invitées à la noce nous redit l’appel à croire à l’arrivée de l’Époux, « le Christ ressuscité ». Dans notre monde d’aujourd’hui, Il vient, Il est déjà là. Soyons prêts : renouvelons en notre cœur et notre volonté le désir profond de l’accueillir et de vivre avec lui.

A des milliers de jeunes rassemblés à Lourdes, un évêque posait cette question. « Avez-vous soif et faim de rencontrer Jésus Christ ? » Puisse notre réponse reprendre ce cri de foi et d’amour du psalmiste : « Dieu, tu es mon Dieu, mon âme à soif de toi. »
Gaby GOULLIN

UN TITRE A ENVIER : " SERVITEUR " (5 novembre)

Avoir de l’ambition n’est pas chose mauvaise en soi. Cela fait partie des moteurs légitimes d’une vie humaine. Qu’une société ait sa hiérarchie pour faire fonctionner et organiser la" vie ensemble " de ses citoyens aux sensibilités et aux intérêts divergents, quoi de plus normal ! Mais cela devient un danger quand des personnes et des sociétés en viennent à idolâtrer les titres et à considérer la valeur d’une personne aux mentions de sa carte de visite. Nous retrouvons en ce dimanche toute la force révolutionnaire de l’Evangile. Face à tous ceux qui, aujourd’hui comme hier, sont tentés de n’exister que par leurs titres ou leur reconnaissance sociale, Jésus prône un nouveau comportement : " Ne vous faîtes pas donner le titre de Rabbi, ni celui de Maître, ni celui de Père." Entre vous, qu’il n’y ait pas de distinction de rang ni de dignité car " vous êtes tous frères " ! Dans l’esprit des auditeurs de Jésus, fortement marqués par les considérations hiérarchiques, religieuses ou politiques, on peut deviner la surprise et même la colère.

Dans son histoire et parfois ici ou là encore, l’Eglise n’est pas indemne de se cacher derrière ses titres et ses fonctions. Certes, toute hiérarchie n’est pas mauvaise en soi. Mais le propos de Jésus est sans ambiguïté : qu’elle soit au service de tous et non pour son propre intérêt. Quelles que soient les responsabilités ou les charges que nous pouvons avoir en famille, au travail, en société ou en Eglise, notre référence, c’est le Christ. Or, dit St Paul aux Philippiens, " tout Dieu qu’il était, il s’est abaissé jusqu’à la mort en croix. C’est pourquoi Dieu l’a élevé. " L’Evangile du jour y fait écho : " Le plus grand parmi vous sera votre serviteur. Qui s’élève sera abaissé. " Jésus n’est pas un anarchiste revendiquant " ni Dieu ni Maître ". Il n’est pas contre la hiérarchie en soi mais à condition qu’elle soit une hiérarchie ’à l’envers’, celle de l’humilité. L’image qu’il nous laisse, c’est le lavement des pieds. Le titre qu’il nous envie, celui de " Serviteur ". Il l’a souvent répété à ses disciples : ils doivent être comme lui des " serviteurs " de la vie du corps, du cœur, de l’esprit et de l’âme de leurs frères et sœurs.

Dans une vie de famille, à l’école ou au travail, dans le quartier, dans le club de sport, de danse…, dans la vie associative, syndicale… les occasions de se faire " serviteur " ne manquent pas. Dans une vie de paroisse aussi, à travers la multiplicité des tâches à accomplir ! Puissions-nous cultiver l’esprit de service et de simplicité qui caractérise Ste Hélène dans nos rapports individuels ainsi qu’entre prêtres et laïcs. Et nous enraciner toujours plus dans le témoignage de Celui qui n’a jamais envié d’autre titre que celui de " Serviteur", lui qui est venu " non pour être servi mais pour servir ". Puissions-nous apprendre cette vérité que les vrais serviteurs sont nos vrais maîtres ! Celui qui s’abaisse et se met au service, c’est lui le plus grand !
Michel Retailleau

JESUS NE PENSE PAS " OU… OU " MAIS " ET…ET " (22 octobre 2017)

Difficile de penser la complexité de la vie et des choses par un " oui ou non " : Ou c’est bien ou c’est mal. Ou c’est vrai ou c’est faux. La vie nécessite plus de nuances ! On entend dire ainsi : " Je ne crois pas en Dieu mais je crois en l’homme. " Autrement dit : " Ou je crois en Dieu et donc je ne crois pas en l’homme. Ou bien je crois en l’homme et donc, je ne crois pas en Dieu. " OU Dieu OU l’homme !" Certains chrétiens disent encore : " Le pape François parle trop des migrants. Il ne parle pas assez de Dieu. " Autrement dit : " Le pape, OU bien il parle de Dieu, c’est son rôle, OU bien qu’il se taise, parler des migrants, ce n’est pas de sa compétence."

Cette manière de penser "ou... ou", on la retrouve à l’œuvre au temps de Jésus. Dans l’Evangile, les Pharisiens et les partisans d’Hérode l’interrogent : " Donne-nous ton avis : est-il permis, Oui ou Non, de payer l’impôt à César, l’empereur ? " Jésus flaire le piège du " Ou… Ou. " S’il répond : Oui, il faut payer l’impôt à César, il apparaît complice de l’envahisseur romain et le peuple va se détourner de lui. Mais surtout, il sous-entend que le culte pour l’empereur peut passer avant celui Dieu. Et s’il dit : " Non, il ne faut pas payer l’impôt à l’empereur, il apparait pour l’occupant romain un rebelle mais aussi il laisse entendre que Dieu n’est pas lié à la vie en société.

Jésus ne pense pas en termes de " Ou… Ou," ce serait réducteur de son message. Il pense en termes de : " Et… Et… : " Rendez (Et) à César ce qui est à César ET à Dieu ce qui est à Dieu. " Pour nous, César représente la vie en société avec ses lois, la vie sociale, politique, locale et internationale : ce qui fait notre vie ensemble. Jésus pourrait dire aujourd’hui : " Rendez (ET) à la vie sociale ce qui est à la vie sociale ET à Dieu ce qui est à Dieu. " Autrement dit : la religion n’est pas une affaire privée, qui se passe "entre mon petit Dieu et moi". Elle concerne notre vie en société. Certes, Dieu veut être honoré pour lui-même mais ce qu’Il veut aussi c’est que nous travaillions à l’avènement de son Royaume par le respect de la dignité de chacun et par l’établissement de la fraternité par la paix et la justice. Donc " ET l’homme Et Dieu."

Pourquoi ce " Et… Et " ? Parce qu’en Jésus, son Fils envoyé sur terre, Dieu le Père a voulu faire Alliance avec l’humanité. Parce qu’en Jésus, l’Homme - Dieu qui a donné sa vie pour tout être humain, nous avons découvert que croire en Dieu, c’est croire aussi en chaque homme. En Jésus, Dieu Et l’homme ne peuvent plus être séparés. Et Dieu Et l’Homme sont liés à la vie et à la mort ! Sur le front de chaque homme est gravé à jamais, l’image de l’Amour de Dieu. Mais si Dieu et l’homme ne peuvent plus être séparés, ils ne doivent pas non plus être confondus. Dieu reste Dieu et l’homme reste homme mais… appelé à devenir " fils de Dieu ".
Michel Retailleau

INVITES A L’ESPÉRANCE 15 octobre 2017

Les lectures bibliques de ce dimanche sont un message d’espérance. Elles rejoignent chacun dans la situation qui est la sienne. Isaïe s’adresse à un peuple désespéré. Il laisse entrevoir le jugement de Dieu qui interviendra dans les derniers combats. Viendra le temps du renouveau de la fête ; ce sera un grand festin. ! Le monde sera arraché au mal et à la violence. Il entrera dans un temps de paix et de joie. Qu’en est-il aujourd’hui
C’est aussi de cette espérance que témoigne l’apôtre Paul alors qu’il est en prison. Lui aussi vit une situation difficile. Mais il peut tout supporter avec celui qui lui "donne la force". Il remercie la communauté des Philippiens qui lui est venue en aide. Comme Paul, nous pouvons être un soutien humain et spirituel pour un autre, pour d’autres. Comme Paul, nous pouvons dire notre reconnaissance pour le soutien et l’aide que peut nous apporter une communauté comme la nôtre pour mener à bien notre existence. A travers nous, c’est la générosité de Dieu qui veut s’exprimer. Paul nous apprend encore que la richesse de Dieu ne peut être communiquée au monde qu’à travers le dépouillement personnel. C’est ce chemin que le Christ a suivi. Et c’est dans ce même chemin qu’il nous appelle à sa suite.

L’Évangile nous rapporte la parabole des invités à la noce. Cette image du banquet, nous la retrouvons souvent dans la Bible. Elle nous dit l’abondance des dons de Dieu. Sa générosité dépasse tout ce que nous pouvons imaginer. Notre réponse doit être celle de la gratitude envers Dieu : " Voici notre Dieu, en lui nous espérions, il nous a sauvés. C’est lui le Seigneur. En lui nous espérions, exultons, réjouissons-nous, il nous a sauvés ".

Incroyable mais vrai ! Aujourd’hui encore, Dieu nous propose toutes ces invitations et toutes ces joies. Il nous invite à nous " re-vêtir " de l’AMOUR du Seigneur Jésus Christ. Et il attend que nous donnions réponse à Son invitation. Personnellement, comment je reçois le CADEAU d’une telle invitation ? Ensemble, comme communauté, comment vivons-nous et témoignons-nous de ce Cadeau, incroyable mais vrai ?

En célébrant cette Eucharistie, nous demandons au Seigneur de nous revêtir de l’habit blanc de Sa Grâce. Nous le revêtons en recevant la communion. Cet habit blanc nous est encore donné en vivant le sacrement du Pardon. Par là, nous retrouvons notre dignité d’ "enfants de Dieu ".

Jean Pierre MAÇON

« L’œuvre du Seigneur, quelle merveille ! » 8 octobre 2017

Telle est la conclusion de la parabole que nous lisons aujourd’hui. Aussitôt bien des noms viennent à notre mémoire, en contrepoint de cette affirmation : Marseille, Las Vegas... ces derniers jours, mais bien d’autres encore. Dans toute société, dans notre monde d’aujourd’hui comme en chacun de nous, se mêlent et s’opposent « forces de vie » et « forces de mort » (St Jean Paul II)

Devant la pauvreté croisée chaque jour dans les rues ou le métro, notre cœur est touché… mais comme il est tentant de fermer les yeux et d’apaiser notre émotion : « Je ne peux pas soulager toute la misère du monde ! »… Devant l’arrivée régulière de familles cherchant une vie « moins pire » ou seulement possible, comme il est tentant de vouloir des murs plutôt que des ponts !... Devant cette violence incompréhensible tuant hommes, femmes et enfants, comme il est tentant de penser seulement « c’est l’œuvre d’un fou ! »… et ainsi de rester enfermé dans nos égoïsmes, nos intérêts propres, s’habituant jusqu’à l’injustifiable.

C’est alors que cette parabole des « vignerons homicides » vient nous réveiller, nous interroger, nous inviter à une fidélité renouvelée à notre appel de disciple. Elle a du scandaliser les premiers auditeurs qui se sont exclamés « Le maître du domaine doit exterminer ces misérables ! »… et nous nous sentons bien en accord avec eux… mais est-ce la bonne réponse ?
Eh bien, non ! dit Jésus. Pas de tuerie vengeresse de la part du maître du domaine, mais cette affirmation étonnante : « Mon Fils Bien Aimé, celui qu’ont rejeté ces serviteurs, est devenu la pierre d’angle, la base du Royaume de Dieu ! » Car c’est bien de la construction du Royaume de Dieu dont il s’agit. Et Jésus ajoute comme dans une prière : « quelle merveille devant nos yeux ! » Le Maître, « le Tout Puissant », est encore plus « le Tout Aimant »… plus fort que tous les égoïsmes, toutes les violences, tous les crimes…

Les disciples n’ont pas du accueillir sereinement cette annonce victorieuse. Comment l’auraient-ils pu ? C’était l’annonce du triomphe du Christ à travers sa passion et mort. « Mystère de foi » disons-nous à chaque Eucharistie. C’est seulement après les événements que, guidés par l’Esprit, et à la lecture des Ecritures, les disciples ont cheminé dans la lumière de cet amour du Père… jusqu’à en devenir les témoins aux 4 coins du monde !
En est-il autrement pour nous ? Devant tant d’évènements déroutants, nous ne savons que penser, ni comment réagir. Ce sera toujours en les relisant ensemble, « en communauté », que guidés par l’Esprit et éclairés par la Parole de Dieu, nous saurons accueillir la lumière de l’Amour de Dieu, manifesté en Jésus Christ, mort et ressuscité.

N’est-ce pas ainsi que Paul guide ses amis de Philippes. Après leur avoir rappelé le cœur de leur foi (Phil.2,6 à11) il les invite à suivre ce même chemin de vie : « Tout ce qui est vrai, juste, digne d’être aimé,… tout cela prenez-le en compte. Alors le Dieu de paix sera avec vous. »

Gaby GOULLIN

« Allez à ma vigne » 24 septembre 2017

Temps de rentrée, de « reprise » : l’école, le travail avec leur rythme et obligations plus au moins régulières ; différentes activités… culturelles, sportives, de service …etc… Lesquelles ? Comment ? Il y a des choix à faire, des décisions à prendre…

Puissent ces belles paroles de Paul à ses frères et sœurs de Philippes nous aider à y voir clair… « comme disciples du Christ ». Il proclame fièrement, « Ayez un comportement digne de l’Évangile » car « pour moi, vivre c’est le Christ ! ». Mais cela nous est-il possible ? est-ce à notre portée ?
Par la bouche du prophète Isaïe, Dieu nous avertit dans la 1ere lecture : « mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos chemins ne sont pas mes chemins. » Alors… ? Alors le prophète nous invite à « chercher le Seigneur tant qu’il se laisse trouver, tant qu’il est proche. » Invitation à nous mettre courageusement en route pour un long chemin…

Dans l’Évangile, avec la parabole du « Maître généreux », Jésus nous donne un bon guide pour cette route, « le maître de la vigne ». (C’est-à-dire Dieu lui-même !) D’abord, à cause de sa responsabilité, de son attention pour sa vigne dont il prend soin depuis l’aube jusqu’au soir. Aussi par sa justice envers les ouvriers qu’il embauche car « il se met d’accord avec eux » pour leur « donner ce qui est juste. » C’est déjà beaucoup… mais le soir, il va encore plus loin ! Il se laisse toucher par la peine de ceux qui n’ont pas été embauchés et il les envoie à sa vigne pour une heure de travail.

Et surprise, lors de la paye, il prend en compte non seulement les mérites mais aussi les besoins de chacun : besoin d’un travail, besoin d’un juste revenu pour la vie de la famille… alors il doit faire face à l’incompréhension des autres. Juste envers tous, il se montre bon pour les « derniers. »

Quelle lumière pour une « vie de disciple » ?
Un appel à entrer dans ce chemin de Dieu : « allez à ma vigne »
Il y a beaucoup de « chantiers » dans notre vaste monde. Peut être au moment de commencer cette année, Paul nous rappelle opportunément deux orientations :
« En vivant en ce monde, arriver à faire un travail utile. »
« Choisir d’œuvrer dans ce monde, » « à cause des autres » et de leurs besoins divers.

Puisse le chant de l’alléluia accompagner notre marche, « La bonté du Seigneur est pour tous, sa tendresse pour toutes ses œuvres : tous acclameront sa justice. »
Il nous appelle à sa vigne : à être les témoins de Sa justice et Sa bonté par toute notre vie.

Gaby GOULLIN

PARDONNER ... jusqu’à " 70 FOIS SEPT FOIS " 17 septembre 2017

Les lectures bibliques de ce dimanche nous parlent du pardon. Bien avant la venue de Jésus, Ben Sirac écrivait : "Rancune et colère, voilà des choses abominables où le pécheur s’obstine". L’auteur dénonce la vengeance et recommande le pardon. C’est un combat de tous les jours contre nos tendances naturelles. Mais la Bible nous dit que Dieu ne pourra pas nous pardonner si nous-mêmes nous ne pardonnons pas aux autres.
L’apôtre Pierre pensait être très généreux en pardonnant jusqu’à sept fois (" sept " est un chiffre symbolique qui signifie "sans limite"). Mais Jésus va encore bien plus loin : il nous dit qu’il faut pardonner " jusqu’à 70 fois 7 fois ". La mesure du pardon c’est d’être sans mesure. On n’a jamais fini de pardonner et d’être pardonné.
Pour tenter d’y parvenir, c’est vers la Croix de Jésus que nous nous tournons : livré aux mains des hommes, il a été torturé, bafoué et mis à mort, mais il a pardonné. Lui seul peut nous donner la force et le courage d’aller jusqu’au bout du pardon.
Si le Seigneur se comporte ainsi à l’égard des hommes c’est pour nous apprendre à suivre son exemple en pardonnant à ceux qui nous ont fait souffrir. C’est vrai que l’offense d’un frère nous fait mal. Mais elle est bien peu de choses par rapport à tous nos manques envers Dieu.
En parlant du pardon, nous n’oublions pas que Jésus nous a donné un sacrement pour l’accueillir. Chaque fois que nous nous adressons à un prêtre pour le demander, c’est Jésus qui est là pour nous tendre la main. Il ne demande qu’à nous décharger de nos fautes pour revenir à Dieu. Il vient renouveler en nous la grâce du baptême. C’est ainsi que nous retrouvons notre place d’enfants de Dieu.
Comprenons bien : il ne s’agit pas d’oublier mais de tendre la main à l’offenseur pour l’aider à se relever ! Pardonner, c’est aimer, c’est repartir ensemble sur de nouvelles bases. Dieu est un Père qui aime chacun de ses enfants. Le grand désir d’un père et d’une mère c’est que les enfants s’entendent bien et qu’ils soient unis et solidaires. C’est pour cela que Jésus nous a laissé son grand commandement : " Aimez-vous les uns les autres COMME je vous ai aimés " ( = autant que je vous ai aimés, c’est-à-dire : jusqu’au pardon).
Jean Pierre MACON

PARCE QUE JESUS EST LA (10 septembre 2017)

L’heure de la rentrée a sonné, nous reprenons peu à peu nos habitudes de vie. Les évènements des derniers mois, comme les attentats à Barcelone, les inondations ou les ouragans en Asie, aux USA ou dans les Caraïbes,…nous ont rappelé la fragilité de ce monde et de toute vie humaine. Mais, partis ou pas en vacances, nous avons pu aussi respirer une autre ambiance, retrouver nos coutumes et traditions locales. Et nous voilà replongés dans le 18ème ! Mais aussi replongés dans notre communauté de Ste Hélène sur laquelle l’Evangile de ce jour nous invite à porter un regard d’une grande bienveillance. Pourquoi ?

Parce que se réunir à Ste Hélène n’est pas rien : " Quand 2 ou 3 sont réunis en mon Nom, dit Jésus, je suis là au milieu d’eux. " Ne l’oublions pas, notre communauté est un Cadeau de Dieu ! Si Jésus " est au milieu de nous ", notre communauté, dans la diversité de ses cultures et de ses sensibilités, n’est pas une assemblée humaine ordinaire. Nous devenons Présence de Dieu les uns pour les autres et pour le quartier. Nous sommes ’sacrement’ de la Présence du Christ. En même temps que le Christ nous porte, nous le portons à Clignancourt !

Et Sa Présence cachée au milieu de nous a 2 effets importants. D’une part, ensemble, comme communauté, nous avons un pouvoir mystérieux sur Dieu : " Si 2 d’entre vous sur la terre se mettent d’accord pour demander quoi que ce soit, ils l’obtiendront de mon Père qui est aux cieux." Oui, Dieu est prêt à nous accorder " quoi que ce soit " qui soit bon pour nous ! Jusqu’à devenir de fervents disciples de Jésus, soucieux d’être solidaires des joies, des peines et des attentes… de notre communauté comme de notre quartier. Dieu veut que nous puissions nous porter les uns les autres, comme le Christ lui-même, nous porte !
Mais aussi parce que " Jésus est présent au milieu de nous ", un autre force nous est donnée : le pouvoir de la réconciliation et du pardon. Non pas le pouvoir d’absoudre les péchés qui est le rôle du prêtre. Mais le pouvoir fraternel d’être les uns pour les autres les signes du pardon et de la miséricorde de Dieu. Comme tout groupe humain, nous pouvons rencontrer de tensions, voire de conflits, mais parce que Jésus marche avec nous, Il nous donne la force de dépasser nos rancœurs, nos incompréhensions et d’inventer des mots et des gestes qui ’délient’ les brouilles, les nœuds qui peuvent surgir entre nous : " Si ton frère a commis un péché contre toi, va lui faire des reproches seul à seul. S’il t’écoute, tu as gagné ton frère… Tout ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans le ciel." N’oublions jamais cette Grâce : la réconciliation fraternelle régénère l’Eglise et le monde. BONNE RENTREE A TOUS !

Michel Retailleau

« Qui c’est Jésus pour moi ?" 27 aout 2017

" Qui je suis pour toi ? " Quand une telle question nous est posée dans la vie, que ce soit dans une relation d’amitié ou d’amour, rien n’est plus pareil après. Quelque chose se passe qui fait qu’une relation va se poursuivre et s’approfondir ou bien… s’arrêter. Jésus a voulu vivre une semblable expérience avec ses disciples. Jusqu’ici, les disciples l’avaient vu agir, parler et lui reconnaissaient une" autorité " devant ce qu’il disait et faisait. Mais un jour, Jésus a voulu aller plus loin en posant la question de confiance : « Pour les gens mais aussi et surtout pour vous, qui suis-je ? » Et chacun se trouve renvoyé à lui-même : « Qui est-il vraiment pour moi ? » Question vitale non seulement pour les disciples mais aussi pour nous aujourd’hui tant la réponse nous implique personnellement. Car en disant ce qu’il est pour nous, nous disons en même temps ce que nous attendons de lui.
Si nous répondons : " Jésus, c’est une belle personne, quelqu’un de doux, de miséricordieux, de non-violent, d’attentif aux pauvres et aux petits…" nous disons seulement notre admiration pour sa personne mais pas ce que nous attendons de lui. Il n’est alors qu’un personnage du passé, grand certes mais qu’un parmi d’autres que la terre a portées. Mais s’il est seulement du passé, nous ne pouvons rien attendre de lui si ce n’est une source d’inspiration pour notre vie. Dire que Jésus n’est qu’ un nouveau Jean Baptiste, un nouvel Elie, un nouveau Jérémie ou un nouveau prophète, ça ne dit rien de ce que nous pouvons attendre de lui : une Source de Salut, une Présence toujours actuelle à nos côtés.
Aussi la réponse de Pierre est un éclair de foi génial. En disant à Jésus : " Tu es la Christ, le Fils du Dieu Vivant ", il ne dit pas seulement les qualités de Jésus mais aussi d’abord ce que sa foi attend de Lui. Il fait sienne l’attente du peuple Juif d’un Messie, Envoyé de Dieu qu’il voit réalisée. En disant à Jésus qu’il est " le Christ ", il lui reconnaît ce pouvoir unique qu’il a, non seulement de réveiller mais aussi de communiquer le goût et l’élan de vivre comme jamais personne ne l’a fait avant lui. En le reconnaissant comme "Christ", il dit qu’il est Celui qui permet vraiment de traverser les tempêtes de l’existence en venant nous rejoindre au milieu de nos épreuves… En disant qu’il est " le Fils du Dieu Vivant ", il dit qu’il a certes une manière divine de vivre en homme mais plus encore qu’il est Dieu en personne, Dieu aimant dans un cœur et un corps d’homme et que nous pouvons changer notre coeur.
Connaître Jésus est non seulement le fruit d’un savoir sur Jésus appris au catéchisme mais aussi le fruit d’ expériences intérieures d’une Présence actuelle puisées dans les moments heureux ou malheureux de l’existence. Le Christ attend de nous une réponse personnelle et libre à la question de confiance qu’il pose aujourd’hui à chacun : " Qui je suis pour toi ? "
Michel Retailleau

" Qui est Jésus pour toi ? " Une paroissienne m’a répondu dans la semaine, avec son expérience, ses mots, son coeur et sa foi :

" Tout d’abord, merci à toi d’avoir posé cette question à chacun de nous dimanche dernier, à la fin de ton homélie. En ce qui me concerne, cela m’a apporté une joie profonde d’y répondre, très spontanément. A tel point que pour la première fois de ma vie, l’écriture m’a semblé couler de source ! Je ressentais l’impression étrange et merveilleuse, de ne pas seulement écrire "Qui est Jésus pour moi ?" mais que c’était Lui qui écrivait ces mots pour moi. Je me suis dit qu’Il était vraiment là, en moi, que je vivais "avec Lui, par Lui et en Lui." Merci à Dieu pour cette grâce, et merci à toi de m’avoir permis d’accoucher de ces mots " :

"Jésus est l’Homme de ma vie et de toute vie. Il est le Maître de la moisson qui me demande de semer l’amour. Il est le Gardien de mon âme, le Silence et la Paix de mon coeur. Il est Celui pour qui je souffre. Il est Celui qui vient à mon secours quand je m’y attends le moins, ou de manière détournée. Il est le Veilleur de mes jours, de mes nuits et du monde. Il est la Lumière infinie. Il est Celui qui m’accompagne dans ma quête de Dieu son Père. Il est Le prénom que j’aime prononcer avec douceur et tendresse. Il est l’amour qui inonde mon corps, que ma mémoire ne pourra oublier. Il est le Seigneur à qui mon coeur murmure inlassablement "je t’aime". Il est l’origine et la joie de mes rencontres. Il est Celui qui me lie et me relie aux êtres. Il est Celui qui donne tout sans rien attendre en retour."

Et toi, si tu risquais ta réponse à toi... Et si tu voulais me l’envoyer, anonyme ou non : P. Michel Retailleau : tataillemichel@wanadoo.fr

La Cananéenne 20 aout 2017

Que Jésus chasse à coups de fouet les vendeurs du temple, nous comprenons. Que Jésus se fâche contre ses disciples qui empêchent des enfants de l’approcher, nous applaudissons. Mais que Jésus se montre sourd à la détresse de cette étrangère qui le supplie de sauver sa fille "tourmentée par un démon", alors-là, nous ne comprenons plus. Comme nous ne comprenons pas ses arguments : " Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël. " Les bienfaits de Dieu seraient-ils réservés au seul peuple juif, élu ?
Mais ce récit nous interroge plus encore : Jésus, lui "l’homme-Dieu", serait-il plus homme que Dieu ? Serait-il trop humain en étant prisonnier des principes de sa religion juive ? Serait-il trop humain en s’enfermant sur sa première réaction négative : c’est une païenne, je n’ai pas à l’écouter ?... Oui, Jésus serait-il trop humain et pas assez Dieu ? Mais, derrière son attitude qui peut nous choquer, nous découvrons un autre Jésus.
Nous voyons un homme qui se laisse bousculer par sa divinité. S’il est homme, avec des mouvements d’humeur humains, il n’en est pas moins Dieu ! Il pourrait s’enfermer dans son bon droit, dans cette mission de n’aller " qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël ". Or devant les cris de cette femme qui rejaillissent jusqu’en sa divinité, il va peu à peu changer d’avis et sa vision trop étroite de la mission reçue de Dieu.
D’abord, il est saisi aux entrailles par la vérité des cris de la Cananéenne qui, humblement, vient " se prosterner devant lui." Justesse du geste mêlée à la justesse des cris : " Seigneur, viens à mon secours. " Justesse qu’il perçoit jusque dans la réponse à sa phrase provocatrice : " Il n’est pas bien de prendre le pain des enfants et de les jeter aux petits chiens. " La répartie de la femme est d’une telle beauté qu’elle fait preuve d’une intelligence vive de la foi : " Oui, Seigneur ; mais justement, les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres." Et là, l’homme-Dieu qu’est Jésus est si ’ scotché ’ que son cœur miséricordieux ’craque’ d’admiration comme craque en lui toute barrière ou discrimination raciale ou religieuse : " Femme, grande est ta foi, que tout se passe pour toi comme tu le veux." Aussi extraordinaire que cela paraisse, cette femme a eu raison de l’étroitesse humaine première de Jésus et l’oblige à voir sa mission bien plus large… Elle a eu pouvoir sur le Cœur du Christ.
Et nous, ne sommes-nous pas souvent trop humains et pas assez " divins" ?... N’y a-t-il pas autour de nous des gens qui quémandent "les miettes" de nos richesses, de notre culture, de notre foi et qui nous obligent à voir plus loin et plus large ?
Michel Retailleau

L’ASSOMPTION 15 aout 2017

Pour célébrer la fête de l’Assomption, il nous est donné de méditer la rencontre de ces 2 femmes enceintes que sont Marie et Elizabeth sa cousine. Déjà, nous entrons dans le mystère de l’Assomption. Tout l’être intime de Marie, corps, âme, esprit est habité par la présence de l’enfant Jésus qu’elle porte en son sein : "Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur." Marie n’en revient pas que Dieu l’ait choisie pour "donner corps" à son propre Fils. Comme elle ne cessera de le faire durant toute sa vie.
D’abord au sens corporel, elle est "la matrice" qui l’a porté… Nous savons aujourd’hui à quel point, dans la vie intra-utérine, une mère peut communiquer avec l’enfant qu’elle porte. Et à quel point, elle peut lui transmettre ses joies, ses angoisses, ses tristesses. Marie ne fut pas qu’une "mère porteuse". Si Jésus a été un être exceptionnellement équilibré, un homme totalement ouvert aux joies et aux souffrances des autres, … tout cela, il l’a reçu par la mère et la femme que fut Marie "couverte de l’ombre de l’Esprit Saint" .
Mais Marie a donné "chair" à Jésus, en étant l’éducatrice maternelle de son être filial. Marie a su l’éveiller aux mots et aux gestes de l’attitude filiale envers Dieu. Sa nature de femme simple, disponible, joyeuse, confiante, habitée de l’Esprit Saint, elle a su la communiquer à son fils. Elle est la femme du peuple qui a aimé Jésus et en qui Jésus a découvert ses propres puissances d’affection, d’amour humain et spirituel. C’est sur elle, qu’enfant, il a déversé les 1ers sentiments de son cœur. C’est en imitant sa Mère et en priant avec sa mère que Jésus a appris les mots et les gestes de la confiance en Dieu. C’est auprès de sa mère que, de façon privilégiée, Jésus a connu l’attente du peuple juif d’un Sauveur. Sans Marie, l’incarnation de Jésus était impossible !
Mais Marie n’est pas liée qu’à l’éducation de Jésus, elle est liée intimement à sa mission. Elle est présente au premier miracle, à Cana où Jésus change l’eau en vin et elle demeure toujours notre intercesseur : "Ils n’ont plus de vin". Elle est là au pied de la croix comme elle est là dans nos croix pour nous tourner vers son fils ressuscité. Elle est là aux tout-débuts de l’Eglise au Cénacle comme elle marche aujourd’hui avec l’Eglise . En fêtant l’Assomption, nous célébrons le mystère d’une femme qui a été unie d’une manière très intime à la vie de Jésus. Qui s’est donnée corps et âme à Dieu dans la Mission de Jésus. Si elle n’a pas connu la mort et a été enlevée au ciel ou s’est "endormie dans la mort", comme disent nos frères orthodoxes, c’est parce qu’elle n’a jamais cessé, durant son existence, de ressusciter avec Jésus. Son corps mais aussi son âme et son esprit qui, toute son existence, avaient été orientés pour le Christ, lui le Prince de la Vie, ne pouvaient pas mourir !
Michel Retailleau

Courage et Confiance 25 juin 2017

Avec la fin de cette longue année électorale, voici une nouvelle étape pour notre pays… Avec les examens et la fin de l’année scolaire, voici un nouvel espoir pour beaucoup de jeunes… Avec l’arrivée des « mois d’été », voici les projets de quelques jours de pause, de repos… etc.
Et dans l’évangile, aujourd’hui, Jésus nous parle de l’envoi en mission de ses disciples : « ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le en pleine lumière ; ce que vous entendez au creux de l’oreille, proclamez-le sur les toits. »
Voici donc une double invitation à chacun de nous.

• D’abord une question, comme une invitation à une relecture de notre vie.
Depuis cette glorieuse semaine de la Passion, mort et résurrection de Jésus, Dieu nous a
longuement parlé. Il nous a redit son immense amour, son pardon total, sa tendresse pour tous, à travers des évènements lumineux et mystérieux : la venue de l’Esprit à la Pentecôte, la révélation de son intimité de « Dieu Trinité », sa présence fidèle dans l’Eucharistie… facettes éclatantes d’un même Mystère qui veut se donner à connaître par tous : « la grâce de Dieu s’est répandue en abondance sur la multitude, cette grâce donnée par un seul homme : Jésus Christ ».
Alors quelles lumières avons-nous reçues « au creux de notre cœur ? »
Comment allons-nous les partager à d’autres, les proclamer pour qu’elles brillent « pour la multitude » ?

• Pour vivre cette mission aujourd’hui - comme hier avec ses disciples- Jésus ne nous donne ni méthode ni « organisation toute faite »… mais plutôt 2 consignes.
« Ne craignez pas ceux qui tuent le corps », c’est-à-dire dans cette mission, vous serez critiqués, vous connaitrez oppositions et même persécutions. Ce fut l’expérience de Jérémie et de tous les prophètes. C’est toujours vrai aujourd’hui. Le pape François nous le rappelait récemment : « Je suis convaincu que les persécutions qui frappent aujourd’hui les chrétiens sont plus fortes que lors des premiers siècles de l’Église » (interview en juin 2014).
Aussi « ne craignez pas ceux-là qui blessent le corps sans pouvoir atteindre l’âme », mais « Craignez plutôt Celui qui est le Maître du corps et de l’âme ». Oui, Celui-là, respectez-le, écoutez-le et vivez selon ses commandements, et alors « soyez sans peur », ayez confiance, car « il écoute les humbles » et plus que toute sa belle création, il vous aime. Restez fidèles au chemin qu’il vous a montré en son Fils Bien Aimé Jésus Christ, c’est lui qui vous conduira jusqu’au bout. C’est lui qui fera de vous ses témoins.

Tout au long de notre mission, faisons notre la prière de l’Église aujourd’hui :
« Fais nous vivre à tout moment, Seigneur, dans l’amour et le respect de ton saint nom, enracinés solidement dans ton amour. »

Gaby GOULLIN

NOTRE DIEU EST TRINITÉ 11 juin 2017

Dans notre vie de croyant, la découverte du Dieu Trinité est progressive et arrive pour la majorité d’entre nous au terme d’un cheminement parfois long et difficile. Rassurons-nous : Ce fut le cas aussi pour les apôtres ! Dans leur compagnonnage avec Jésus, ils l’ont d’abord entendu dire à Dieu « Père ». Ils étaient stupéfaits en l’entendant dire « Abba, Père, Papa » et leur demander « Quand vous priez, dîtes comme moi « Abba, Père ». Durant la passion ils sont témoins de cette intimité entre Jésus et son Père dans la souffrance la plus grande quand le Père se tait et que le Fils lui dit : « Je remets mon esprit entre tes mains. » Ils constatent que Jésus et le Père ne font qu’un. A la Pentecôte, les apôtres sont envahis par l’Esprit de Dieu. Ils ont désormais en eux Celui que Jésus avait en Lui. C’est bien l’Esprit de Jésus mais il ne peut être que l’Esprit de Dieu car Dieu seul peut donner son Esprit. Cet Esprit est Dieu lui aussi. Il est donc le troisième.

Posons-nous cette question : « Si Dieu n’était pas Trinité, qu’est-ce que ça changerait dans ma
vie ? ». Nous pourrions toujours affirmer tranquillement qu’Il est tout puissant. Mais me serait-il possible de m’abandonner entre ses mains avec une totale confiance si je ne savais pas de quelle puissance il s’agit ? Un être tout puissant inspire la méfiance et la peur. Mais tout change si cette puissance est la toute puissance de l’Amour. Comme l’apôtre Saint Jean à la fin de sa vie, il nous faut dire : « Dieu est Amour ». Ce n’est pas une de ses qualités, c’est l’Être même de Dieu.

Dieu Trinité n’est donc pas un Dieu jaloux, dominateur, vengeur. Ce n’est pas Jupiter. Il est le Dieu du Partage. Dieu le Père a envoyé son Fils qui « n’a pas jugé bon de revendiquer son droit d’être à l’égal de Dieu mais au contraire s’est dépouillé lui-même en prenant la condition de serviteur » (Phil 2/5). Le Fils nous a montré qu’il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. L’Esprit ne cesse de nous envoyer ses dons qui sont : patience, humilité, partage, joie et paix.
Dieu Trinité n’est pas un solitaire. Il est relation et communication. Chez les humains, créés à son image, aucun n’est une île. Voilà le fondement de la charité qu’il nous faut offrir à tous nos frères humains. Voilà la source de son commandement : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. »

Alain OLLIVIER

Quelle histoire extraordinaire ! 4 juin 2017

Aujourd’hui, que célébrons-nous ?
Un événement extraordinaire ? Oui, sans doute, mais beaucoup plus : nous sommes invités à célébrer et à participer toujours plus à une histoire extraordinaire. Essayons d’en accueillir le dynamisme.

« Après la mort de Jésus » nous dit l’Évangile de Jean, « voici le 1er jour d’un temps nouveau. » Jésus le crucifié du Golgotha se manifeste vivant au milieu de ses disciples et il les envoie avec la promesse « Recevez l’Esprit Saint ». Esprit de pardon et de paix. Évènement vécu avec quelques intimes : joie d’une amitié fidèle et promesse d’une réconciliation ouverte à tous.
« 50 jours plus tard » écrit Luc dans les Actes des Apôtres, - 50 journées d’attente, de confusion, de recherche – vient un autre évènement, public cette fois, avec « vent violent » et « langues de feu ». C’est la réalisation de la promesse donnée : l’Esprit parle à travers les apôtres renouvelés, revigorés et commence à rassembler et réconcilier hommes et femmes de toutes nations. Surprise, étonnement mais déjà depuis des siècles l’annonçait le psaume : « Quelle profusion dans tes œuvres, Seigneur ! Tu renouvelles la face de la terre ». Et tous entendent dans leur propre langue les merveilles de Dieu.
Mais l’histoire ne s’arrête pas là… Paul l’apôtre des païens, le fondateur de quelques belles communautés de croyants à travers oppositions et épreuves… peut témoigner que l’histoire continue, l’histoire du salut offert à tous. Elle n’est pas d’un jour, mais de toujours. « À chacun est donnée la manifestation de l’Esprit en vue du bien commun » … « pour renouveler la face de la terre. » Alors, aujourd’hui, nous sommes invités à unir nos voix à celles de tous ces témoins, nos vies à leur vie. « Viens Esprit saint, emplis le cœur de tes fidèles. Allume en nous le feu de ton Amour. » A notre tour, devenons des témoins des merveilles de Dieu ! Comment cela ?

Dans un monde qui souvent nous propose un bonheur seulement matériel et vite dépassé, laissons l’Esprit continuer en nous et dans nos communautés, la proclamation de la joyeuse nouvelle de la Résurrection du Christ. « Il est vivant… aujourd’hui ! »

Dans un monde qui souvent nous inquiète et nous invite « à bâtir des murs plutôt que des ponts », ouvrons-nous chaque jour davantage à l’Esprit de réconciliation, de justice et de paix pour qu’il continue aujourd’hui son œuvre de salut pour tous.

Dans un monde qui constamment nous sollicite pour des activités ou distractions superficielles, sachons donner du temps au silence, à la prière pour accueillir l’Esprit et pour qu’il fasse de nous les témoins humbles et joyeux de cette histoire d’amour que Dieu désire vivre avec chacun de nous.

Gaby GOULLIN

NÉS POUR LA GLOIRE DE DIEU 28 mai 2017

Après l’Ascension, les apôtres se retrouvent seuls. Le Christ étant retourné vers son Père, la belle aventure serait-elle finie ? Non, nous dit l’Evangile de Jean, c’est l’heure de la Gloire de Dieu qui s’ouvre. Celle du Père, celle du Fils mais aussi de la nôtre : " Père, l’heure est venue. Glorifie ton Fils afin que le Fils te glorifie.. Ainsi il donnera la vie éternelle à tous ceux (dont nous) que tu lui a donnés " Mots voilés pas faciles à saisir mais d’une profondeur incroyable !

La" Gloire de Dieu " pour Jésus n’est évidemment pas la gloire trop humaine des vainqueurs et des honneurs. C’est avant tout l’expérience d’un lien d’amour, de confiance et de reconnaissance qui circule mystérieusement entre son Père et lui. Lien qu’il a vécu sa vie durant mais d’une manière particulièrement unique à l’heure de la Croix. Ce fut " l’heure " où Dieu son Père lui a communiqué tout son " poids" (en hébreu, " gloire" signifie " poids") de Présence, de Force pour aller jusqu’au don total de sa vie ’pour notre salut’.

Et cette "Gloire de Dieu ", il a voulu en faire don à toute l’humanité, dans cette ’Vie en abondance’ qu’est " la vie éternelle". C’est-à-dire une vie pleine qui ait son "poids d’amour". Trop de vies humaines sont légères, sans poids, sans véritable souffle parce qu’il y manque l’amour de Dieu et des autres ! Le grand Nelson Mandela l’avait compris, lui qui, le jour de son intronisation à la Présidence de la République d’Afrique du Sud, en 1994, s’est adressé à chacun de ses compatriotes avec une rare audace : " Vous êtes un enfant de Dieu. Vivre petit ne rend pas service au monde. Nous sommes nés pour rendre manifeste la Gloire de Dieu qui est en nous." Appel à la liberté et à la responsabilité d’une grande hauteur !

Être attentif à ses voisins, c’est "rendre Gloire à Dieu ". S’engager pour la paix et la fraternité en luttant contre l’individualisme et l’injustice, c’est " rendre gloire à Dieu " Apprendre les mots et les gestes de la Miséricorde, c’est " rendre gloire à Dieu "... Ouvrir toujours plus son cœur à l’Amour de Dieu, et travailler à apporter à l’humanité un surplus d’amour et de ’poids humain’, c’est "rendre Gloire à Dieu ". Ainsi, on accueille de Lui la Vie comme un Cadeau qui nous fait communier à son Souffle Créateur et Sauveur et on la fait circuler en ce monde. Et l’Esprit Saint nous fait chanter : "Oui, il est vraiment juste et bon de rendre Gloire à Dieu " !


Michel Retailleau

Viens Esprit Saint 21 mai 2017


La fête de la Pentecôte est maintenant toute proche. Déjà, dimanche dernier, Pierre nous rappelait que nous sommes le peuple de Dieu « destiné à annoncer les merveilles de Celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière. » Aujourd’hui l’auteur des Actes des Apôtres nous fait revivre la prédication de Philippe en terre hérétique de Samarie, en concluant : « et il y eut dans cette ville une grande joie. » Prédication de la Parole, signes étonnants, conversions et joie ; ce sont quelques unes des innombrables « œuvres de l’Esprit ». Elles réalisent la promesse de Jésus à ses amis : « Le monde ne me verra plus, mais vous, vous me verrez vivant, et vous vivrez aussi. » Elles manifestent que Jésus est ressuscité, toujours vivant, présent et agissant dans le monde. Là est la source de la force et la joie des apôtres.

Et aujourd’hui, nous disciples de Jésus dans ce 21eme siècle, savons-nous voir Jésus vivant et vivre avec lui ? Le reconnaissons-nous, voyons-nous la puissance de l’Esprit toujours en action ?
En quelques enfants qui ont découvert Jésus au catéchisme et s’apprêtent à l’accueillir de tout cœur…
Dans une communauté qui se mobilise et s’organise pour ce faire toujours plus proche et ouverte aux besoins de ceux au milieu de qui elle vit.
Dans ces jeunes qui régulièrement se retrouvent pour accueillir la Parole et en vivre.
Chez ces frères et sœurs ainés, handicapés, qui vivent leur solitude et leurs souffrances avec courage, confiance et foi…
Dans tant de faits « ordinaires » dont nous sommes témoins chaque jour, mais « extraordinaires » car fruits de la puissance de l’Esprit. Savons-nous les voir et les recevoir pour ce qu’ils sont ?

Oui…. et non ! Aussi accueillons attentivement l’appel de Pierre, toujours actuel : « Soyez toujours prêt à rendre compte de l’espérance qui est en vous ! » c’est-à-dire :
- appel à l’accueil permanent, profond de la Parole de Dieu par l’écoute, le dialogue, la méditation priante pour qu’elle éclaire notre vie quotidienne.
- appel à l’effort pour trouver les mots et les gestes nécessaires pour partager cette lumière… dans nos familles, au travail ou à l’école… partout.
- appel au courage pour affronter critiques, oppositions, incompréhension… « Comme le Christ » a souffert » pour nous montrer le chemin.
Appel à une conversion permanente. Personnelle et communautaire. Invitation à nous ouvrir à l’espérance toujours vivante, à expérimenter la vérité de la promesse de Jésus ! « Moi, je prierai le Père et il vous donnera un autre défenseur, l’Esprit de Vérité qui sera toujours avec vous. »

Gaby GOULLIN


Le Chemin, la Vérité et la Vie. 14 mai


Dans les Actes des Apôtres, la toute jeune communauté chrétienne de Jérusalem est en pleine effervescence. Certains se plaignent du mauvais fonctionnement de l’assistance aux veuves. Les apôtres se doivent de redéfinir les priorités de la communauté. Ainsi se met en place le groupe des sept, avec la mission du " service des tables " sous toutes ses formes. Saint Pierre s’adresse à des communautés chrétiennes qui sont persécutées et déshonorées dans l’environnement païen. Le temple de Jérusalem, signe de la présence de Dieu au milieu de son peuple, a été détruit. Mais, pour les chrétiens, Jésus est devenu lui-même comme le « vrai Temple, demeure de Dieu parmi les hommes. »

L’Évangile de ce dimanche nous replonge au soir du Jeudi Saint où Jésus annonce à ses disciples son départ vers le Père. Départ qui n’est pas abandon ni fuite. Jésus annonce qu’il leur prépare « une place dans la Maison de son Père ». Bonne Nouvelle, car c’est un appel à vivre dans l’espérance ! Le Christ reste bien présent au milieu d’eux. Il est « le chemin, la Vérité et la Vie ». C’est en passant par lui que l’on va au Père. Jésus n’est pas un simple chef religieux qui enseigne dans une synagogue. Il est " le chemin", celui par qui on peut rencontrer Dieu Avec le Christ ressuscité, notre vie elle-même devient un chemin d’espérance, un chemin de confiance. Notre vie se trouve transformée par l’Amour qui vient de Dieu. Sa Parole nous met en mouvement.

Ce Jésus qui s’adressait à ses apôtres est toujours "Dieu avec nous" ; chaque jour, c’est Lui qui vient à nous comme Lumière dans la nuit. Il n’a jamais cessé de nous aimer. Et quand nous tombons, il vient nous dire : "Reprends confiance en toi ; remets-toi en route ; tu vaux plus que ce que tu crois ; je suis avec toi pour te prendre par la main quand tu risques de flancher." Jésus va même jusqu’à dire : "Celui qui croit en moi accomplira les mêmes œuvres que moi." Ce mot "œuvre" nous renvoie à la grande œuvre de Dieu qui est de libérer son peuple. Dieu veut libérer l’humanité de tous ses esclavages et il veut nous associer à son " œuvre " ! Bonne Nouvelle pour les apôtres d’hier, comme pour nous aujourd’hui.

Jean Pierre Maçon

« La porte qui ouvre sur la vie. 7 mai 2017 »


Aujourd’hui, journée électorale dans notre pays.
Aujourd’hui, « dimanche des vocations » dans notre église.

Le fondateur des Fils de la Charité, le Père Anizan, aimait à rappeler à ses frères les exigences de la vocation Fils : être des pasteurs tout donnés à la mission et des contemplatifs de la présence active de Dieu dans le monde. Souvent il recevait en écho cette interrogation : « Actifs et contemplatifs à la fois, est-ce possible ? Comment devons-nous faire ? » Et sa réponse fusait : « Comme Jésus a fait ! »
C’est la même invitation que Pierre écrit à ses frères qui souffrent humiliations et persécutions diverses à cause de leur conversion et de leur fidélité à leur vocation chrétienne : « Le Christ lui aussi a souffert… Il nous a laissé un modèle pour que suivions ses traces. » C’est-à-dire « faites comme il a fait » ! Et Pierre ajoute : « ce chemin est une grâce » c’est-à-dire « une chance », mais une chance bien difficile à vivre car il s’agit de « suivre les pas de Jésus ».

Dès le jour de la Pentecôte, Pierre avait annoncé la couleur : « Convertissez-vous…détournez-vous de cette génération tortueuse ». Car il s’agit vraiment d’une conversion, d’un vrai retournement, de prendre un autre chemin que celui du monde ambiant.
A la lumière de la parole de l’évangile, nous pouvons dire : « prenez la bonne porte ! »
Appel bien nécessaire en ces temps où la société comme des fois aussi l’Église, des nations ou des communautés chrétiennes sont tentées de se laisser séduire par toutes sortes d’individualisme, de se replier sur elles-mêmes et finalement de « fermer les portes ». Mais alors, quelle est la bonne porte ?

Écoutons avec joie Jésus proclamer dans l’Évangile : « Moi je suis la porte ». La porte qui ouvre sur un chemin de salut « si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé » ; sur un chemin de liberté, de responsabilité « il pourra entrer et sortir » ; sur un chemin de plénitude « il trouvera un bon pâturage » et finalement sur le chemin de VIE « car je suis venu pour qu’ils aient la vie, la vie en abondance ».
Comme aux premiers chrétiens, Pierre nous redit « cette promesse de vie, elle est pour vous et tous ceux aussi nombreux que le Père appellera » car « c’est bien à cela que vous avez été appelés par votre baptême. »

Soyons attentifs à écouter notre Bon Pasteur ; il appelle chacun « car le vrai berger appelle ses brebis chacune par son nom » comme il appelle toute communauté locale ou nationale. N’ayons pas peur de « sortir » à sa suite. « Comme Lui » nous connaîtrons difficultés et résistances, mais « comme Lui » et avec Lui nous serons vainqueurs.

Gaby GOULLIN


UN DIEU COMPAGNON DE ROUTE 30 avril 2017

Nous doutons souvent que Dieu soit dans notre vie. Dans les bons moments, oui peut-être mais dans les moments d’épreuve ou de fragilité, où est-Il ? L’Evangile des pèlerins d’Emmaüs nous éclaire. Loin de se désintéresser de tout ce qui fait notre vie, Dieu nous est présenté comme un merveilleux Compagnon de route… En chemin, Cléophas et son ami sont profondément tristes, voire déprimés. Ils ressassent les évènements survenus à Jérusalem ; l’espoir qu’ils avaient mis en Jésus de Nazareth s’est envolé. Avec d’autres, ils avaient espéré que ce "prophète puissant par ses paroles et ses actes" allait changer leur vie jusqu’à la vie politique… en mettant l’occupant romain à la porte. Mais leurs beaux rêves sont morts et leur âme a froid !

Ne nous arrive-t-il pas, à nous aussi, de vivre des jours d’abattement : un amour déçu, la perte d’un travail, un deuil cruel, un échec cuisant, le poids d’une faute... ? Comme pour les disciples d’Emmaüs, c’est à ce moment-là que Dieu "s’approche" et se met à "marcher avec nous". Compagnon de route d’une infinie discrétion au point de ne pouvoir le "reconnaître". Compagnon d’une extrême délicatesse qui nous invite à Lui "Donner" jusqu’à nos tristesses, nos déceptions et nos amertumes (cf. prière de Marie Noël au dos). Ce n’est pas en dehors de notre vie ni de celle du monde que Dieu nous rejoint. Mais c’est bien là qu’il nous attend : au cœur de nos blessures, de nos souffrances et de nos espoirs déçus.

Il le fait sans reproche, sans jugement, toujours avec le souci de réveiller la Vie… en se faisant compagnon de nos nuits : "Reste avec nous, car le soir approche et le jour baisse." Et la lampe de notre foi et de notre espérance, chancelante à certains jours, se réanime au contact de sa Présence. Présence qui se donne d’une manière toute particulière dans l’écoute de Sa Parole et dans l’Eucharistie. Ainsi, Il transfuse en nous son Energie de Ressuscité et ravive notre désir de vivre avec Lui et avec nos " frères". Car, Compagnon de route, Dieu veut l’être pour tous. Des pèlerins d’Emmaüs abattus et déprimés, il fait des témoins ardents : " A l’instant même, ils se lèvent et retournent à Jérusalem, pour raconter ce qui s’est passé sur la route." Dans un monde déboussolé et désenchanté, Dieu veut transmettre l’Energie de Pâques à nos propres compagnons tristes et abattus !

Michel Retailleau

" IL VIT ET IL CRUT " 23 avril 2017

« Le 1er jour de la semaine, Marie-Madeleine se rend au tombeau de Jésus. » Pour elle, c’est un jour de tristesse. Comme c’est le cas dans notre vie quand nous nous rendons sur la tombe d’un être cher. Mais aujourd’hui, la tristesse est plus grande encore. Ce n’est plus seulement l’adieu à un ami dont le corps finit dans la tombe ; c’est l’espérance d’un Règne nouveau qui est anéantie.

L’Évangile de saint Jean nous dit qu’il faisait encore sombre. Comprenons bien : il ne s’agit pas d’abord de l’obscurité de la nuit mais bien plus de l’apparition de la Lumière qui commence à l’emporter sur les ténèbres. Et qui chasse la nuit dans laquelle les hommes sont plongés à cause de leur péché. Jésus Ressuscité est la Lumière qui luit dans les ténèbres. Cette lumière, rien ne peut l’arrêter. Rien ne peut l’empêcher de briller, d’être expression de DIEU pour le Monde.

C’est cela qui est important pour nous aujourd’hui : comme Marie Madeleine, Pierre et Jean, nous sommes invités à être les témoins de la Résurrection de Jésus. Si le "tombeau est vide", nous avons avec NOUS les Quatre Evangiles qui rapportent les apparitions du Christ ressuscité. Ces apparitions sont le témoignage et les "signes" qui donnent FORCE à notre FOI. C’est ainsi que nous pouvons ressentir et vivre de la divine Miséricorde de DIEU. Si nous croyons au Christ ressuscité, c’est parce que nous faisons confiance au témoignage des apôtres et à celui des communautés chrétiennes qui nous ont été transmis de génération en génération. Le salut est offert à tous, même aux païens, Dieu n’exclut personne ! Quelque soit sa nation ou sa langue, toute personne peut recevoir le salut dans la mesure où elle accueille l’Évangile. Cette Bonne Nouvelle doit être proclamée à tous les peuples du monde entier. C’est pour tous que le Christ a donné sa vie sur la croix.

Ne devons-nous pas sortir de nos "tombeaux" pour vivre un AMOUR vrai ?... Rouler la pierre du découragement qui nous emprisonne et nous empêche d’aller de l’avant ? Et laisser le Pardon et la Miséricorde triompher en nous ? C’est par notre manière de vivre que nous pourrons manifester que le Christ est VIVANT.
Jean Pierre Maçon

RIEN A VOIR MAIS TOUT A VIVRE ! 16 avril 2017

Mais que s’est-il donc passé en ces 1ers jours d’avril de l’an 30 ? Notre esprit curieux aimerait fixer l’Evènement, sur la pellicule. Peine perdue, les récits des Evangiles ne donnent rien à voir ! S’adressant à notre imaginaire, St Matthieu évoque un grand " tremblement de terre ". Ainsi que l’Ange du Seigneur qui descend du ciel pour rouler la pierre tombale et qui - ultime clin d’œil - finit par "s’asseoir dessus". Comme un vainqueur s’assoit sur son vaincu, comme la Vie du Christ l’emporte sur la mort. Mais ces images ne sont que des images. Le plus important, c’est le vécu de Marie Madeleine et Marie, ce qui se passe dans l’intimité de ces deux femmes.

L’ange leur dit : "Vous, soyez sans crainte. Jésus le crucifié que vous cherchez, il n’est pas dans le tombeau, il est ressuscité. Vite, allez l’annoncer aux disciples… Et Vite, (sans même avoir vu), elles partent, ’remplies de crainte et d’une grande joie’ porter la nouvelle aux disciples." Chemin faisant, Jésus ressuscité vient à leur rencontre et les salue de son beau regard et de sa voix chaleureuse de Vivant. Contraste entre d’un côté l’image d’un "tremblement de terre" où tout s’effondre et de l’autre, ces femmes qui renaissent à la vie en éprouvant un sentiment de joie et d’émerveillement qui devient ’pur bonheur’ quand elles sont invitées à répondre au salut que le Ressuscité leur adresse !

Être baptisé aujourd’hui ne nous fait pas déserter les risques de la vie ni taire nos inquiétudes face aux craquements et aux mutations de la société. Vivre en baptisé, c’est faire l’expérience intime que nos existences sont visitées par Dieu qui veut rencontrer chacun comme il est : "Je te salue ". C’est faire l’expérience intérieure d’une Présence Vivante du Ressuscité, fragile et forte à la fois, qui dilate le cœur et donne profondeur à la vie… Faire l’expérience d’une Paix et d’un Elan qui nous soulèvent pour vivre déjà d’une Vie Nouvelle, en nous redisant que nous sommes ’frères et sœurs’ du Christ.

Croire au Ressuscité, c’est recevoir encore l’assurance intérieure que toutes les formes de mort que nous rencontrons dans l’existence peuvent être des "passages" (des " Pâques") à faire avec le Christ. Jusqu’à ce ’passage’ ultime de la mort terrestre qui nous fera vivre définitivement en ressuscités avec Lui… Avec la Résurrection, il n’y a rien à VOIR, mais TOUT A VIVRE !
Michel Retailleau

La vie éternelle …… déjà là ! 2 avril 2017

Avec de nombreuses communautés, nous célébrons aujourd’hui le dernier « scrutin » pour Samson et tous ceux qui seront baptisés durant la Vigile Pascale. « Scrutin », quel mot étrange ! Dans cette liturgie, il fait référence à cette belle prière du psaume 139 :
« Tu me scrutes, Seigneur, et tu me connais ». Cela nous renvoie au regard attentif de Dieu sur chacun de nous ; d’un homme qui s’approchait de Jésus, Marc écrit : « Jésus le regarda et l’aima ». Appel à une rencontre plus profonde, à une amitié durable, définitive. Comme pour la Samaritaine ou l’aveugle né.

Aujourd’hui, c’est Marthe avec sa sœur Marie qui accueille Jésus avec foi ; devant la mort de son frère Lazare, elle proclame : « Je sais qu’il ressuscitera au dernier jour ». Elle croit en la résurrection mais, comme son peuple, pour un futur lointain : « au dernier jour ». Jésus va l’inviter – et nous avec elle- à franchir un autre pas, décisif dans la foi : « Je suis la Résurrection et la Vie. Celui qui vit et croit en moi ne mourra jamais. » C’est le défi de la foi, de la confiance absolue dès aujourd’hui.

Nous le savons bien : la vie est un combat. Un combat pour la vie. Suivre le Christ, c’est vouloir lutter. Pour que la lumière l’emporte sur les ténèbres, la vérité sur le mensonge, et la vie sur la mort. Déjà par le prophète Ézéchiel, Dieu l’annonçait à son peuple : « Je vais ouvrir vos tombeaux, je mettrai en vous mon esprit et vous vivrez ». Paul le proclamera tout au long de sa vie missionnaire : « L’Esprit de Dieu habite en vous. L’Esprit vous fait VIVRE ». Être chrétien, c’est un choix de vie. Plus, c’est le choix de la VIE. Dès aujourd’hui. Choix o combien difficile !

Aussi les « scrutins » des catéchumènes sont pour toute l’Église un temps où nous implorons la force de Dieu. Pour nos frères et sœurs… pour notre communauté. Que l’Esprit Saint nous soit donné pour triompher du mal au jour le jour. Que nous ayons lumière et force pour suivre le Christ dans les combats pour plus de vérité, plus de justice, plus de paix. Cette litanie de supplications, cri de nos profonds désirs, nous la faisons au nom de toute l’humanité : elle sera bien présente tout au long de ces jours de la Passion et à la Vigile Pascale.

« Pour vivre cette vie nouvelle, pour être libre et prêt à suivre le Christ.
Voulez-vous combattre le mal ? »

Comme à Marthe hier, à Samson aujourd’hui, Jésus redit à chacun de nous :
« Je suis la Résurrection et la Vie. Quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? »

Gaby GOULLIN

POUR NOS CORPS FRAGILISÉS, UN SACREMENT.26 mars 2017

Nous naissons "nus" et un jour, il nous faudra quitter cette terre dans la nudité totale de la mort. La vie se charge de nous l’enseigner, que nos santés soient bonnes ou précaires, nous savons que nos corps et nos psychismes sont infiniment vulnérables. Et pourtant, nous sommes traversés d’un désir de vivre qui, à certains moments, nous rend capable d’une étonnante résistance. Le Christ vient nous rejoindre là, à la jointure de cette fragilité et de ce désir profond de vivre. Vécu en ce jour, le Sacrement des Malades en est un signe puissant !

Il est d’abord une Invitation à Vivre que fait le Christ en Personne ! Parce que, sur les routes de Palestine, Jésus a guéri des malades, des infirmes, des possédés… et plus encore parce qu’il est mort et ressuscité d’entre les morts, ce sacrement est une proposition de Vie. Le Christ n’a pas voulu être un "faiseur de miracle" mais un Éveilleur et un Réveilleur d’Energie. En ce sens, le sacrement des malades est un geste fort où le Christ communique sa Puissance de Vie, nous rappelant que le malade, avant d’être un malade, est d’abord quelqu’un qui veut vivre.

Précédée dans la célébration par l’imposition des mains, l’onction d’huile que le prêtre trace sur le front et les mains du malade, signifie que c’est sa personne toute entière (corps, esprit, âme) qui est invitée à accueillir "la visite" du Christ. La présence de la communauté renforce le sens de cette "visite", manifestant combien Il se fait proche de chacun.

Qu’ils vivent dans la maladie, la faiblesse, le handicap ou l’âge avancé… le sacrement que nos frères et soeurs reçoivent en ce jour est aussi un appel à l’Esprit Saint. Pour qu’il "forme le Christ" en eux et qu’Il les envoie en mission au travers même de leur état affaibli. Fragilisés, ils n’en demeurent pas moins les membres vivants de la communauté chrétienne, rendus témoins de la Présence du Christ qui n’abandonne jamais les siens. Par là, ils sont envoyés annoncer, par leur vie, leur parole, leur prière, combien Dieu rejoint chacun jusque dans la souffrance et l’épreuve… Le "Corps du Christ" que nous sommes est formé mystérieusement des "souffrants" comme des "bien portants" !

Michel Retailleau

ÉPUISÉ ? Allons à la Source… PUISER l’Eau Vive. 19 mars 2017

Cette femme qui vient puiser est le symbole de notre humanité blessée, épuisée. Dieu nous voit aller vers le danger et tomber dans le péché. Quand le Christ demande à la Samaritaine "donne-moi à boire », nous comprenons qu’il a soif de la sauver. Il a soif de son affection et de la nôtre.

La Samaritaine sera progressivement amenée à reconnaître en Jésus la Source d’Eau Vive. C’est important pour nous et pour notre monde. Une des caractéristiques de notre temps, c’est l’ignorance religieuse. On finit par s’installer dans le désert de l’indifférence, de l’incroyance, de la "mal-croyance". La foi devient quelque chose de secondaire par rapport au métier, aux loisirs et à nos diverses activités de chaque jour. Dieu en est rejeté. Mais quand on veut chasser le religieux, il revient sous sa forme la plus perverse : c’est la montée des superstitions, des pratiques de voyance, magie blanche ou noire… C’est dans ce désert que Jésus veut rejoindre le monde d’aujourd’hui. Il ne veut pas qu’un seul se perde. C’est pour nous et pour le monde entier qu’il a donné sa vie sur la croix.

Je vous laisse cette question « Quelle est notre véritable soif, notre désir profond ? ». Le Christ ne cesse de nous proposer « l’eau vive. » Ses paroles sont celles "de la vie éternelle". Quand nous acceptons de le rencontrer vraiment, tout est changé dans notre vie. C’est ce qui s’est passé pour la Samaritaine. Porteuse d’eau, elle devient porteuse d’Évangile. Elle court alerter les siens ; elle les amène à rencontrer Celui qu’elle a reconnu comme le Messie. Les samaritains croient en Jésus : c’est lui le Sauveur du monde. Le même Seigneur nous rejoint dans toutes les situations de notre vie, même les plus compliquées. Malgré nos faiblesses et nos péchés, il nous abreuve à la Source
« d’eau vive, » celle de sa Parole et de son Eucharistie. Puis, comme la Samaritaine, nous sommes envoyés pour annoncer que Jésus est vraiment le "Sauveur du monde ».

Jean Pierre Maçon

« Père des croyants » et « Apôtre des nations » 12 mars 2017

Avec notre frère Samson et les catéchumènes qui seront baptisés durant la Vigile Pascale, avec toute l’Église, nous sommes invités à retrouver le sens profond de notre baptême, de notre vocation chrétienne : « père des croyants » et « apôtre des nations ».

Au jour du mercredi des Cendres, nous nous mis en route en marquant nos fronts de quelques cendres, signes de notre fragilité, et avec le signe de la croix, signe de notre communion à Jésus, « le Fils Bien Aimé ».
Aujourd’hui, comme Abram, nous sommes invités à avancer plus loin, toujours plus loin… comme tous les migrants à la recherche de la terre où ils pourront vivre en sécurité et en paix. « Quitte ton pays … et va. » dit Dieu à Abram. Nous le savons : nous avons encore beaucoup à « quitter » de notre confort, de nos habitudes ou fausses certitudes pour arriver à la vie où nous serons en vérité et en paix avec nos frère et sœurs, et avec nous-mêmes.

Par sa fidélité, Abram est devenu Abraham (= père d’une multitude) le père des croyants. Aujourd’hui à juste titre nous nous interrogeons beaucoup sur la transmission de la foi. N’en oublions pas la première condition : notre propre fidélité. C’est par cette fidélité à l’appel de Dieu que nous engendrerons de nouveaux croyants. « Père de croyants » aujourd’hui ! Sans doute, pour chacun de nous comme pour toute l’Église, l’expérience quotidienne d’un monde, qui recherche sa réalisation ou sa plénitude par des chemins opposés à l’Évangile, est une tentation permanente pour s’arrêter ou s’isoler, ou plus simplement pour justifier tiédeur et compromission.

Alors, comme pour Pierre, Jacques et Jean, Jésus nous appelle à des moments de silence, d’attention, d’intimité avec Lui où nous sommes invités à le contempler, à mieux le connaître, grâce au Père qui nous redira dans le secret de notre cœur : « C’est mon Fils Bien Aimé, celui en qui j’ai toute ma joie. Écoutez-le ». C’est bien l’expérience des catéchumènes qui ont reconnu cette présence mystérieuse dans leur vie, qui se sont mis en route espérant trouver en LUI la vie en plénitude.

Alors, nous aussi, « comme fidèle disciples », prenons le temps d’écouter la voix qui à l’intime de nous-mêmes nous dit en présence de la croix de Jésus et des croix que nous rencontrons « Celui-ci est mon Fils Bien Aimé. Écoutez-le »

Avec tous nos frères et sœurs « en chemin » accueillons aujourd’hui cette parole de Dieu transmise par Paul « l’apôtre des nations » : « Fils ou filles bien aimé, avec la force de Dieu prends ta part de souffrances liées à l’annonce de l’Évangile » ! Il s’agit du salut du monde car tel est le projet de Dieu. « Sois un apôtre aujourd’hui ».

Gaby GOULLIN

LE CARÊME, POUR "REGNER DANS LA VIE" 5 mars 2017

Entrer en Carême, c’est reprendre à neuf l’histoire humaine qui va d’Adam à Jésus. C’est faire nôtre l’Histoire du Salut. Comme le dit St Paul : "Si, à cause d’un seul homme (Adam), la mort a établi son règne, combien plus à partir de Jésus et de lui seul, règneront-ils dans la vie, ceux qui reçoivent en abondance le don de la grâce qui les rend justes." Pour "régner dans la vie", il nous faut emprunter le chemin de Jésus. A peine a-t-il le temps de savourer la grâce de son baptême dans le Jourdain que l’Esprit-Saint « le jette dehors » et l’envoie seul au désert avec Satan. Tout Fils de Dieu qu’il est, il n’a même pas droit à une vie tranquille ! Il se trouve lancé dans un combat spirituel où il doit dire « oui » à son Père en même temps qu’il doit dire « non » à des manières trop humaines de croire et d’agir.

Au désert, Jésus s’est « posé » en Dieu… Nos vies bousculées et nos mille tâches à accomplir font de nous des êtres vivant souvent « hors de » nous-mêmes. Sollicités en permanence, nous perdons le goût et le sens de la vie intérieure. Savoir se « poser » en soi-même et se « poser en Dieu ». Sinon, nous négligeons de cultiver cette Soif inscrite au plus intime de nous-mêmes. Le carême, temps pour désensabler la Source et pour dégager la Respiration de nos existences par le silence, l’écoute de la Parole de Dieu et le sacrement du pardon !

Au désert, Jésus a choisi la Vie d’obéissance à Dieu. Sans même en avoir conscience, nous perdons notre capacité à choisir, fruit de la liberté humaine. La société façonne nos comportements, en imposant un "prêt-à-porter" jusque dans nos manières de voir, de faire, de croire. Il faut s’obliger à choisir par soi-même, à se donner des priorités, à faire le tri entre ce qui est essentiel et ce qui est secondaire. Avec le Christ, en ce Carême, réapprendre à choisir de dire librement « oui » à Dieu, tout en choisissant de dire « non » à tout ce qu’on nous impose !

Au désert, Jésus a pris le chemin du service en se voulant libre de tout Pouvoir. La crise économique et morale, qui traverse nos sociétés, nous invite à nous questionner sur notre "simplicité de vie". Par le jeûne, nous apprenons à freiner nos désirs et par là, nous entrons dans une communion profonde au Christ qui a choisi de vivre en faisant de sa vie un "partage" avec Dieu et l’humanité !
Temps de combat spirituel, le carême n’est pas un temps de tristesse. Il est appel à laisser Dieu combattre à nos côtés pour que la vie du Ressuscité nous envahisse et que nous puissions, par lui, "régner dans la vie ".
Michel Retailleau

DIEU NE PEUT NOUS ABANDONNER 26 fevrier

À travers les textes d’aujourd’hui, Dieu nous dit qu’il vient nous rejoindre dans ce que nous vivons. Les habitants de Jérusalem vivent une situation très douloureuse. Certains se disent même : « Dieu a abandonné son peuple. » Le prophète leur fait part de la réponse de Dieu : non, ils ne sont pas abandonnés. Il leur dit en utilisant les mots qui disent la tendresse d’une mère : une maman ne peut pas abandonner son enfant. Et même si cela arrive, Dieu, Lui, ne nous abandonnera jamais. Même quand tout va mal, il est là ; c’est lui qui nous porte. Il ne demande qu’à remplir notre vie de son AMOUR. C’est en lui seul que nous pouvons trouver notre SALUT. "Rien ne peut nous séparer de son amour" dira aussi St Paul.

Dans l’Évangile, c’est ce même appel à la confiance que nous entendons : "Ne vous faites pas tant de soucis pour votre vie, ni pour le corps au sujet du vêtement… Ne vous faites pas tant de soucis pour demain…" Attention, Jésus ne dit pas qu’il ne faut pas s’occuper de la nourriture ni du vêtement ! Il ne dit pas non plus que l’argent est mauvais. Il veut simplement nous inviter à ramener les choses à leur juste niveau : la nourriture, le vêtement et l’argent ne doivent pas être le but premier de notre vie. Ce qu’il nous faut chercher en priorité, c’est le Royaume de Dieu et sa justice. Nous sommes créés pour Dieu et pour nos frères. L’argent ne peut devenir le seul but de notre vie et de nos actions.

Jésus vient à nous pour nous libérer de toutes ces obsessions qui ne font que nous égarer. Il veut nous rendre disponibles pour l’essentiel : "le Royaume de Dieu et sa justice". Cette "justice" n’est pas seulement l’équité mais aussi la sainteté. Le seul vrai trésor, c’est Jésus ; il ne demande qu’à remplir notre vie de son amour. Ayez confiance dans le Père.
Le carême qui commence mercredi prochain nous aidera à entrer dans cette perspective. Il nous rappellera que Dieu ne nous a pas abandonnés. C’est nous qui nous sommes détournés de lui. Mais il ne cesse de nous appeler : "Convertissez-vous… Revenez à moi de tout votre cœur." Prions ensemble le Seigneur pour que notre réponse soit de plus en plus à la mesure de son amour pour nous.

Jean Pierre MAÇON

Sous la conduite de l’Esprit Saint 19 février 2017

Trois belles lectures comme les trois temps d’une même musique chantant le projet d’Amour de notre Créateur et Père.

1er temps : au départ de la longue marche du peuple de Dieu, par la voix de Moïse, le Seigneur parle à « l’assemblée des Fils d’Israël » : allez, en route vers la sainteté, vers une vie belle, pleine …. « Soyez Saints car moi, le Seigneur, je suis Saint… », et dès le départ, sainteté se confond avec fraternité : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » Et durant des siècles, le peuple élu se souviendra : « Le Seigneur est tendresse et pitié… N’oublie aucun de ses bienfaits. Comme la tendresse du père pour ses fils, la tendresse du Seigneur pour ses enfants. »… Et comme « peuple de Dieu », il se sait appelé à vivre comme Celui qui l’a choisi et l’accompagne fidèlement. »

2eme temps : au temps du renouveau, du « salut » au temps de Jésus, les premiers disciples témoignent : « En ce temps-là, Jésus dit à ses disciples avec autorité : vous avez appris qu’il a été dit « tu aimeras ton prochain » … et bien moi je vous dis : « Aimez vos ennemis, priez pour ceux qui vous persécutent »… Et ce ne sont pas « paroles en l’air » en ces temps de persécution contre Jésus d’abord et contre ses disciples après, eux qui nous transmettent ses paroles… « Afin que vous soyez vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux ». Vocation renouvelée à la perfection, à la fraternité, à la sainteté : vocation confirmée par la sainteté du Fils, aimant jusqu’au bout, jusqu’à l’offrande de sa vie pour le salut de tous.

Aussi, Paul nous invite à vivre ce 3eme temps qui est le nôtre aujourd’hui, « Frère, ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu. L’Esprit de Dieu habite en vous. » Voici la bonne nouvelle : c’est l’Esprit qui fera cette belle œuvre en nous… en chacun, en notre communauté, dans l’Église, dans notre humanité. Car l’Esprit nous unit à Jésus Christ. « Oui, vous êtes au Christ », insiste Saint Paul.

Alors avec confiance, nous avons proclamé : « Alléluia. En celui qui garde la parole du Christ, l’amour de Dieu atteint vraiment la perfection. Alléluia. » Continuons la longue marche du peuple de Dieu : efforçons-nous d’ouvrir davantage, toujours plus, nos cœurs à l’Esprit de Jésus. Revenons au quotidien de notre vie avec générosité et espérance. Que l’Esprit Saint nous conduise vers l’amour sans limite.

Gaby GOULLIN

POUR UNE VIE ’AJUSTEE’ A DIEU 12 février 2017

L’Evangile n’est-il qu’une morale qui dit ce que l’on doit faire ou ne pas faire dans les situations concrètes de la vie ? Pour l’avoir vécu uniquement sous cet angle-là, dans le passé, bien des chrétiens ont pris leur distance avec l’Eglise. Rejetant en bloc la foi et son côté "moralisant" et "culpabilisant". A l’opposé, d’autres ne voient en Jésus qu’une vague invitation à l’amour mais sans beaucoup de concret. Ainsi Léo : " Je me suis converti à l’Islam parce que le Coran me dit ce qu’est le bien et le mal. L’Evangile est trop flou : être chrétien, c’est ’aimer Dieu et les autres’. Mais ça veut dire quoi, au quotidien ?"

Dans l’Evangile du jour, Jésus est très clair : " Si votre justice (votre manière d’être et d’agir) ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le Royaume de Dieu." La "justesse" d’une vie chrétienne ne s’arrête pas à mi-chemin d’une vie qui voudrait se contenter d’être en règle avec les lois de l’Eglise. Elle est invitation au "sur-passement". Non pas à la force des poignets, mais par un conversion que l’Esprit- Saint opère dans le cœur de celui qui accepte de se laisse attirer par Dieu. Jésus désigne 3 domaines où notre vie doit se laisser bousculer, "surpasser" pour ce travail et ce combat intérieurs.

Dans la violence qui est en nous. A cause du mal qui ronge le cœur humain, nous sommes tentés de régler nos affaires par le conflit. Violence des coups, mais encore violence des mots… qui tuent à leur manière. Aussi Jésus nous invite-t-il à désarmer cette violence car, dit-il, "Tout homme qui se met en colère contre son frère, devra passer en jugement."

Dans le domaine de la sexualité. Que l’on vive en couple ou non, nous sommes tous des êtres sexués, marqués dans notre corps par des forces plus ou moins bien intégrées et aussi par des blessures plus ou moins ouvertes. "Tout homme (ou femme) qui regarde un(e) autre avec convoitise a déjà commis l’adultère dans son cœur. " Entre désirs et rêves brisés, chacun navigue à la recherche d’un idéal, impossible par ses seules forces mais possible avec Dieu.

Dans la recherche de vérité. Les rapports humains sont souvent gangrénés par le mensonge, la ruse, les non-dits… Or Jésus veut nous voir grandir dans une parole qui engage tout l’être, fruit d’un cœur unifié : "Que ta parole soit ’oui ’, si c’est ’oui’, ’non’ si c’est ’non’."

Quelle connaissance du cœur humain, chez Jésus ! Mais aussi quelle radicalité dans son appel ! S’il met la barre si haut, c’est pour inviter à risquer une existence toujours plus ’ajustée’ au désir de Dieu. " Je ne suis pas venu abolir la loi ou les prophètes mais accomplir."

Michel Retailleau

Jésus compte sur nous. 5 février 2017

Être appelés à partager et à donner le meilleur de nous-mêmes, voilà les mots que Isaïe adresse aux habitants de la Judée. Ils avaient scrupuleusement observé la règle de la pénitence, mais en fait, ils n’ont rien compris. C’est vrai qu’ils jeûnent et personne ne le leur reproche ; le problème vient du fait qu’ils poursuivent leurs affaires en exploitant leurs ouvriers. Aux yeux de Dieu, le plus important, c’est que nous nous aimions les uns les autres. Cela ne sert à rien de chercher Dieu si nous ne respectons pas la dignité et ne faisons pas disparaître en nous les paroles et gestes accusateurs.

Comme le dit si bien le psaume :"l’homme de bien a pitié, il partage. À pleines mains, il donne au pauvre." Agissant ainsi, le fidèle peut être confiant : "Sa puissance grandira, et sa gloire". Ce n’est que par nos gestes d’amour, de partage et de solidarité que nous serons crédibles.
Saint Paul nous parle encore précisément de l’Amour fou d’un Dieu qui se laisse crucifier. L’apôtre le croit et il en vit. II fait confiance à l’Esprit Saint qui agit avec puissance dans la société et au cœur des gens qui l’écoutent et l’accueillent.

L’Évangile de ce dimanche fait suite à celui des Béatitudes de dimanche dernier. Jésus proclame aux disciples rassemblés autour de lui : "Vous êtes le sel de la terre… Vous êtes la lumière du monde." Quand St Matthieu écrit son Évangile, il s’adresse à des chrétiens qui sont peut-être trop tièdes et trop éteints. Beaucoup ont peur et se cachent car ils redoutent la persécution. Il vient leur rappeler qu’ils ne doivent pas garder cette étincelle pour eux seuls. Il nous faut absolument partager notre découverte, témoigner de notre foi.

Ce don reçu provoque à la mission, tant personnellement que communautairement. C’est là tout l’enjeu d’une Église "en sortie" dont nous parle le pape François. C’est ainsi que nous répondons à l’interpellation de Jésus : "Vous êtes le sel de la terre… Vous êtes la lumière du monde." Notre présence est indispensable, mais nous ne devons pas oublier que l’Église n’existe que pour le monde. Nous, disciples du Christ, nous sommes au service du monde. Pour être "sel et lumière", il faut d’abord aimer. C’est indispensable ! L’évangélisation n’est pas une conquête mais une annonce de la Bonne Nouvelle. Et surtout, n’oublions pas le plus important : Jésus s’adresse à des disciples réunis autour de lui. C’est avec lui que nous pourrons être "SEL et LUMIERE". SANS LUI, RIEN N’EST POSSIBLE

Jean Pierre MAÇON

RISQUER SA VIE. 29 janvier 2017

1) Quel beau tableau que cette page d’Évangile !
Jésus, au centre, bien sûr… mais aussi cette foule qui le suit, une multitude de blessés de la vie… et il y en a beaucoup en Palestine aux jours de Jésus : des pauvres de toutes sortes… ceux qui attendent que justice leur soit faite, qui aspirent à la paix… « Tous ceux qui pleurent… »
Sans doute, revient à la mémoire de Jésus l’annonce du prophète Sophonie : « Je laisserai chez toi un peuple pauvre et petit, il prendra pour abri le nom du Seigneur. »
Alors Jésus, touché au cœur, prend la parole. Il leur parle du Royaume des cieux et Il leur parle du bonheur … du bonheur pour eux… et dès aujourd’hui. « Bienheureux, bienheureux, le royaume des cieux est à vous. » Quelle scène impressionnante !

2) De même pour nous, aujourd’hui dans cette Eucharistie,
les blessés de la vie, les insatisfaits, « ceux qui pleurent », ne manquent pas dans notre monde d’injustice et de violences… Saint Paul dans la 2eme lecture nous invite à prendre aussi en compte nos communautés.
« Frères, vous qui avez été appelés par Dieu, regardez bien : parmi vous, il n’y a pas beaucoup de sages aux yeux du monde, ni de gens puissants, ou de haute naissance. Au contraire… ». Devant la multitude d’aujourd’hui, Jésus, touché au cœur, nous parle aussi du bonheur, du vrai bonheur. Dès aujourd’hui vraiment heureux ; pleinement heureux.

3) Comment cela ?
La 1ere béatitude nous donne la clef, la lumière de tout le discours : « la pauvreté du cœur », c’est-à-dire l’ouverture du cœur à l’Autre, à Dieu … et aux autres quels qu’ils soient.
Appel à risquer sa vie sur l’Amour, l’amour de Dieu pour tous, pour moi… et l’amour des autres, de tous.
Risquer sa vie… jour après jour, toujours plus, malgré nos résistances, nos « bonnes raisons », nos peurs. Comme c’est difficile dans notre société du « risque zéro, » où règne le « principe de prévention » ! Alors nous aussi prenons pour abri le nom du Seigneur.

Risquons notre vie « à cause de lui » : préférons le respect de l’autre au mépris, le partage à la richesse personnelle, le dialogue à la guerre, le pardon à la vengeance… etc
Alors réjouissons-nous « à cause de lui » car « celui qui veut être vraiment heureux, qu’il mette sa joie dans le Seigneur. »

Gaby GOULLIN

FRANCE, PAYS DE MISSION… 22 janvier 2017

Il ya plus de 70 ans, paraissait un petit livre de 2 prêtres, les pères Henri Godin et Yvan Daniel, « France, pays de mission ? » avec un nombre impressionnant de témoignages sur la déchristianisation de la banlieue parisienne et ailleurs.
Il y a maintenant 7 mois, à mon retour en France, combien de fois ai-je entendu : « Tu sais Gaby, après 35 ans hors de France, tu retrouveras une société bien changée… une société païenne » ! Et souvent ont suivi des statistiques alarmantes.
Aujourd’hui, laissons les faits, enquêtes et statistiques qui décrivent « notre marche dans les ténèbres. » … mais laissons résonner en nous la Parole de Dieu de la liturgie.

*Dans la 1erlecture, le prophète Isaïe proclame avec force : « le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ». Quel est ce peuple ? « La Galilée des nations »… c’est-à-dire « le carrefour des païens » car le développement des communications entre l’Asie et l’Egypte, des nombreux commerces avec la présence de riches étrangers… ont amené des nouvelles idoles avec leurs pratiques païennes. On est alors bien loin de Jérusalem et de l’orthodoxie à la loi et du culte au Dieu unique.

*Environ 6 siècles après, Matthieu reprend la même annonce pleine d’espérance : de cette « Galilée des nations », s’est levé Jésus avec son message de salut : « Convertissez-vous : le Royaume des cieux est proche ». Dans cette Galilée à la religion oubliée ou corrompue, il appelle ses amis et leur confie la mission de poursuivre son œuvre « jusqu’au bout du monde ». La lumière qui va éclairer l’histoire de toute l’humanité s’est levée depuis cette « terre des ténèbres ».

Aujourd’hui comme hier, aux temps d’Isaïe ou de Matthieu, nous interpelle la même voix pleine d’espérance : « Convertissez-vous, car le Royaume de Dieu est proche. Aujourd’hui comme hier sachons écouter cette Parole de Dieu, l’accueillir et la laisser transformer notre vie. « Convertissez-vous » nous dit Jésus… De bien des façons certainement.

Dans la 2eme lecture, Paul souligne une conversion toujours à refaire : celle de la fraternité, de l’unité… « Qu’il n’y ait pas de division entre nous » écrit-il à ses amis de Corinthe. Unité toujours difficile, exigeante. Cette semaine de prière pour l’unité des chrétiens nous remet en mémoire combien nos divisions peuvent obscurcir le message d’amour du Christ. Paul va jusqu’à dire : par nos divisions, « ne rendons pas vaine la croix du Christ » car Jésus a donné sa vie pour tous.
En cette liturgie, laissons-nous rejoindre par l’appel si profond du Psaume : « Sois fort et prends courage ». Continuons avec force et courage à travailler pour un monde plus juste, plus fraternel, plus pacifique. « Un monde selon le désir de Dieu ».
Gaby GOULLIN

« De toi à moi » 15 janvier 2017

En cette journée mondiale du Migrant et du Réfugié, Dieu vient nous parler de "Toi à Moi." Dieu éprouve la souffrance des siens et toutes les souffrances qu’ils endurent. Comme hier, Il veut envoyer aujourd’hui des prophètes pour leur annoncer Sa libération. Tous, même les plus humiliés et les plus méprisés, sont amenés à découvrir qu’ils ont "du prix aux yeux de Dieu".

Dans sa lettre aux chrétiens, le Pape François adresse un message d’espérance pour tous les migrants et réfugiés, prisonniers et les exclus d’aujourd’hui. Et il nous invite à ouvrir les yeux sur la fragilité des jeunes migrants, tombant trop souvent dans des engrenages inhumains. « Mais le Seigneur ne les abandonne pas. » Il leur envoie des prophètes, des prêtres, des témoins et des associations pour leur dire encore qu’ils ont "du prix aux yeux de Dieu". "Il ne veut pas qu’un seul ne se perde" et il compte sur nous pour être des porteurs d’espérance et de lumière pour toute l’humanité.

L’Évangile de ce dimanche nous montre Jésus qui vient à Jean Baptiste. Nous n’oublions pas que le nom de Jésus signifie : « Le Seigneur sauve ». Or le Christ prend sur lui tout le péché du monde pour nous en libérer. Un jour, Jésus dira que « le Fils de l’Homme est venu pour chercher et sauver ceux qui étaient perdus ». La Bonne Nouvelle, c’est que le Christ n’est pas seulement un personnage du passé. Il continue à nous rejoindre au cœur de nos vies, de nos joies et de nos épreuves.

Le Pape François nous invite donc à rejoindre l’humanité blessée. C’est Dieu qui a l’initiative. L’humanité (les migrants et les réfugiés) a bien besoin d’être libérée et sauvée. Cela, nous le constatons tous les jours.
Mais pour trouver le Christ, il faut le chercher ou plutôt se laisser trouver par lui. Il est toujours là. Il ne demande qu’à nous rejoindre.

Jean Pierre MAÇON

CHERCHEURS DE LUMIERE. 8 janvier 2017

Qui sont ces "mages", Babyloniens ou Perses, qui se mettent en route vers Jérusalem ? S’appellent-ils Melchior, Balthazar et Gaspar ? L’évangéliste Matthieu ne nous en dit rien. Mais ce que nous constatons, c’est qu’ils ont un désir bien chevillé au corps : « Où est le roi des juifs qui vient de naître ? Nous avons vu se lever son étoile et nous sommes venus nous prosterner devant lui. ». Ils ont beau être des « païens » sans religion ou des croyants d’une autre religion, leur vie est en quête de vérité et de lumière qui donne sens à leur vie Et pour cela, ils sont prêts à tout, jusqu’à quitter leurs habitudes, leurs frontières et leur culture.

Image qui contraste avec notre monde sans âme, tenté de s’installer dans le ’confort’ de la consommation et des idées toutes faites ! Les rois mages, eux, ont vu une nouvelle humanité « se lever » et, aimantés par cette Lumière, ils se sont mis en route vers Celui qui incarnait cette nouveauté. Admirons-les dans leur désir de rechercher avant tout le beau, le bon et le vrai de la vie, pour eux-mêmes et l’humanité ! Admirons-les aussi dans leur humilité ! En bons astrologues, ils aiment "raisonner" avec leur esprit scientifique mais ils ont surtout un cœur d’enfant qui sait "résonner" de joie intérieure à tout ce qui peut être bon pour l’homme. Au point de s’émerveiller et de « se prosterner » devant le signe fragile d’un nouveau-né. Si Dieu s’est fait ’petit enfant’, alors on peut rêver à une autre humanité possible !

Nos vies sont souvent désenchantées et fatiguées parce que nous ne savons plus laisser nos cœurs "résonner", vibrer de joie devant la Présence de Dieu qui vient à nous. Nous sommes prisonniers de manières de vivre, de voir et même de croire qui ’plombent’ nos désirs les plus profonds. Aussi, vivons le plus souvent en gens "blasés" ! Et à l’image d’Hérode, notre vie se laisse paralyser par « la peur », « l’inquiétude » et l’inaction.

L’Epiphanie au fond, c’est la fête de tous ceux qui, croyants ou non, chrétiens ou pas, se laissent attirer par cette "étoile" qu’est la lumineuse humanité de Jésus. Gandhi, l’Hindou, en était tellement fasciné qu’il lisait chaque jour l’Evangile ! L’Epiphanie, c’est la « manifestation » que le Christ n’est plus réservé à un peuple, ni même à une Eglise. Comme dit St Paul : Désormais " Vous n’êtes plus des étrangers, ni des émigrés ; vous êtes concitoyens des saints, vous êtes membres de la famille de Dieu " (Ephésiens 2, 19). L’Epiphanie, c’est la fête des chercheurs de Lumière qui vont jusqu’à se laisser attirer par un enfant-Dieu, si inattendu… et qui repartent plus "frères en humanité" !
Michel Retailleau

BONNE ANNÉE, BONNE SANTÉ. 1 janvier 2017

Combien de fois avons-nous prononcé ou reçu ces « vœux de nouvel an » ! Souvent dits avec sincérité et fraternité… D’autres fois plus distraitement… nous devons bien le reconnaître.

La liturgie de ce 1er jour de 2017 nous invite à vivre ce rite traditionnel avec le meilleur de nous-mêmes grâce à 3 beaux textes et le psaume plein d’espérance.

1. D’abord cette magnifique prière de bénédiction que Dieu donna à Moïse pour son peuple choisi, voici 3 mille ans. « Que le Seigneur tourne vers toi son visage, qu’il t’apporte la paix. » Puisse-t-elle nous redire aujourd’hui et tout au long de cette nouvelle année que le bonheur, « une bonne année », « une bonne vie » est d’abord et toujours à recevoir de Dieu, car « Dieu est lumière, en lui point de ténèbres. » Appel à vivre au jour le jour sous la lumière du visage de notre Père.

2. Paul le proclame dans sa lettre au Galates : Oui ce Dieu lumière, source de la vraie vie, du bonheur a voulu « naître d’une femme » comme nous, « pour que nous soyons adoptés comme fils. » Et tout au long de cette nouvelle étape, dans les jours de joie ou de peine, les heures de lumière ou de confusion, dans nos victoires comme dans nos faiblesses, nous pourrons sous la conduite de l’Esprit qui a lui-même mis dans nos cœurs crier vers lui avec confiance « Abba ». C’est-à-dire « Papa » : « Papa chéri » et Paul nous affirme, ce n’est pas un rêve, une illusion, « c’est l’œuvre de Dieu ». Déjà commencée en nous et qu’il veut conduire jusqu’au bout.

3. Trop beau pour être vrai ?
Au départ de cette nouvelle aventure, l’Église nous invite à regarder Marie, plus à « redécouvrir » Marie, toujours plus profondément, comme des petits bergers de ce 21e siècle. Marie près de l’enfant de la crèche : contemplant son enfant et le Fils du Père. Marie, mère de Jésus, mère de Dieu.
Quel mystère pour notre esprit humain ! Quelle lumière, source de joie et de confiance pour un cœur ouvert. Car mère de Jésus, notre frère, elle est donc notre mère, la toute pure « comblée de l’Esprit d’Amour », la bonté aimante, comme Jésus nous l’a donné sur la croix.
Inépuisable bonne nouvelle que nous sommes sans cesse invités à vivre, à proclamer, à partager. Comme les bergers au 1er jour, il nous est redit : « Voici une grande joie pour tous »
Alors, comme eux, reprenons notre route « glorifiant et louant Dieu pour ce que nous avons entendu et vu, tout ce qui nous a été donné.
Avec Marie, mère de Dieu et notre mère, bonne année de confiance et de paix, pour vous et autour de vous.

Gaby GOULLIN

EN AVANCE SUR NOTRE TEMPS !

Cette semaine, la pub nous serinait : " Noël, c’est être en avance sur son temps !"… si tu possèdes je ne sais quelle technologie dernier cri. Et, en stéréo, mon esprit entendait l’Evangile de Noël : "Je vous annonce une Bonne Nouvelle qui sera une grande joie pour tout le peuple. Aujourd’hui, vous est né un Sauveur." Depuis plus de 2000 ans, ce message de l’Ange cherche à perforer la cuirasse de notre foi trop sage. Mais comment ne pas nous méfier de paroles trop faciles dans un monde où les mots et les promesses de tous ordres ne sont souvent que des mots creux et illusoires ?

Comment croire qu’un "Sauveur nous est né" voilà déjà 20 bons siècles et que, chaque jour, on nous parle de chômage, de bruits de botte, de victimes d’attentats innocentes, de naufrages de migrants, d’inégalités et d’injustices croissantes… Et alors même qu’ici, des SDF se couchent sous le porche de Ste Hélène, en plein hiver ?

La Bonne Nouvelle annoncée vaut-elle le coup qu’on y croie ? Mon oreille en stéréo entend : « Voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. " Il y a 2 jours, un mail m’annonçait : "Hugo est né à l’aube. Bonne nouvelle en ce Premier jour de l’hiver !" D’où vient que la naissance d’un petit d’homme nous émeut tant et soit source de joie et de promesse ? Si elle l’est, à plus forte raison, l’annonce de la naissance d’un Dieu "parmi nous" doit-elle ’résonner’ en nous ! Pourquoi ?

Avec des mots brûlants, l’un des premiers penseurs de l’Eglise, St Irénée, nous le révèle : Jésus " s’est fait fils de l’homme pour habituer l’homme à recevoir Dieu et pour habituer Dieu à habiter l’homme." Entendons bien ! Dans un monde tenté d’oublier Dieu, nous risquons insensiblement de perdre l’habitude de "recevoir Dieu ", sa force, sa sagesse, son amour… Alors, nous menons une vie sans âme…. Mais aussi, craignons que Dieu ne se lasse d’"habiter l’homme", c’est-à-dire vous et moi car nous perdons alors une Présence qui ne soulève plus nos existences vers le haut, le grand, le beau… Et si, avec Jésus, c’était ça, la Nouvelle qui nous met "en avance sur notre temps ? Joyeux Noël à tous !

Michel Retailleau

DIEU AVEC NOUS

Nous sommes à l’aube de Noël. C’est pour nous l’occasion de nous préparer à ce grand évènement. J’espère que nous le faisons chaque jour, mais pas à la manière du monde. Noël, c’est Jésus qui vient. Il nous rejoint au cœur de notre vie. Il est venu chercher et sauver ceux qui étaient perdus. Il veut être présent au milieu de nous et en nous pour nous faire entrer en communion avec Dieu. Un enfant a dit un jour que « Jésus est le plus beau cadeau de Noël »

Dans la lecture, Saint Paul nous annonce l’accomplissement de ce SALUT en Jésus. Il nous décrit toute la richesse du mystère déployé depuis sa naissance jusqu’à sa mort et sa résurrection. Lui-même a été choisi par le Christ pour être apôtre : sa mission a été d’annoncer le salut en Jésus Christ au milieu des nations païennes. Comme le prophète Isaïe, il a été affronté à l’incrédulité. Mais rien ni personne ne peut empêcher Dieu de vouloir sauver le monde. La fête de Noël nous rappelle que nous attendons la venue de celui qui unifiera en lui Dieu et l’homme et toute l’humanité.

Avec L’évangile, nous arrivons à l’annonce de la naissance de Jésus : Nous sommes habitués au récit de l’annonciation faite à Marie dans l’évangile de Luc. Mais dans l’évangile de Matthieu, c’est à joseph qu’est adressé l’annonce de la naissance à venir de Jésus : « Joseph, ne crains pas de prendre chez toi Marie ton épouse… L’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint. » En l’accueillant, Joseph participe au grand projet de Dieu qui est de sauver son peuple de ses péchés. Cet événement nous rappelle que Dieu nous conduit parfois sur des chemins que nous n’avions pas prévus.. A l’exemple de Joseph, accueillons-le avec confiance car il est « Dieu avec nous ».

Jésus qui vient à nous, prenons le temps de l’accueillir et de l’écouter loin des bruits et de l’agitation du monde. Confions ces prochains jours au Seigneur : « Nous t’en prions : que l’annonce de notre délivrance nous parvienne, qu’elle nous tienne dans la patience et l’espérance ; et nos voix acclameront ton Envoyé, ta Parole faite chair. ».

Jean Pierre Maçon

SIGNES PAR MILLIERS !

"Es-tu Celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? " Question toujours actuelle que celle de Jean Baptiste. Jésus n’a pas fait les grandes écoles, il n’habite pas dans les palais des rois, il se plaît en compagnie des "petits"… Est-ce vraiment le Messie Promis ? Au risque de vivre sans relief le temps de l’Avent, nous sommes invités à nous interroger nous aussi sur ce que nous pouvons attendre de sa Venue. A quoi pouvons-nous reconnaître qu’il est bien l’Envoyé de Dieu ? La réponse de Jésus est claire : on le reconnaît au fait qu’avec lui, "les aveugles retrouvent la vue, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, et les pauvres reçoivent la Bonne nouvelle…" Autrement dit, la "preuve" de sa Venue se donne à ’voir’ et à ’entendre’ chez tous ceux qui viennent lui confier leur mal-être et attendent de Sa Rencontre une transformation profonde de leur vie.

Car la foi en Lui fait ’voir’ et ’entendre’ autrement. Samedi, à l’aumônerie, devant mon admiration de ce que 3 groupes de collégiens disaient de la vie du monde, de l’Eglise et des jeunes, l’un d’eux m’a dit : " C’est à ’aumônerie qu’on apprend à regarder comme ça !"… La foi fait aussi "marcher" droit ceux qui ont ’boité’ dans la vie. Après avoir galéré longtemps, Agnès me confiait il y a peu : " En priant hier soir, je me redisais combien j’avais de la chance et combien j’étais heureuse d’être aujourd’hui avec Dieu". Il y avait en elle du "lépreux purifié" ou du "mort qui ressuscite". La foi fait encore vivre la Bonne Nouvelle que Dieu n’abandonne pas les pauvres. Dimanche, Pascal qu’on a forcé à quitter son pays, me racontait ses démarches administratives en ajoutant, tout sourire : " J’ai confiance. J’ai Dieu dans ma vie. Je compte sur Lui."

Comment interpréter ces "signes" ? Jésus a une telle qualité d’Accueil et de Présence avec ceux qui viennent à lui qu’il en devient une force d’appui et d’espérance. Il restaure en eux un goût de vivre qui les remet debout. En écoutant chacun dans ses blessures physiques, affectives, psychologiques, morales…, il rejoint au plus intime de son désir de vivre. Et, par son regard, sa parole et ses gestes, il répare et insuffle une Energie de Vie insoupçonnée. Il sauve ! Mieux, Il dit : non pas "je t’ai sauvé" mais "Ta foi t’a sauvé" : ’C’est ta confiance en moi, en la Bonté de Dieu qui t’a guéri.’ Ainsi, depuis plus de 2000 ans, la Venue du Christ se lit dans les "signes" joyeux de transformation et de conversion qui se font par "milliers"… Et moi, à quoi je vois que le Christ transforme ma vie et celle de ceux que je côtoie ?
Michel Retailleau

Isaïe ou/et Jean le Baptiste

Dans l’attente de « ce jour là » (1ere lecture) ou pour vivre « ces jours là » (psaume et évangile), nous avons les messages de 2 envoyés de Dieu : le grand prophète Isaïe et Jean le Baptiste, « le plus grand des enfants des hommes » dira Jésus. Mais qu’elle différence entre les 2 messagers !

* Avec Isaïe, nous recevons l’annonce joyeuse, lumineuse de la promesse d’un avenir glorieux, fait d’harmonie et de paix. Avec poésie, il proclame un règne de justice et fidélité, de vérité et de faveur « pour les humbles et les petits »

*Tout autre est la prédication du Baptiste, appel à un urgent chemin de conversion, fait d’austérité, de violentes purifications. « Par la cognée et « dans le feu »
Alors que choisir ? Qui dit vrai ?

*Paul, dans la 2eme lecture, nous donne une claire réponse.
« Frères, tout ce qui a été écrit à l’avance dans les livres saints l’a été pour nous instruire afin que, grâce à la persévérance et au réconfort des Ecritures, nous ayons l’espérance. »

Oui accueillons ces 2 messages car nous sommes appelés à être témoins « aujourd’hui »
« en ces jours là » de la véritable espérance de la venue du salut, du Sauveur « en ce jour là ».

Ainsi les 2 prophètes nous invitent à nous ouvrir à l’Esprit de Dieu. « Pour que repose sur nous l’Esprit du Seigneur » (Isaïe) « pour être baptisé, plongé dans l’Esprit Saint » (Jean le Baptiste).

Et Isaïe détaille joliment « les fruits dignes de conversion » appelés par le Baptiste : ne pas juger superficiellement « sur l’apparence », mais avec justice ; ne pas suivre les « rumeurs », mais la vérité ; se prononcer en faveur des petits « des humbles du pays ». C’est cela vivre dans la justice et la fidélité.

Voilà un beau programme pour l’Avent ! Faisons nôtre la prière qui a ouvert notre célébration :
« Père de miséricorde, ne laisse pas le souci de nos tâches présentes entraver notre marche à la rencontre de ton Fils ;
Mais éveille en nous cette intelligence du cœur qui nous prépare à l’accueillir et nous fait entrer dans sa propre vie.
Gaby GOULLIN

"Toujours prêts… pour le combat de la lumière ?"

Nous entrons aujourd’hui dans le temps de l’Avent (l’avènement). Début d’une nouvelle année liturgique qui nous oriente vers l’attente du second avènement du Christ qui conclura l’histoire du monde et de l’humanité. Cet avènement du Christ concerne TOUS les vivants. Nous avons pour mission de témoigner de cette attente tout au long des semaines qui nous préparent à Noël. Il ne s’agit pas de préparer une fête qui oublie l’essentiel, mais de se tenir en éveil.

Les lectures bibliques de ce dimanche nous invitent à changer notre regard sur le temps que nous vivons. Elles nous en rappellent le but ultime des croyants. A l’écoute du Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob qui s’est fait connaître à Moïse, notre Dieu est le Dieu de tous les peuples. En son Nom, le prophète Isaïe annonce qu’un jour viendra où toutes les nations se tourneront vers Jérusalem qui deviendra le signe du salut universel. La paix aura remplacé la guerre. Toutes les nations viendront célébrer le bonheur.

C’est aussi ce message que saint Paul adresse aux chrétiens de Rome et à chacun de nous. L’apôtre nous invite à intensifier notre vie chrétienne en recommandant une vigilance active pour rencontrer le Seigneur. Car "le salut est plus près de nous qu’à l’époque où nous sommes devenus croyants. La nuit sera bientôt finie. Le jour est tout proche." En attendant, nous sommes invités "revêtir le Christ Jésus" et à nous tenir prêts. L’Evangile insiste : "Tenez-vous prêts,-vous aussi". Ne vous laissez pas distraire. Ne laissez pas passer votre chance. Nous avons une nouvelle arche de Noé : c’est la communauté des baptisés. Toutes les familles de la terre sont invitées à marcher à la lumière du Seigneur. Nous nous y entraînons dans nos assemblées par nos chants et nos prières. C’est là que nous nous habillons pour le combat de la lumière.

Veiller, c’est agir sur tout ce qui doit changer dans notre vie ; c’est rejeter toutes les formes d’égoïsme et d’indifférence ; c’est renoncer aux comportements qui nous détournent de Dieu et des autres. Il nous faut nous rappeler que nous sommes "fils et filles de Dieu", et cela change tout dans notre vie de tous les jours.

Jean Pierre Maçon

VOIR JESUS et HABITER NOTRE VIE

Nous avons tous de la tendresse pour ce Zachée grimpé aux branches comme un gamin mais ce n’est pas un enfant de chœur ! Il a tout misé sur la réussite sociale. S’il est grimpé, c’est surtout sur l’arbre de l’ambition. « Chef des collecteurs d’impôts », il jouit et du pouvoir et de l’argent. Et du haut de cette « échelle sociale », il peut envisager son avenir matériel avec assurance et se permettre de regarder les autres de haut. Une vie sociale réussie, mais de manière malhonnête. Et surtout le bonheur, le vrai, n’est pas au rendez-vous. « Il cherche à voir qui est Jésus » car il ressent un manque dans cette réussite.
« Zachée, descends vite. » Le Regard de Jésus le fait dégringoler de son arbre comme d’un piédestal. Un regard non de haut en bas qui domine comme le sien mais un regard de bas en haut bienveillant qui appelle. Un regard qui s’invite en vous honorant : « Il faut que j’aille demeurer chez toi ». Regard du Christ qui « vient chercher ce qui est perdu » en lui. Comme ce qui est perdu en nous, dans ce qui sonne le creux et le vide !

Non seulement, Zachée tombe de l’arbre et de toute sa hauteur. Mais voilà qu’il « tombe en amour » pour Celui qui l’invite à descendre plus bas encore : en lui-même… dans les plis et replis les moins glorieux de son être, jusque dans l’homme blessé et malhonnête qu’il est. Alors, parce qu’il est descendu au plus bas de lui-même, remonte à la surface un vrai désir : « Je fais don aux pauvres de la moitié de mes biens. Et je rembourse 4 fois ce que j’ai volé. » Ce qui était « perdu en lui », c’était le souci des petits et des blessés de la vie, l’appât du gain et la joie de donner. Descendu du souci de chercher à être quelqu’un au regard des autres, il découvre combien il compte pour Dieu et combien les autres peuvent compter pour lui.

Comme Zachée, nous sommes tous juchés sur des rêves de grandeur, pas obligatoirement mauvais mais à la condition qu’ils ne nous empêchent pas de taire le Désir de Dieu et le souci des autres enfouis en nous sous une pile de mille autres désirs. Car si Dieu veut « demeurer chez » Zachée, c’est aussi à travers le biais des autres. Il nous invite à habiter notre existence et nos relations quotidiennes jusqu’à pouvoir dire avec St Paul : "ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi !"
Michel Retailleau